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UFR Arts et Médias, Vie étudiante

Portrait d'Anne Piton-Guénéguès

 

Diplômée du master Communication Interculturelle et Ingénierie de Projets, elle est aujourd'hui coordinatrice à "L'Agence quand les livres relient", elle nous révèle son parcours...

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  • Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Anne Piton-Guénéguès, j’ai 47 ans. Il y a bien longtemps j’ai fait une licence d’histoire à l’université François Rabelais de Tours avant d’entamer concomitamment, en plus de mon job d’étudiant, une maîtrise d’histoire moderne et le capes. De fil en aiguille j’ai de plus en plus travaillé et de moins en moins étudié ! J’ai été guide dans les châteaux de la Loire, professeur d’histoire-géographie, documentaliste en collège-lycée, j’ai fait l’inventaire du musée d’un petit village, pris en charge la restauration et la ré-ouverture au public d’un château privé, travaillé en agence d’architecture aux côtés de l’architecte du Futuroscope…Bref multiplié les expériences et les CDD !


Après une dizaine d’années d’un parcours professionnel fait d’expériences variées j’ai été recrutée par le Centre Européen de Promotion de l’Histoire, association qui organise le festival des Rendez-vous de l’histoire, à Blois. C’est un « gros » festival qui rassemble historiens, chercheurs, intellectuels et amateurs d’histoire, pendant quatre jours chaque année, autour de conférences, débats, cycle cinéma et salon du livre.
J’avais en charge la création d’un réseau de cafés historiques en Région Centre, à savoir, programmer 6 cafés historiques par mois, un par chef-lieu de département de la Région.
Il m’a donc fallu visiter des cafés dans chaque ville pour trouver celui pouvant nous accueillir tous les mois, prendre contact avec les acteurs culturels de chacune de ces villes (médiathèque, archives, services culturels des villes et départements, associations culturelles, librairies…) pour ne pas agir « hors sol », mettre en place la communication autour de cette nouvelle programmation, et bien sûr contacter éditeurs et historiens pour monter la programmation. Et enfin, assurer 6 soirs par mois la modération de ces cafés. Je m’occupais aussi des cafés historiques et des dîners historiques mis en place durant le festival lui-même. Et j’ai aussi contribué à lancer le prix de la Bande dessinée historique, prix décerné chaque année durant les RVH.
J’ai fait cela 6 ans avant de reprendre au pied levé, suite au départ impromptu d’une de mes collègues, la coordination du festival des Rendez-vous de l’histoire. Avec toujours la même multiplicité des tâches, aussi bien en communication, en logistique, en relation avec les services municipaux, en relationnel avec les intervenants etc etc, mais sur un événement beaucoup plus important et concentré dans le temps que les cafés historiques
La charge de travail et l’amplitude horaires étaient très lourdes, mais c’était un métier passion. Pour la première fois, professionnellement parlant, je me sentais à ma place.
Si j’ai réussi à lancer en trois mois ce réseau des cafés historiques, ce qui était un peu une gageure, c’est sûrement grâce à la multiplicité de mes expériences précédentes. Ce parcours professionnel qui pouvait paraître brouillon a pris du coup tout son sens.


  • Qu'avez-vous entrepris par la suite ? 
Le rythme des cafés historiques était vraiment très dense, avec des journées qui se prolongeaient jusqu’à 23h puisque les cafés avaient lieu le soir et je commençais à envisager de chercher autre chose. Entre temps je m’étais mariée et avais eu une petite fille…et mon mari travaillait à Paris. Bref la vie quotidienne prenait des allures de numéro de claquettes permanent, et en outre, j’avais l’impression d’avoir fait le tour de ce que pouvait m’apporter ce projet des Cafés.
J’avais lancé une demande de congé individuel de formation pour prendre le temps de réfléchir et obtenir le bac +5 que je regrettais de n’avoir pu atteindre du fait de mes limites financières. Cela faisait deux ans que j’étais admise dans la formation de mon choix mais que le financement ne m’était pas accordé.
Quand enfin j’ai eu ce financement, mon directeur m’a proposé dans le même temps de reprendre la coordination du festival, et avec mon mari nous avions la possibilité de partir pour 2 ans au Maroc. Nous nous étions rencontrés au Liban, suite à un projet de rencontres interculturelles entre Français, Libanais maronites, sunnites et chiites que j’avais lancé au sein d’une association. Et cette possibilité de poursuivre notre découverte de l’Islam et d’autres cultures nous tenait à cœur.
Bref, j’avais le choix entre :
-    une année de formation tous frais payés permettant d’atteindre ce bac+5 qui me manquait pour évoluer professionnellement ; mon poste aux RVH m’étant gardé durant cette année
-    rester aux RVH en prenant un poste plus important
-    démissionner pour partir vivre au Maroc dans une ville à l’Est du pays, sans expatrié ni touriste, pour poursuivre cette découverte d’une autre culture qui nous tenait à cœur, avec notre fille d’un an dont la santé était plus que moyenne et dans des conditions matérielles correctes mais sans plus…
Et finalement, nous sommes partis !
Nous sommes restés 5 ans à Oujda. Et cela a été formidable. Pas facile tous les jours, car une immersion complète dans une culture complètement différente est parfois déstabilisante et fatigante, mais d’une richesse incroyable. J’y ai donné des cours à l’Université et dans un collège. C’était donc une immersion complète, personnelle, professionnelle et familiale.

De retour en France, le marché du travail était plus que morose et il nous a fallu en outre gérer le choc culturel représenté par la découverte de la France pour nos enfants. Je n’ai donc pas retrouvé de travail tout de suite et je me suis de nouveau trouvée confrontée à ce plafond de verre créé par le fait que mon niveau universitaire n’était pas en adéquation avec les postes que je visais et avec mon expérience professionnelle. En outre mon intérêt pour la rencontre interculturelle s’était encore renforcé au Maroc. Du coup, en faisant le tour de toutes mes expériences personnelles, bénévoles et professionnelles, le Master proposé par la Sorbonne Nouvelle était une évidence.

L’Agence quand les livres relient est une association qui met en réseau des adhérents qui pensent que la lecture et particulièrement la lecture d’album est indispensable au développement de l’enfant et ce dès la toute petite enfance. Pas dans une visée scolaire, mais dans un but humain et culturel. Elle diffuse de l’information, mets les acteurs de cette diffusion de la littérature en relation, aide à la mise en place de formations, est partenaire du programme Premières Pages du ministère de la Culture…Le dernier projet de l’Agence est la création sur trois ans d’un séminaire Babil-Babel ayant pour but de réfléchir au plurilinguisme enfantin et à la lecture en langue maternelle, qui n’est pas forcément la langue de l’école.
J’ai été embauchée en CDD pour 6 mois, pour permettre à l’équipe en place de souffler face à une surcharge de travail. J’y ai vu une manière de faire vivre et exister un réseau constitué de personnes physiques (des pédopsychiatres, des éducatrices de jeunes enfants, des bibliothécaires…) et de personnes morales ( PMI, bibliothèques, services culturels, associations…), éclaté sur tout le territoire, de mêler intimement pratiques, expériences et réflexion. J’y ai redécouvert aussi la richesse et la finesse du maillage associatif et culturel en France, maillage indispensable pour un accès de chacun à la culture, au rêve, à l’ouverture à l’autre, aux autres. Maillage qui ne tient que par le travail acharné des acteurs de terrain et qui est en ce moment bien fragilisé.
Lors de mon M2, j’avais fait mon stage au Centre National de la Littérature pour la Jeunesse à la Bnf. Ce sont un peu les deux extrémités du travail autour et avec cette littérature d’une richesse extrême.

  • Quels conseils donneriez-vous aux étudiant.e.s de la Sorbonne Nouvelle ?
Je n’ai jamais eu de « plan de carrière », j’ai démissionné d’un super poste en CDI aux Rendez-vous de l’histoire, au moment même où je pouvais évoluer au sein de l’association. Je suis partie 5 ans à l’étranger, dans une région plutôt pauvre du Maroc, pour revenir ensuite en France dans un pays où l’expérience interculturelle n’est que peu valorisée. Du coup, je ne sais pas trop si je suis la mieux placée pour donner des conseils ! Mais au final je dirai quand même de suivre son désir, tant que l’on est bien avec ses choix, même si ce n’est pas toujours facile, de se faire confiance. Et de mettre toutes les chances de son côté en n’hésitant pas à se former tout au long de son parcours professionnel et à faire un bilan de compétences si le besoin s’en fait sentir...mais cela c’est pour plus tard ! Et dès aujourd’hui de soigner son réseau et son orthographe.

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Type :
Portrait
Contact :
Yosra EL HELLAL, chargée du développement du réseau alumni en service civique
Lieu(x) :
 
Partenaires :
 

mise à jour le 29 janvier 2018