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Portrait d'Abir Mars

le 2 avril 2021

Après une année passée aux États-Unis en tant qu'ambassadrice culturelle de la Tunisie et de nombreux projets réalisés, Abir Mars est aujourd'hui en master Études Internationales - Aire Anglophone et travaille comme interprète auprès de l'association Ardhis. À l'issue de son master, elle souhaite continuer à créer des projets contribuant à promouvoir les droits humains.

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Pouvez-vous vous présenter et nous détailler votre parcours universitaire ?

Je m’appelle Abir Mars, je suis tunisienne et je fais un master Études Internationales - Aire Anglophone. Avant cela, j’ai fait une licence en langue, littérature et civilisation anglaises en Tunisie. Entre 2015 et 2016, je suis partie lors d’un échange d’un an aux États-Unis via le programme « Thomas Jefferson Scholarship Program » au sein duquel je pouvais choisir la filière - ou le domaine - que je souhaitais étudier.

Là-bas, j’ai découvert les relations internationales et j’ai choisi de suivre des cours portant sur le leadership, le marketing, le journalisme, la communication de masse… Cela m’a permis de découvrir de nouveaux domaines que je n’avais jamais étudiés et c’est ainsi que j’ai, par la suite, choisi mon master en France. En effet, ces domaines étudiés me permettront d’exercer le métier que je souhaite faire, c’est-à-dire, travailler dans le domaine des droits de l’homme, ce que je fais depuis la révolution en Tunisie en décembre 2010. Je suis très active dans la société civile notamment comme volontaire. 

Actuellement, nous sommes en train de créer une organisation en France qui se nomme Wassla. Nous l’avons déjà créée mais elle n’est pas encore enregistrée. C’est une association qui milite pour les droits des personnes LGBT en provenance de la région Mena (Afrique du Nord et Moyen-Orient), auprès des immigré·es et des demandeurs et demandeuses d’asile. Cette association a pour but d’accompagner ces personnes dans leurs parcours en France, que ce soit pour les demandes d’asile ou pour des projets en lien avec notre pôle culturel et artistique - voire même financièrement - et pour tout ce qui relève de la logistique, du digital marketing, du digital design, etc. Nous aurons aussi un pôle d’accompagnement psychologique ; nous collaborons avec des psychologues et des psychiatres pour mettre en place un système qui accompagnera psychologiquement ces personnes.

Nous avons beaucoup de projets en ce moment. Nous avons également un projet qui a pour but de donner gratuitement des cours de langue française à celles et ceux qui souhaitent apprendre la langue car on a remarqué que la langue est très importante pour l’intégration, trouver un travail, s’inscrire à l’université, etc.

On a donc commencé à travailler entre nous et à créer quelques projets mais l’organisation n'a pas encore été déclarée et ces projets n’ont pas encore été proposés au public.

Vous êtes étudiante en M1 Etudes Internationales - Aire Anglophone, pouvez-vous nous expliquer, selon vous, les spécificités de ce Master ?

Tout dépend de ce que la personne veut faire car il y a différents séminaires : civilisation américaine, britannique, séminaires historiques, études de leadership, féminisme, etc. C’est un master très riche qui ouvre beaucoup de portes vers différents domaines professionnels. C’est également une formation très politique pour celles et ceux qui souhaitent intégrer la vie politique ; c’est une formation diplomatique très riche. 

Vous avez eu de nombreuses expériences professionnelles en lien avec le domaine que vous étudiez. Pouvez-vous nous détailler vos différentes missions ?

Ma première expérience s'est déroulée lors de mon année d’échange aux États-Unis entre 2015 et 2016 avec le programme « Thomas Jefferson Scholarship Program » qui offrait une bourse complète attribuée par le département d'État des États-Unis (United States Department of State). Cela m’a donné la chance de suivre des études là-bas pendant un an. J’étais à l’université de Murray State dans l’État du Kentucky. Mon statut était celui d’ambassadrice culturelle (Cultural Ambassador) de la Tunisie afin de de promouvoir la culture tunisienne et la culture maghrébine en générale. Durant cette année, j'ai également fait un stage en marketing, lors du deuxième semestre, au sein du département de marketing de l’université. Il était aussi demandé de faire 20h de volontariat mais j’ai fait 120h ! J’avais beaucoup de temps et je voulais vraiment découvrir la culture américaine, m’intégrer et apprendre le plus possible.

Ma deuxième expérience était avec Peace Lab. Nous avons créé un programme en 2017 qui a duré un an. En fait, en 2016, il y a eu beaucoup de problèmes liés au terrorisme en Tunisie et de nombreuses attaques, entre autres l’attaque en 2015 à Sousse. On a remarqué que les quatre régions qui avaient été affectées par le terrorisme étaient Médenine, ma ville natale, Banzart au nord, Sidi Bouzid et Kasserine. Dès lors, nous avons créé quatre clubs dans ces quatre villes pour travailler avec les jeunes. On a proposé des conférences et fait beaucoup de recherches sur les raisons qui poussent certains jeunes à se tourner vers le terrorisme. On a voulu créer des programmes pour promouvoir la culture de la paix et proposer des solutions alternatives au terrorisme. Ces projets ont très bien fonctionné. D’ailleurs, un jeune homme de Médenine qui faisait du théâtre et qui était très doué, a été choisi l’été dernier pour un rôle dans un feuilleton très connu et diffusé pendant le Ramadan.
En somme, mon rôle était donc celui de coordinatrice régionale de Médenine.

Quels sont vos projets à l’issue de votre Master ?

En relation avec mon master et ce que j’ai fait auparavant, je suis en train de créer un projet artistique qui parlera des problèmes des réfugié·es. J’ai déjà commencé à préparer le projet qui s’intitulera « The stories behind the statistics ». Cela s’inspire du concept « Humans of New-York », c’est-à-dire, rencontrer les gens et raconter leurs histoires. L’idée sera la même mais auprès des réfugié·es. Je vais essayer de parler de ces personnes afin de montrer que derrière les chiffres il y a des histoires et des gens qui ont souffert énormément.
Pour le moment, je suis interprète pour l’organisation Ardhis qui intervient auprès des personnes LGBT demandeuses d’asile. Je m’occupe de la traduction. 
Ces histoires m’ont vraiment choquée et j’ai voulu faire connaître les problèmes que rencontraient ces personnes pour montrer que derrière les chiffres, ces personnes avaient vécu la guerre, des discriminations par rapport à leur orientation sexuelle, leur identité de genre, etc.


Type :
Portrait

mise à jour le 12 avril 2021