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Portrait de Sophie Pointurier, directrice de la section Interprétation LSF de l’ESIT

le 8 décembre 2014
 

Ancienne élève de la Sorbonne Nouvelle et docteure en Traductologie, Sophie Pointurier vient d’être nommée directrice de la section Interprétation en langue des signes française de l’ESIT.

Sophie Pointurier
  • Pouvez-vous nous présenter votre parcours universitaire ?
Après des études de lettres modernes, je suis partie en Allemagne pendant trois ans et, à mon retour, j'ai décidé de continuer mon apprentissage de la langue des signes française (LSF) que j'avais commencé en terminale. Contrairement au cas des langues étrangères, il n'existe pas de "Pays des Sourds" où séjourner pour une immersion linguistique. Par ailleurs, à l'époque, il n'y avait pas encore de cursus universitaire pour apprendre la LSF. Je me suis donc perfectionnée au sein de plusieurs associations qui travaillaient avec des sourds avant d'intégrer l'ESIT. J'y ai obtenu une Maîtrise des Sciences et Techniques en interprétation en langue des signes française, puis j'ai voulu approfondir ma réflexion sur cette pratique et j'ai fait un Master 2 de recherche en Traductologie en 2008. J'ai été littéralement emballée par cette discipline et par la recherche, c'est pourquoi j'ai décidé de poursuivre en doctorat, sous la direction de Daniel Gile. J'ai soutenu ma thèse le 30 juin dernier, elle s'intitule "Interprétation en langue des signes : contraintes, tactiques, efforts".
 
  • Quel est votre parcours professionnel ?
J'exerce le métier d'interprète en langue des signes depuis une quinzaine d'années et c'est cette pratique qui a nourri mes travaux de recherche. L'expérience professionnelle est d'ailleurs une condition à remplir pour s'inscrire en M2 de recherche en Traductologie. Depuis, mon expérience et ma recherche s'enrichissent mutuellement. Parallèlement, j'ai commencé à enseigner dans le cadre du Master professionnel d'interprétation LSF de l'ESIT en 2008, d'abord comme chargée de cours, puis en tant que PAST de 2011 à l'été 2014. Ces dernières années, j'étais également adjointe du directeur de la section LSF.
 
  • Vous venez d'être nommée à la direction de la section Interprétation LSF de l’ESIT, pouvez-vous nous la présenter ?
La section Interprétation LSF est l'une des 4 filières de formation proposées à l'ESIT, avec la traduction, l'interprétation de conférence et la recherche en traductologie. Nous préparons au master professionnel d'interprétation français/LSF et LSF/français, en deux ans. Les principes théoriques, méthodologiques et de progression pédagogique sont communs aux quatre sections, mais bien sûr ils sont adaptés aux spécificités de nos différents métiers. En outre, il existe un Diplôme Universitaire qui prépare à l'entrée en master d'interprétation LSF, les étudiants peuvent y perfectionner leur apprentissage de la LSF, notamment grâce à notre partenariat avec l'Académie de la Langue des Signes. Tous les enseignants du master et du DU sont des interprètes en langue des signes professionnels.
 
  • Quel est le profil des étudiants et quels sont les débouchés pour vos étudiants ?
Pour intégrer le master, les étudiants doivent avoir une très bonne maîtrise de la langue des signes, mais aussi du français ! Ils doivent être titulaires d'une licence, quelle que soit la discipline. La formation est également ouverte à des personnes exerçant dans le milieu de la surdité, mais désireuses de se former réellement à l'interprétation. Il est important que les étudiants soient curieux, qu'ils aient l'esprit ouvert et soient capables de comprendre les enjeux humains d'une situation de communication.

À l’issue de leur formation, les interprètes LSF exercent soit en tant que professionnels indépendants, soit comme salariés. Les diplômés de l’ESIT trouvent rapidement du travail dans les services d’interprètes où ils seront amenés à assurer des prestations de conférence ou de liaison. Ils peuvent également se spécialiser et exercer dans des services d’éducation bilingue pour l'intégration des enfants sourds, des services hospitaliers, des structures artistiques désirant se rendre accessibles au public sourd, etc. Après quelques années de pratique, ils peuvent poursuivre en Master 2 de Recherche puis en Doctorat de Traductologie
 
  • Avez-vous un conseil à donner aux étudiants de la Sorbonne Nouvelle ?
Il existe un grand nombre de métiers qui ne sont pas toujours connus des étudiants de la Sorbonne Nouvelle. Là encore, il faut être curieux et ne pas hésiter à rechercher des informations. Nous les accueillons bien volontiers s'ils désirent nous contacter pour en savoir plus sur les métiers d'interprète et de traducteur, qui offrent de nombreux débouchés professionnels, en France et à l'international.

Type :
Portrait
Contact :
Sous-Direction de la Communication

mise à jour le 8 juin 2015