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UFR Arts et Médias

Portrait de Gabriel Milagres

le 5 mars 2021

Gabriel Milagres est actuellement en stage à Studiocanal dans le cadre de son master 2 Cinéma et Audiovisuel. Il nous parle de ses missions et de ses différentes expériences professionnelles dans le domaine du cinéma, au Brésil et en France.

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Pouvez-vous vous présenter et nous détailler votre parcours ?

Je m’appelle Gabriel, j’ai 23 ans et je suis né à Rio de Janeiro où j’ai fait la plupart de mes études en cinéma. Là-bas, j’ai commencé à travailler dans le domaine du cinéma, tout d’abord à l’Alliance Française en faisant la programmation de films en partenariat avec l’ambassade de France au Brésil ; c’est d’ailleurs l’Alliance Française qui a financé une partie de mes études de langue  française. Puis, j’ai été embauché par une entreprise française de distribution de cinéma à Sao Paulo qui s’appelle Imovison mais j’avais envie de poursuivre mes études. 
Au Brésil, ce n’est pas vraiment commun d’effectuer un master. Normalement on fait une licence et c’est tout. Mais j’étais trop jeune, j’avais 20 ans, presque 21, et j’avais envie de poursuivre mes études. Comme j’avais des liens avec la France grâce à la langue et le travail - c’était un pays qui me faisait un peu rêver - j’ai postulé pour le master cinéma et audiovisuel à la Sorbonne Nouvelle car l’université avait des partenariats avec l’université où j’avais étudié au Brésil. Il y avait beaucoup de professeur·e·s de la Sorbonne Nouvelle qui sont allé·e·s au Brésil et je lisais aussi beaucoup de livres qui venaient de cette université. Il y avait aussi beaucoup de chercheur·euse·s brésilien·ne·s de mon université qui y sont venu·e·s donc il y avait de nombreux échanges.
J’ai donc postulé à la Sorbonne Nouvelle et je savais que si je venais à Paris, c’était uniquement pour suivre le master de l’université. J’ai été accepté et je suis venu pour mon master 1.

Je suis actuellement un master plutôt théorique en cinéma et audiovisuel et mon mémoire porte sur la distribution du cinéma brésilien en France. L’idée est d’essayer, de manière quantitative, de mesurer la présence de ce cinéma, c’est à dire, de quelle manière il est présenté par rapport aux autres cinémas non-européens, mais aussi de manière qualitative, de comprendre de quelle manière les entités européennes (les festivals, les coproductions et les fonds de soutien) interviennent comme des cautions - ou labels - importantes pour que les films brésiliens parviennent en France. C’est une analyse de la trajectoire individuelle des films.
Quand on sort de l’univers un peu froid de la statistique, on remarque que la plupart des films ont des partenariats européens et ont été présentés dans des festivals européens. Bien qu’il y ait une diversité en France, il y a quand même une importance donnée à la caution européenne pour la plupart des films qui arrivent sur le territoire.

Vous avez fait deux stages en France dans le domaine du cinéma, pouvez-vous nous expliquer un peu plus en détail les stages que vous avez choisis ?

Quand je suis arrivé en France, j’ai fait un premier stage dans une agence de vente. C’est une structure assez peu connu même pour les étudiant·e·s en cinéma. C’est une entreprise qui gère les droits de films à l’international. J’ai fait un stage à Playtime, dans le quartier du Marais. C’est une structure responsable de la gestion des ventes de films à l’étranger. 

Puis, lors de ma deuxième année de master, j’avais envie de faire un stage dans une entreprise qui s’occupait de films sur le territoire français, c’est pour cela que j’ai commencé à chercher un stage dans la distribution en France pour voir comment les films sont travaillés ici. Je pensais que ça pouvait également faire un lien avec mon mémoire de recherche car j’étudie la distribution des films brésiliens. J’ai été pris à Studiocanal France où j’ai l’opportunité de découvrir leur stratégie concernant les films francophones à destination du territoire français.

Quelles sont vos missions actuelles ?

On attend la réouverture des salles parce que mon stage concerne la coordination de la sortie des films en salle au sein du pôle marketing ; c’est à dire, la stratégie adoptée pour un film et la création de matériel publicitaire concernant sa sortie en salle, en France.

Puisque les salles sont fermées, on a dû rediscuter les missions pour que je puisse travailler sur les projets à venir et en développement (scénarios étudiés et signés ou non) du Studio Canal. En ce moment, je dois donc lire des scénarios, faire des fiches de lecture avec le pôle marketing, étudier les scénarios en identifiant des points forts et des points faibles ainsi que rechercher des films comparables sur le marché français afin que la commission éditoriale décide de l’avancée d’un film et fasse des estimations pour que Studiocanal puisse mieux positionner ses films sur le marché français.
En ce moment, on se concentre sur la stratégie en attendant l’ouverture des salles et passer à l’opérationnel, c’est à dire, à une vraie mise en marché des films qui attendent de sortir en salle.

Est-ce que ce stage confirme votre envie de travailler dans ce domaine ?

J’ai toujours eu envie de travailler dans ce domaine dès mon expérience de programmation de films avec l’Alliance Française où je faisais surtout l’animation de séances dans des ciné-clubs. J’avais envie d’aller vers la distribution et le contact avec les films et le public plutôt que la production ou la fabrication de films. 

Je pense que ces deux expériences, l’une avec un distributeur international et l’autre avec un distributeur français, confirment mon intérêt et me donnent quelques pistes pour l’avenir. Je sais que le cinéma est le domaine dans lequel je souhaite mettre mes efforts et mon énergie.

Avez-vous quelques conseils à donner à des étudiant·e·s qui envisageraient un métier dans le cinéma ?

Je pense qu’il y a beaucoup de départements, de domaines, de compétences et de professions au sein du large univers qu’est le cinéma. Ils sont parfois cachés, ou très peu connus et exploités même au sein des formations de cinéma. Par exemple dans la distribution, il existe de nombreux sous-départements qui donnent des opportunités incroyables où il y a moins de compétition, de monde et plus de possibilités pour faire son réseau et se créer un chemin plus individuel.
Parfois, les étudiant·e·s veulent suivre la même carrière : le montage, des carrières techniques sur les plateaux de cinéma, etc. Parfois, c’est en raison d’une ignorance des autres départements et des compétences professionnelles qui sont mal exploitées ou pas introduites dans les formations de cinéma.
Mon conseil serait d’être un peu plus curieux de ce qui se passe hors des plateaux de cinéma car il y a un vrai marché et il y a besoin de gens, surtout à l’étranger. Par exemple, au Brésil, il y a une demande immense de main-d’oeuvre de personnes spécialisées avec des compétences liées à ces métiers.


Type :
Portrait

mise à jour le 1 avril 2021