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Rencontre avec Omar Hamlili, créateur de parfums d'exception

le 23 novembre 2015

Omar Hamlili prépare un Master Didactique du Français langue étrangère dans le cadre de la formation continue. Il évoque avec nous sa passion pour le parfum et ce qu'il permet de raconter ainsi que la création de sa propre collection.

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  • Pouvez-vous nous présenter votre parcours universitaire et professionnel ?
J'ai suivi un Master de biochimiste à l'Université Paul Sabatier à Toulouse 3 et je fais un Master en didactique du FLE à la Sorbonne Nouvelle pour enseigner le Français à travers des disciplines scientifiques, également appelé Français sur Objectifs Spécifiques : FOS. Avant, j'ai enseigné les maths et la biologie à l’Education Nationale. Je suis aussi créateur de parfums rares ou parfums d’auteur.
 
  • Qu'est-ce que c'est la parfumerie rare ?
C’est une parfumerie alternative qui utilise des matières premières nobles et qui ne se conforme pas aux diktats du marché ou du marketing. Elle est indépendante et donc différente de la parfumerie mainstream qui appartient aux grands groupes. On l'appelle également parfumerie d'art ou parfumerie confidentielle.
 
  • D'où vous est venue cette idée ?
Enfant, j'ai parcouru bien des vergers et des champs de mon père et cueilli des fruits et des fleurs sous son oeil avisé. Étudiant en botanique puis en biochimie à la Ville rose, j'ai découvert la vie secrète des plantes odoriférantes de mon enfance. Je me souviens encore de l'univers parfumé de ma mère qui transformait notre cuisine en laboratoire, “sublimant” ainsi par distillation la rose, la fleur d’oranger, le thym ou la menthe sauvage en liquides odorants. Cette expérience était pour moi une révélation pleine d’étonnement. Ma première leçon de parfumerie je la dois donc à ma mère. S'ouvrit alors devant moi la porte de l'univers enivrant et magique des compositions parfumées.
 
  • Vous avez créé une collection de 4 parfums au PMC Lab, pouvez-vous nous en dire plus et quels sont vos objectifs ?
Le PMC Lab met à disposition des étudiants et personnels de Sorbonne Universités des équipements techniques notamment pour la chimie, la physique ou la biologie, et un wiki pour documenter les projets. Lancer 4 parfums en même temps était un challenge que j’ai relevé. Ces créations artistiques je les ai conçues dans un esprit d’intemporalité. Une création est par essence pérenne, un produit est par définition éphémère. Ces 4 eaux de parfums sont destinées aux femmes du monde entier afin qu’elles laissent leur sillage et leur empreinte dans la mémoire des autres. Ces fragrances touchent le coeur par leur beauté et enchantent l’esprit par leur récit. Les objectifs sont : de créer une marque de niche capable d’inventer le parfum et la beauté de demain, trouver des sponsors, consolider la collection en créant d’autres fragrances et enfin, de raconter d’autres histoires parfumées.
 
  • Racontez-nous une histoire parfumée de l’un de vos parfums !
Le parfum MADAME a été pensé comme un concentré d'imaginaire et un évocateur de mémoire. Le flacon, qui se doit d'être à la hauteur de l’expérience promise par le jus, a été pensé quant à lui dans un esprit “Lampe Merveilleuse d'Aladin”. C'est un écrin en forme de piedestal avec des codes couleurs Or et Noir. L’Or révèle le Noir et le Noir sublime l’Or. Le piedestal exhibe l'oeuvre parfumée qui vous transporte en quelques secondes vers des horizons insoupçonnés et encore inexplorés. Le parfum révélé dans son écrin Noir et Or provoque le Réveil de la mémoire olfactive. La fragrance intense libérée par une gestuelle intemporelle, inscrite dans la mémoire collective comme exclusivement féminine, offre une expérience réinventée du parfum. Il s'en suit un bouillonnement d'évocations, d'associations et de passions voyageuses dans le temps.
 
  • Pouvez-vous nous dire quelques noms de vos parfums ?
Ce sont des noms rares pour des parfums rares. Ainsi l’un s’appelle : “Suivez-moi jeune homme”. On pourrait croire qu’il s’agit là d’une expression suggestive, mais il n’en est rien. C’est le nom du ruban que les dames mettaient autour de leur chapeau. Grâce au parfum ce mot, menacé de disparaître, a une seconde vie. L’autre s’appelle “ À FLEur de Peau” , un clin d’oeil au FLE et à la Sorbonne Nouvelle qui abrite le département le plus ancien du Français Langue Etrangère à l’échelle de la France et du monde.
 
  • Il est comment ce dernier parfum À FLEur de Peau ?
C’est une note fleurie, sur un fond vanillé, ambré et musqué. La vanille exquise et gourmande est une magnifique complice de la peau. C’est donc un « parfum de peau », une fragrance sublimant l'odeur de la peau comme une robe parfaitement sculptée magnifie les lignes du corps.
 
  • Quels sont vos projets futurs ?

Tout d'abord, créer un parfum de confluences culturelles à l’instar des lieux de confluences Parisiens où se croisent plusieurs langues et plusieurs cultures qui s'appellera Paris est une fête. Partir à l'étranger enseigner fait partie de mes priorités. Je souhaiterais également créer un salon de la parfumerie de niche accessible au grand public.
 

  • On s’approche de la fin de l’interview, pouvez-vous nous dire quel est votre leitmotiv ?
Je signale au passage que ce mot leitmotiv est un emprunt au lexique musical, tout comme le sont les mots accord, note, touche ou encore orgue du parfumeur. J’ai pour seul leitmotiv la passion pour le parfum et ce qu’il me permet de raconter en senteurs, en flacons et en noms. Des histoires riches de créativité, d'enchantement des sens et d’infiniment chic.
 
  • Auriez-vous un conseil à donner aux étudiants ?
J’ai l’habitude de répondre à cette question posée en conférences que la parfumerie c'est comme la photographie, on peut y être créatif même si on n’en connaît pas les règles. Un parfum ne se limite pas à un jus, c’est aussi un nom, un flacon et une histoire. Votre créativité et vos talents vous pouvez donc les exercer à tous les niveaux du processus créatif en apportant votre savoir-faire, votre sensibilité, votre valeur ajoutée. La corporation de la parfumerie est assez fermée. Pour entrer dans ce métier, il y a soit les écoles, toutes payantes, soit la transmission de père en fils parfois sur plusieurs générations. Aux passionnées par l’univers du parfum qui veulent y entrer je dis : essayez de trouver des coopteurs/cooptrices, des “passeurs d’eau” dans votre réseau pour vous introduire auprès de leurs pairs qui pourraient vous aider à réaliser votre projet. C’est un milieu très transversal qui fonctionne par relations.


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Portrait
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Sous-direction de la communication

mise à jour le 12 octobre 2016