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Portrait de Manon BOUTIN-CHARLES

le 31 octobre 2017

Rencontre avec Manon, diplômée du master Didactique des Langues et des Cultures, lauréate du Prix de l'Agence Spatiale Européenne 2017 et fondatrice de LuDo

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  • Manon, pouvez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours universitaire ?
J'ai 23 ans et je suis entrée à la Sorbonne Nouvelle lorsque j'en avais 18. J'ai commencé par une licence de Sciences du Langage à l'ILPGA, puis j'ai fait un master de Didactique des Langues et des Cultures au département DFLE, que j'ai terminé en 2017 après un échange international. Mon mémoire portait sur l'apprentissage de la lecture chez les enfants bilingues. J'ai eu une mention très bien pour l'ensemble de mon master, ce qui m'a permis de rempiler cette année pour une année de Préparation à l'Agrégation d'Anglais au département du Monde Anglophone. Bientôt six ans à la Sorbonne Nouvelle et je ne compte pas m'arrêter là puisque je réfléchis à un sujet de thèse pour faire un doctorat, toujours ici !
J'ai deux passions dans la vie : apprendre de nouvelles choses et transmettre celles que je sais. L'université m'a permis de m'épanouir dans ces deux domaines, avec des enseignants toujours plus inspirants et intéressants. Dans les cours, surtout en Master, étudiants et enseignants s'apportent mutuellement du savoir, c'est vraiment une ambiance qui me plaît et me convient. Pour cette raison, j'espère une jour rejoindre une équipe enseignante et enseigner en université, pourquoi pas à la Sorbonne Nouvelle ?

  • Vous avez effectué une échange en Australie, quels bénéfices retirez-vous de cette mobilité ?
Partir en échange a été sans aucun doute l'expérience la plus enrichissante de ma vie. Je suis partie un an à Melbourne en échange à Monash University, une des plus grandes universités d'Australie. Elle contient le meilleur département "Education" (tout ce qui est Didactique et Enseignement) de l'hémisphère sud. J'ai donc pu à la fois profiter de partir à l'autre bout du monde mais aussi de bénéficier d'un enseignement de qualité mondialement reconnue.
Aller vivre à l'autre bout du monde, toute seule, c'est très intimidant ! J'avoue que plus d'une fois je me suis sentie un peu perdue, mais c'est aussi ce qui m'a permis de me dépasser et de développer ma force. Le fait de ne connaître personne force aussi à tout recommencer depuis le début et accepter beaucoup plus d'opportunités. J'ai rejoint beaucoup de "societies" et autres clubs sociaux, fait beaucoup d'activités, c'était vraiment une année spéciale à bouger sans cesse et se dépasser.

  • Quelles sont les différences entre votre expérience à Monash et votre expérience à la Sorbonne Nouvelle - Paris 3 ? 
Pour mon cursus spécifiquement, il n'existe pas en Australie. La France est en effet un des rares pays à proposer des cursus de Didactique des Langues. Les autres pays proposent généralement des cursus "Teaching / Education", qui forment les enseignants à la pédagogie par âges (souvent séparés en petite enfance, école primaire et école secondaire), avec une option d'une ou deux heures par semaine dans leur matière de prédilection (une langue, des mathématiques, etc). J'ai donc pu développer des compétences que je n'aurais jamais apprises à la Sorbonne. J'ai travaillé sur le harcèlement scolaire et les moyens de l'éviter, sur la question du genre à l'école, sur la gestion des émotions des enseignants ou encore sur les enjeux politiques spécifiques à l'Australie, comme l'intégration linguistique des populations aborigènes à l'école primaire. Pour autant, ça ne veut pas dire que le programme de la Sorbonne Nouvelle est moins bien, en Australie les professeurs de langue ne sont pas forcément des experts dans la langue qu'ils enseignent ! En cela, je suis contente d'avoir pu faire mon master dans les deux universités et d'avoir donc acquis les deux sets de compétences.

Les universités en Australie sont souvent excentrées et immenses, mon campus était un peu comme une ville avec des dizaines de restaurants, boutiques, et même un hôpital, une piscine et un stade "juste pour nous". J'ai effectué ma licence au bâtiment de l'ILPGA qui contient seulement quatre salles de classe et mon master à la Sorbonne - Saint-Jacques, un an dans une seule salle ! Alors un campus aussi grand, ça change. La biliothèque également, a été un de mes endroits favoris, celle de Monash fait à peu près la taille du campus Censier tout entier !
Les études coûtent cher en Australie, à Monash, il faut avoir une mention "très bien" au bac (VCE) pour être accepté dans la plupart des cursus et on dépense environ 700 euros pour chaque UE (cours par semestre) que l'on prend. Il faut étudier 4 ans à temps plein pour avoir sa licence (Bachelor), mais beaucoup d'étudiant.e.s la passent en 5 ou 6 ans (en prenant moins de cours chaque semestre) pour travailler à côté. Les étudiants savent s'amuser mais en période d'examens tout le monde est très studieux ! J'adorais la période d'examens car pour détendre les étudiants Monash organisait un "pet space" avec des animaux à caresser pendant quinze minutes le temps de se relaxer : au premier semestre il y avait des chiots et des lapins et au second des bébés lamas !
  • Quant aux cours d'astrophysique suivis pendant votre échange, pouvez-vous nous expliquer votre choix ?
Je suis partie en échange en M2 et dans mon département les M2 n'ont pas de cours au second semestre (nous avons un stage à réaliser et un mémoire à écrire). Je partais donc un an mais je devais uniquement prendre des cours correspondant à mon premier semestre. J'ai donc pris tous les cours de didactique qu'il me fallait mais pour mon VISA australien il fallait que j'étudie à plein temps en Australie, bien que j'avais tout même 50% de mon cursus à effectuer avec la Sorbonne Nouvelle. J'avais effectué tous les cours en "Education" à leur niveau maximal donc je devais choisir autre chose. Je pensais prendre une langue, pour rester dans mon domaine, mais quand je suis allée m'inscrire (en "Enseignement du Japonais") au secrétariat, on m'a dit "Vous pouvez prendre n'importe quel cours dans toute l'université".
Dix jours plus tôt, j'avais eu l'immense chance d'être invitée au Royal Theater de Melbourne pour assiter à une conférence sur la conquête spatiale et la planète Mars et j'avais passé l'après-midi 'backstage' en compagnie de Buzz Aldrin, un des deux premiers hommes à avoir marché sur la Lune. Je pense que cette opportunité suivie, une semaine plus tard, du décollage de Thomas Pesquet pour la station spatiale internationale, m'ont donné le courage de poursuivre ma passion et de la transformer en véritable compétence.
En cours d'astrophysique, tout le monde avait déjà un diplôme en maths ou en physique. Moi, je ne savais pas utiliser une calculatrice scientifique ! J'avoue que plus d'une fois, j'ai failli abandonner, parce que c'était extrêmement difficile. J'étais souvent la dernière à terminer mes exercices ! Mes enseignantes ont été adorables et m'ont permis de rester plus tard ou de venir plus tôt pour faire des exercices avec elles à plusieurs reprises. Je rendais des devoirs supplémentaires, je refaisais tous les travaux pratique chez moi.
Au moment de la rédaction de mon mémoire, faire une pause d'une ou deux heures dans mes recherches en didactique pour travailler l'astrophysique a été comme une bulle d'oxygène. Mes colocataires, qui avaient tous les deux étudié l'astrophysique, m'ont aussi beaucoup soutenue. Finalement, j'ai obtenu mon année avec 71%, ce qui équivaut à une mention "bien".
Depuis, j'ai participé à un concours organisé par l'Agence Spatiale Européenne, que j'ai remporté. J'ai eu la chance d'être invitée au Congrès International des Astronautes à Toulouse le mois dernier, où j'ai rencontré non moins de 125 astronautes, dont Thomas Pesquet et Claudie Haigneré, qui ont eux-mêmes selectionné mon histoire parmi les gagnants. Je compte bien utiliser les compétences acquises et surtout ma passion pour faire encore d'autres jolies choses en rapport avec l'espace.
  • Vous venez de vous lancer dans un projet entrepreneurial, LuDo, pouvez-vous nous en dire plus ? 
Oui ! J'ai commencé à travailler sur LuDo en février, alors que j'étais en plein dans mon mémoire et mes cours d'astrophysique. A ce moment là, j'étais aussi assistante de rédaction pour un magazine australien.
LuDo aide les gens très occupés - comme moi (rires) - à s'organiser tout en ne mettant pas de côté leur bien-être et leur santé. J'avais commencé à créer mon propre agenda pour mon utilisation personnelle et lorsque j'en ai parlé à un ami, il m'a proposé de s'associer pour l'améliorer et le proposer au grand public. J'étais déjà très occupée mais je n'ai pas hésité car c'est un beau projet en lequel on a tous les deux cru depuis le tout premier jour. Et je pense que cette méthode d'organisation fonctionne étant donnés tous les projets que j'ai pu réaliser depuis que je l'utilise !
LuDo est un agenda papier, parce que nous pensons tous les deux que planifier avec du papier et un crayon aide à se déconnecter quelques minutes de tous nos outils numériques, à prendre du recul et à respirer. Il s'appuie sur des recherches scientifiques universitaires sérieuses pour donner des conseils dans la vie de tous les jours pour mieux s'organiser et tout simplement être heureux.
Comme nous lançons notre projet tous les deux, de nos vingt doigts, nous n'avons pas de fonds. Nous avons donc lancé une campagne de financement participatif en octobre. Jusqu'au 16 novembre, nous proposons donc à ceux qui veulent de soutenir notre projet en pré-commandant un agenda. Nous sommes également à la recherche d'investisseurs.
Ce projet m'est un peu "tombé dessus" mais je suis très heureuse de cette nouvelle aventure. Depuis que nous avons lancé LuDo j'ai appris beaucoup de choses, de la gestion de projet et d'équipe au marketing digital. Je m'occupe même des relations presse !
  • Quels conseils donneriez-vous aux étudiant.e.s de la Sorbonne Nouvelle ?
J'ai deux conseils pour les étudiant.e.s et les futurs étudiant.e.s de la Sorbonne Nouvelle ou d'ailleurs.
- Lisez vos mails ! Ce conseil peut sembler idiot, mais en six ans d'études, je ne suis plus capable de compter le nombre de camarades qui m'ont dit ne jamais ouvrir leur boîte mail de l'université. Nous recevons des mails quasiment tous les jours : c'est autant d'opportunités de participer à des évènements et projets géniaux avec la Sorbonne Nouvelle. Il y a les Départementales, le Prix de la Nouvelle, de nombreuses soirées pour booster son Avenir Pro ou rencontrer des gens, des Ateliers Réussite avec des cours pour apprendre à parler en public, etc. Et bien sûr, il y a des mails de la Direction des Affaires Internationales...
- Ce qui est mon deuxième conseil : partez en échange ! Moi, je suis boursière et je n'ai pas beaucoup de moyens mais j'ai pu partir grâce aux nombreuses aides proposées par la Sorbonne Nouvelle, sa région, etc. Renseignez-vous auprès du DAI. Partir en échange est une opportunité qu'à mon sens aucun étudiant ne devrait manquer dans sa vie estudiantine. L'ouverture d'esprit et la maturité gagnée sont impossibles à mesurer. Et bien sûr, c'est un atout de taille sur votre CV.


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Type :
Portrait
Contact :
Yosra EL HELLAL, chargée du développement du réseau Alumni - Service civique

mise à jour le 8 novembre 2017