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UFR Arts et Médias

Portrait d'Anthony Blanc

le 22 janvier 2021

Anthony Blanc est en doctorat à l'IRCAV - Institut de recherche sur le cinéma et l'audiovisuel - et a obtenu une bourse de recherche sur les études de genre et sur l’antisémitisme et la xénophobie pour l’année 2020 attribuée par la Ville de Paris. Il évoque sa thèse et l'importance des objets audiovisuels.

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Anthony Blanc, vous êtes actuellement en doctorat à l'IRCAV, pouvez-vous nous présenter votre parcours universitaire ?

Après une licence cinéma et audiovisuel à Montpellier, j’ai pris une année sabbatique pour travailler dans un centre d’art contemporain à Tours. J’ai également travaillé pour plusieurs festivals dont la Quinzaine des réalisateurs. 
Toutes ces expériences étaient très enrichissantes mais je ressentais le désir de poursuivre mon parcours universitaire. Je suis venu à Paris pour commencer un master international en pratiques contemporaines de l’image à la Sorbonne Nouvelle. J’ai pu effectuer un semestre de mobilité au sein de l’université Goethe de Francfort-sur-le-Main. 
La deuxième année, j’ai dû malheureusement renoncer à étudier pendant un semestre à Londres pour des raisons personnelles, alors j’ai terminé mon master à Paris en études cinématographiques et audiovisuelles. Je ne regrette pas ce choix car j’ai pu me consacrer pleinement à mon mémoire sans avoir à gérer toutes les démarches administratives auxquelles on fait face lorsqu’on séjourne à l’étranger pendant un semestre.

Pouvez-vous nous parler de votre sujet de thèse ?

Ma thèse porte sur les images du périple migratoire en mer Méditerranée à partir de 2015 jusqu’en 2020. Je m’intéresse particulièrement aux images produites par les migrants et réfugiés au moment de leur traversée en Méditerranée et à leurs usages dans les médias et les documentaires, en questionnant par exemple l’esthétisation d’un tel phénomène politique. Je poursuis dans cette thèse une réflexion amorcée au cours de mon master sur la déontologie des médias et la politique de l’image. Je suis très heureux d’intégrer le laboratoire de l’IRCAV sous la direction de Guillaume Soulez qui encourage justement ce type de travaux pluridisciplinaires.

Pourquoi avoir décidé de poursuivre vos études avec un doctorat ?

Avant de commencer mon master en 2018, j’ai dû réfléchir à la carrière que j’envisageais avec ce choix de formation. En fait, j’ai toujours envisagé le master comme une étape avant le doctorat puisque j’avais envie de faire de la recherche et de l’enseignement mon métier. J’ai conscience que l’ambition d’être enseignant à l’Université ne doit pas à elle seule justifier le choix du doctorat, je suis assez lucide sur la situation actuelle au sein de l’enseignement supérieur, sans en être découragé pour autant. 
Quoi qu’il en soit, la recherche, c’est extrêmement stimulant, surtout quand on travaille sur des objets aussi contemporains, c’est une façon d’appréhender la société dans laquelle on vit et d’en débattre autour de nous. À chaque fois que je parle de ma thèse, cela évoque quelque chose chez les gens.

Vous êtes l’un des deux lauréats de la bourse de recherche sur les études de genre et sur l’antisémitisme et la xénophobie pour l’année 2020 attribuée par la Ville de Paris, pouvez-vous nous parler plus en détails de cette bourse ?

Je trouve ça formidable que la ville de Paris encourage la recherche universitaire sur ces sujets, dont l’objectif commun est d’appeler à la vigilance contre toutes les formes d’intolérance. Je suis également très heureux que le champ des études concernées par cette bourse soit aussi ouvert. J’ai le sentiment parfois que les objets audiovisuels ne sont pas jugés suffisamment pertinents dans l’étude de sujets aussi « sérieux », à moins qu’ils ne soient mobilisés uniquement parce qu’ils illustrent un problème de société. Or, c’est négliger le potentiel de ces objets audiovisuels, surtout quand on se rend compte du pouvoir des images médiatiques face aux problèmes publics. On a pu effectivement constater en 2020 que les gens réagissent beaucoup devant les images amateurs qui dénoncent des violences policières. De même que les mobilisations partout en France contre l’Article 24 de la loi « Sécurité globale » montrent bien que l’image est un enjeu politique majeur.

Quels sont vos projets à l’issue de votre doctorat ?

C’est une question que l’on me pose souvent et je crois qu’il ne faut pas, à ce stade, être obsédé par l’issue du doctorat, mais au contraire construire sa carrière pendant la formation doctorale. Au cours de ces prochaines années, j’ai très envie d’enseigner, d’écrire des articles, de participer aux activités scientifiques de mon laboratoire et de rencontrer des personnes aussi passionnées.

Avez-vous un ou plusieurs conseils à donner aux étudiant.e.s de la Sorbonne Nouvelle qui souhaiteraient poursuivre leurs études en doctorat ?

Ce qui doit motiver l’étudiant·e, c’est surtout son propre sujet de recherche. Cela vaut également pour le master, ce qui compte, c’est son mémoire ou sa thèse. Ensuite, lorsqu’on s’est engagé sur un sujet de son choix, il faut le traiter avec le plus d’honnêteté et d’humilité possible.

Type :
Portrait

mise à jour le 1 avril 2021