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Sébastien Roffat, lauréat du Prix de la Chancellerie 2013

le 3 décembre 2013

Sébastien Roffat, lauréat du Prix de la Chancellerie 2013, revient sur son parcours et nous confie ses projets.

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  • Pouvez-vous vous présenter?

Sébastien Roffat, 33 ans. Je suis professeur d'histoire-géographie dans le secondaire à Puteaux. J'ai fait mes études d'histoire à l'université Jean-Monnet de Saint-Etienne, j'ai ensuite passé mon CAPES ; parallèlement, j'ai passé mon DEA en études cinématographiques à Paris 3 et j'ai enchaîné sur ma thèse de doctorat qui m'a pris 7 ans...

  • Parlez nous de votre thèse?

Le sujet de ma thèse est "L'émergence d'une école française du dessin animé sous l'Occupation (1940-1944)" sous la direction de Jean-Pierre Bertin-Maghit, école doctorale 267 Arts et médias, unité de recherche Arts du spectacle, cinéma et audiovisuel. Les membres du jury étaient Mme Catherine Velay-Vallantin, MM. Laurent Creton, Sébastien Denis et Hervé Joubert-Laurencin. L'idée de ma thèse était de montrer que le gouvernement de Vichy a tenté pour la première fois la mise en forme d'un dessin animé typiquement français. Pour cela, j'ai étudié tout l'aspect politique grâce aux Archives nationales (échanges de courriers entre le Ministère de l'Information et les producteurs de dessins animés), l'aspect financier (archives du Crédit national, entre autres) et l'aspect esthétique (grâce aux Archives françaises du film de Bois d'Arcy). En tout, j'ai rassemblé près de 1000 articles de presse sur le sujet, retrouvé une vingtaine de témoins de l'époque, et consulté plus de 30 centres d'archives dans toute la France mais aussi à Berlin. Ma thèse fait 1300 pages...

Je suis d'origine modeste (mon papa est chauffeur routier et ma maman assistante maternelle) et j'ai été boursier durant mes études. J'ai toujours réussi du premier coup, non parce que j'étais plus malin que les autres, mais parce que j'avais la pression de devoir réussir si je voulais faire quelque chose qui m'intéresse vraiment. Ce prix est très important pour moi. Vraiment. Il représente bien entendu une récompense de mon travail et de ces années de sacrifice mais la cérémonie est pour moi l'occasion de remercier les institutions. Je sais, cela peut paraître idiot, mais si je n'avais pas été boursier, je serai sans doute resté à Roanne, à tenter de trouver du travail dans une ville sinistrée économiquement. Je suis donc un pur produit de la République ! Ce prix a donc pour moi une valeur symbolique extrêmement importante : mes parents ont posé une journée de congé pour venir assister à la cérémonie et ils ont fait mille kilomètres dans la journée exprès. Cela me touche aussi. Et quand mes élèves ont appris que je serai absent car je recevais un prix, ils m'ont applaudi ; j'en ai profité pour leur rappeler combien le travail et la volonté étaient importants pour réussir...

Mes projets ? Professeur dans le secondaire, j'ai été qualifié par le Conseil national des universités dans les sections Arts du spectacle (18) et Histoire (21) et je voudrais évidemment devenir maître de conférences ! Je souhaiterais mettre en avant le cinéma d'animation, ce qui n'existe dans aucune université française, nous sommes à la traîne par rapport aux Etats-Unis. Avis aux intéressés ! (rires).

  • Une anecdote sur vos années d'études à la Sorbonne Nouvelle : bon ou mauvais souvenir?

J'ai rencontré une vingtaine de personnes qui avaient travaillé dans les studios d'animation à Paris dans les années 1940. Tous, très âgés, ont été adorables. Ils m'ont offert thé, gâteaux, voire repas. Nos discussions ont été formidables. Ils avaient tellement envie de raconter cette extraordinaire aventure qu'avait été la création d'un dessin animé durant la Seconde Guerre mondiale, que j'ai passé des heures magiques à leurs côtés. C'est un réel bon souvenir ! Mais le mauvais, c'est quand l'un d'entre eux m'a dit qu'il avait jeté à la poubelle quelques mois plus tôt toutes ses archives qui l'encombraient depuis 70 ans !

  • Avez vous un conseil à donner aux étudiants de la Sorbonne Nouvelle?
Ne vous découragez pas ! Persistez ! N'hésitez pas à vous éloigner des sentiers battus ! Défricher un sujet vierge est beaucoup plus intéressant que d'aborder une thématique vue mille fois. Soyez audacieux !
Et merci encore à Jean-Pierre Bertin-Maghit d'avoir cru en moi durant toutes ses années. Ce prix je le partage bien entendu avec lui.


Type :
Portrait
Contact :
dsic communication

mise à jour le 13 octobre 2014