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Portrait d'Emmanuelle Potier

Diplômée du master pro Échanges culturels France-Italie, Emmanuelle Potier nous raconte son parcours et nous parle de la sortie de son livre

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  • Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Emmanuelle Potier. J’ai 34 ans. Je suis originaire de Moselle, plus précisément de la vallée de la Fensch. Mes grands parents maternels, qui vivaient en Italie dans les montagnes à la frontière slovène, ont immigré après la deuxième guerre mondiale pour que mon grand père travaille dans les mines de fer de Boulange. Je travaille aujourd’hui à la direction du Mètre Carré, association culturelle de promotion d'artistes plasticiens, en France et en Italie. Je peins et je dessine. J’aime les produits sains, authentiques et naturels, la nourriture basée sur les légumes, légumineuses et céréales. J’ai besoin de changement, de rencontrer de nouvelles personnes, de surmonter des situations compliquées et de me créer des nouveaux défis

  • Quel parcours avez-vous effectué à la Sorbonne Nouvelle ?
Je suis entrée à la Sorbonne Nouvelle dans le cadre d’une reprise d’études. J’ai fini mes 5 ans à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art et de Design de Nancy en 2006 et ensuite je me suis consacrée à mon travail de peinture (création, diffusion et développement du réseau), ensuite en parallèle, à la gestion de projets culturels sans avoir eu réellement de formation.
J’ai découvert par hasard, en 2015, l’ouverture du nouveau Master Pro ICFI échanges culturels France - Italie au département d’études italiennes et roumaines de la Sorbonne Nouvelle. Etant donné qu’il regroupait mon choix de carrière et mes racines italiennes, je me suis lancée dans ces deux ans qui se sont avérés par la suite, passionnants et très instructifs. Faire cette formation m’a donné confiance dans mes entreprises et permis de développer mon réseau en Italie.
 
  • Vous êtes peintre depuis plus de 11 ans, comment est née votre passion ?
Je suis passionnée. Toutefois, je ne suis pas férue de définitions, et de boîtes, mais si vous voulez, je veux bien être peintre. 
Oui. 
Mais personnellement, je ne me qualifierais pas comme tel, surtout pas en faisant débuter mon “être peintre” il y a 11 ans. En fait, je ne suis pas peintre. Je suis. 
Je m’exprime effecivement par le dessin et la peinture depuis toujours. C’est un moyen, une recherche qui fait entièrement partie de moi. Cependant, j’ai effectivement eu un diplôme il y a 11 ans qui "m'offre” cette qualification, cette spécificité d’être artiste.
Je travaille dans le monde des arts visuels, en faisant de nombreuses actions qui, selon moi, font partie intégrante de la création à notre époque actuelle.
Curieuse par nature apprécie l’action. Militante. Je défends l’art en prenant du plaisir à regarder, à m’étonner, à chercher, à découvrir, ce qui peut sortir de moi mais aussi et surtout de ce qui provient de l’extérieur et des autres. En tentant de ne pas perdre mon étonnement d'enfant ni d'empêcher la croissance de mon raisonnement de grande personne. 
 
  • Depuis octobre 2011, votre association “Le Mètre Carré” défend de nombreuses valeurs, pouvez-vous nous en parler ?
Avec Le Mètre Carré que j’ai co-créé en 2011, nous ouvrons les possibilités en sortant l’art des espaces qui lui sont dédiés pour aller à la rencontre d’autres publics, des personnes qui n’en ont qu’une vague idée. Cette volonté de mettre l’accent sur la proximité est un défi tant conceptuel que pratique. Mais quand on se rend compte que les équipes des lieux que nous investissons se prennent au jeu, installent avec nous, résolvent les problèmes techniques et que notre action devient un partage et un travail collectif, hors du monde de l’art contemporain, nous avons la satisfaction de la victoire. De la victoire humaine et du serrage de coudes pour un objectif commun : l’élaboration de sens.
 
  • Vous venez de publier votre livre 365 jours, pouvez-vous nous le présenter ?
Le livre se base sur une contrainte que je me suis imposée dans la peinture. Un processus. C'est travail nommé 356 jours : des peintures réalisées chaque jour, à partir de la première actualité entendue en allumant France Info dans la voiture, à l’acrylique sur un papier au format 13,5 x 18,5 cm. Un travail qui m’a permise de savoir pourquoi je me levais le matin.
Après que j’eus publié la série sur internet, un éditeur, Les Presses Littéraires, s’y est intéressé et m’a proposé d’en faire un livre. J’ai tout de suite accepté car j’en avais déjà l’idée. Ce seul opuscule regroupe les images, les dates, mais aussi les légendes correspondantes, et deux préfaces de Ramon Tio Bellido et Marion Zilio, qui sont de grande qualité formelle et qui offrent un valeur ajoutée théorique à ce travail, en l’insérant dans une dimension artistique de portée plus vaste, de par la subtilité et la profondeur de leurs regards.
 
  • Quels sont vos futurs projets ?
Par dessus tout et progressivement, continuer de comprendre de mieux en mieux ce qui me donne du plaisir et ce qui me fait du mal. 
Concernant ma peinture, je suis en train de réfléchir à un nouveau projet de création en lien avec la neurologie. Art et science. Je cherche aussi une nouvelle contrainte à m’imposer ou qu’une personne extérieure m’oblige à suivre afin de retrouver la liberté du geste dans un cadre fermé.
Avec Le Mètre Carré, nous préparons des programmes d'échange entre la France et l’Italie, notamment une résidence d’artistes du Grand Est en Toscane.
 
  • Quels conseils donneriez-vous aux étudiant.e.s de la Sorbonne Nouvelle ? 
Faire l’école et non pas attendre d'elle. 
Faire leur carrière. 
Ce qui arrive vient toujours de nous, quand on sait attraper et valoriser ce que le contexte nous offre. Il suffit de le voir et d’être acteur.

Type :
Portrait
Contact :
Yosra El Hellal

mise à jour le 16 mars 2018