Accueil >> Vie de campus >> Vie étudiante >> Portraits

UFR Arts et Médias

Portrait de Solène Anson

le 30 avril 2021

Grande sportive et passionnée par le journalisme, Solène Anson nous parle de sa rencontre avec le cinéma et le secteur de l'audiovisuel lors de sa dernière année de licence effectuée au Canada. Lauréate du concours « PoliDoc » au Québec, Solène multiplie depuis les projets et les rencontres.

Photo S Anson.jpg

Écouter le podcast :

 


Solène Anson, vous êtes en M1 Didactique de l’image, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Je suis une grande sportive, j’ai beaucoup regardé les matchs de football à la télévision avec mon père et je me suis orientée vers le journalisme. Au départ, je n’ai pas fait de foot car mon père disait que c’était pour les garçons. J’ai donc dû attendre l’adolescence pour découvrir le monde des médias liés au sport. Je me suis inscrite en club à l’âge de 16 ans et j’ai suivi un atelier radiophonique au lycée. J’étais en première ES (Économique et Sociale) et c'était mon premier stage. J’ai alors découvert les reportages, les interviews, les prises de son, les chroniques, la construction d’une émission et j’ai adoré. Une vocation est née. Pendant 3 ans, je tenais une chronique football et ce, jusqu’à l’université.

Au sein de l’université Lumière Lyon 2, j’ai fait une licence information-communication-international. J’ai commencé à faire des piges pour des magazines notamment celui de Bourg-en-Bresse et pour OL TV où je travaillais en tant que reporter le week-end quand je n’avais pas cours. J’essayais de mêler pratique et théorie, ce qui me manquait à l’université.

Lors de ma dernière année de licence, je suis partie un an au Canada pour découvrir d'autres domaines que le journalisme et le sport. J’étais à l’UQAT au nord du Canada. Ce n’est pas très connu et il fait très froid là-bas ! J’y ai découvert le cinéma et l’audiovisuel et cela a été fondateur dans mon parcours car j’ai pu réaliser des films, des courts-métrages, des synopsis et prendre en main une caméra. Auparavant, j'utilisais très peu la caméra lors des mes stages, je faisais uniquement des interviews. Au Canada, j’ai appris à utiliser une caméra et à construire une fiction et un documentaire.

Au cours de cette année, il y a eu un concours nommé « PoliDoc » auquel j’ai participé. J’ai réalisé un documentaire sur l’immigration au Québec et j’ai remporté le concours. Il s’agissait de faire un dossier sur l’histoire du film que je souhaitais proposer : la pénurie de mains d’oeuvre, la xénophobie au Canada et l'intégration des personnes étrangères au Canada. J’ai interviewé cinq personnes immigrées qui résidaient au Canada depuis quelques années, notamment des médecins, professeurs, étudiants et programmeurs qui travaillaient dans les mines. J'ai aussi interviewé des français, des haïtiens, des algériens et des colombiens.

Après avoir remporté ce concours, le documentaire est passé sur plusieurs plateformes au Québec et quelques associations se sont intéressées à mon film. Je le présente souvent après sa diffusion et j’échange avec les personnes qui viennent de le visionner.

Si je n’étais pas partie au Canada, je serais restée dans le milieu du journalisme sans essayer d’élargir mes compétences. Le documentaire est vraiment le domaine vers lequel je souhaite me diriger mais il est très difficile de devenir réalisateur de documentaire car le format est très peu diffusé à la télévision. De ce fait, je pense devenir auto-entrepreneur.

En avril 2020, je suis revenue en France avec l'objectif d’intégrer le master Didactique de l’image à la Sorbonne Nouvelle. En effet, à l’âge de 18 ans, j’ai été animatrice pendant trois ans en centre de loisirs pour la mairie de Bourg-en-Bresse et je souhaitais partager mon expérience et mon parcours avec les plus jeunes. Ce master me permettait donc de mêler réalisation, documentaire, cinéma et transmission à un jeune public. Cela me plaît d’intervenir dans les écoles et de mettre en place des ateliers.
Si je veux devenir réalisatrice ou journaliste, je suis obligée de savoir éduquer à l’image et aux médias. Cette première approche avec les plus jeunes me sera bénéfique et me permettra d'élargir mes compétences.

Actuellement, je suis en master Didactique de l’image et en stage dans une entreprise de marketing événementiel nommée « IDEAL Connaissances » où je suis chargée de production. Je m’occupe des montages et des interviews. J’apprends tout ce qui est en lien avec le digital, ce qui est primordial car beaucoup de choses fonctionnent aujourd’hui avec le digital. J’approfondis également mes compétences en montage vidéo.

De plus, en mai 2021, je vais débuter un stage de trois mois au sein de « Infosport + » du groupe Canal +

Le statut d’auto-entrepreneur vous intéresse, pouvez-vous nous en dire plus ?

J’aimerais travailler pour un média et avoir un poste fixe car le statut d’entrepreneur est très difficile aujourd’hui, notamment lorsqu’il s’agit de travailler seul et d'obtenir sa propre rémunération. Dans un premier temps, mon objectif serait de travailler comme réalisatrice en parallèle de mon métier de journaliste au sein d’un média. Dans un second temps, quand j’aurai économisé et trouvé des financements, je souhaiterais créer ma société de production de documentaires et de films sur le web. Au fil des années, j'ai glané plusieurs contacts - des caméramans et des monteurs - et je pense que ces personnes pourront m’aider à concrétiser mon projet.

Par la suite, j’aimerais réaliser des films à l’étranger et plus précisément en Afrique. Je travaille sur un projet documentaire que je réalise au Sénégal à propos de jeunes footballeurs qui rêvent de s'installer dans ce pays. Je réalise ce film avec un caméraman et un monteur sénégalais. Nous allons interviewer des agents de joueurs et des joueurs qui sont venus en France pour réaliser leur rêve et qui ont parfois été trompés par des agents qui leur promettaient une place au sein de grands clubs.

J’aimerais continuer à faire des films engagés qui parlent d’engagement social, politique et économique.

De plus, je souhaiterais découvrir le Congo. J'aimerais m’y rendre avec ma caméra et interroger les gens qui y vivent car je pense que l’Afrique a beaucoup de ressources. J’aimerais montrer ce qu’il s’y passe au-delà des préjugés.

Vous êtes dans un master qui axe son programme sur la pédagogie de l’image, quels sujets vous intéressent particulièrement ?

Je mêle souvent théorie et pratique. Dans mon master, nous avons de nombreux cours sur les outils pédagogiques à destination des structures associatives qui évoquent le travail documentaire, l'éducation à l’image et le cinéma. J’aime interviewer les personnes qui y travaillent et réaliser des films.

Mon projet de mémoire concerne les dispositifs d’éducation à l’image mis en place dans les quartiers populaires. A l'issue de mes études, j'ai le souhait de réaliser un documentaire sur ce sujet. 
J’ai vécu pendant 18 ans dans un quartier populaire à Bourg-en-Bresse et je sais que l’éducation aux médias et l’atelier radiophonique m’ont donné confiance. Quand on est jeune et que l'on vient des quartiers populaires, certains désirs paraissent inaccessibles. Je dirais qu'il faut faire ce que l'on aime sinon il est probable que l'on abandonnera en cours de route.

Quels sont vos projets à l’issue de votre Master ?

A l'issue de mes études, je souhaiterais réaliser une nouvelle expérience à l’étranger à travers un stage. Je pense que j’ai encore beaucoup de choses à découvrir. En effet, je n’aurais pas pensé m'intéresser au documentaire et au cinéma il y a encore quelques années.

Par la suite, j’aimerais revenir en France et trouver un emploi ou bien continuer à réaliser quelques stages longs au sein de différents médias. J’ai également envie d’écrire des livres mais je garde ce projet pour plus tard. En somme, je souhaiterais continuer à faire ce que j’aime.

Avez-vous quelques conseils à donner aux étudiants qui envisagent de suivre un cursus similaire ?

Si vous connaissez des structures qui proposent des ateliers, des rencontres et des échanges, allez-y !
Si vous aimez ce que vous faites, je vous conseille de continuer et persévérer. Parfois, on pense abandonner par peur d’échouer mais il faut persévérer. Le travail est la clé de la réussite. Si vous n’êtes pas pris pour un stage, persévérez et n’abandonnez pas. Soyez organisé et réfléchissez à ce que vous voulez et ce que vous ne voulez plus. Puis, entourez-vous des bonnes personnes et croyez en vous-même.

Type :
Portrait

mise à jour le 9 juin 2021