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Vie étudiante

Rencontre avec Laura Pardonnet, auteure de "Guy Maddin un cinéma hanté"

le 1 juin 2018

Laura Pardonnet est la responsable du Service d'action culturelle de la Sorbonne Nouvelle mais elle aussi l'auteure de "Guy Maddin un cinéma hanté" paru chez Marest Editeur.

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  • Quel est votre parcours à la SN ?
    Il est long puisque je suis arrivée à la Sorbonne Nouvelle en 2007, et j’étais alors loin de penser que j’y serai toujours 11 ans plus tard !
    Après avoir passé un bac littéraire à Metz, je suis partie à Paris à la Sorbonne Nouvelle pour intégrer une double licence de théâtre et de cinéma. Je pratiquais alors le théâtre, étais passionnée de cinéma et lisais des livres théoriques écrits par des enseignants de la Sorbonne Nouvelle comme Alain Bergala pour le cinéma ou Georges Banu pour le théâtre. Imaginer me retrouver face à eux et assister à leur cours me réjouissait. En parallèle à cette formation théorique, j’ai toujours poursuivi mes activités artistiques multiples dans le théâtre, le cinéma et l’écriture.
    J’ai commencé à travailler au service d’action culturelle en septembre 2010 alors que j’entrais en master recherche cinéma sous la direction de Nicole Brenez. Progressivement, j’ai participé au développement d’activités culturelles nouvelles dont j’ai eu la charge, comme Acte & Fac, dispositif de soutien des créateurs émergents de l’université que j’ai porté  et dont je suis responsable désormais. Je travaille par ailleurs depuis trois ans pour le Festival des idées Paris organisé par l’Université Sorbonne Paris Cité en tant que responsable de la jeune création. Etre chargée de projets culturels est finalement devenu mon métier !
  • Vous venez de publier "Guy Maddin un cinéma hanté", pouvez-vous nous parler de ce livre et de son parcours ? 
    J’ai découvert le cinéma de Guy Maddin l’été avant d’entrer en master à la Sorbonne Nouvelle. Je cherchais alors un sujet de mémoire. Et je n’avais jamais rien vu qui ressemblait à ça ! L’acte cinématographique de Guy Maddin semblait tellement libre et exalté. Entre épopée narrative et expérimentations esthétique, il réussissait à créer de véritables chocs visuels et sonores. Guy Maddin est régulièrement désigné comme un alchimiste du cinéma qui parvient miraculeusement à créer des films étranges qui nous transfigurent. Et ça m’a bousculé, je me suis tout de suite demander comment il parvenait à réaliser de tel film.
    J’ai réussi à avoir son contact mail par Sylvie Pras, responsable des cinémas au Centre Pompidou et ai cherché à percer mystère. Ça allait être mon sujet de mémoire. J’ai correspondu avec le cinéaste pendant plusieurs mois et il m’a proposé d’intégrer son équipe artistique lorsqu’il fut invité au Nouveau Festival du Centre Pompidou pour lancer son projet Séances. Mon travail de recherche Retour à la source : le cinéma de Guy Maddin revient sur cette aventure dans l’atelier de Guy Maddin.
    Après ces deux années de master, j’ai voulu aller plus loin dans notre collaboration en essayant de trouver un éditeur et de transformer mon mémoire en livre « grand public » pour que le plus grand nombre découvre ce cinéma inclassable. Guy Maddin m’a toujours soutenu et accompagné dans mes démarches. Je rencontrais alors Pierre Julien Marest qui lançait sa nouvelle maison d’édition Marest Editeur, lui envoyait mon mémoire et il accepta de me publier. Pendant trois ans j’ai travaillé à la rédaction de ce livre en le nourrissant de nouveaux échanges avec Guy Maddin et de séances de travail avec mon éditeur. Et le 24 avril dernier, mon livre Guy Maddin un cinéma hanté sortait enfin. Quelle émotion…à partager avec Guy Maddin ce qui la rend encore plus savoureuse.

  • Avez-vous d'autres projets en cours ?
    Toujours!  Mais déjà, il s’agit maintenant pour moi de faire vivre ce livre, d’essayer de le présenter au maximum (mon rôle de chargée de projets culturels n’est jamais loin)  et, pourquoi pas, de tenter de le traduire pour que Guy Maddin, qui est anglophone puisse enfin le lire.
     
  • Quels conseils donneriez-vous aux étudiants de la SN ? 
    D’être curieux, de ne pas avoir peur de cumuler les projets, les postures et les casquettes et de ne pas craindre l’échec. C’est parfois angoissant de ne pas savoir bien se définir, de ne pas trop appréhender ses limites mais je pense que, si on est à l’aise avec cette idée, cela peut être une vraie force et un réel atout. Et aussi, bien sûr, de passer nous voir au Service d’action culturelle (bureau 18) pour s’inscrire à un atelier de radio, théâtre ou photo, de prendre des places de théâtre et de concert, pour être accompagné dans l’élaboration d’un projet culturel…les années de formation à l’université sont précieuses. C’est un espace particulier, un moment « laboratoire » où chacun peut expérimenter. Il faut en profiter !

Type :
Portrait

mise à jour le 17 octobre 2018