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Portrait de Marcus de Moura Barros

le 16 avril 2021

Marcus de Moura Barros est en doctorat de littérature lusophone. Il travaille sur la dictature militaire qui a eu lieu au Brésil dans les années 60, à travers l'étude des correspondances épistolaires de la couturière et styliste Zuleika Angel Jones.

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Pouvez-vous vous présenter et nous détailler votre parcours ?

Je m’appelle Marcus de Moura Barros, je suis brésilien et j’ai 40 ans. Je vis en France depuis presque trois ans. Je suis arrivé en 2018 pour faire mon master en littérature lusophone. Mon parcours académique est multiple, presque schizophrénique. En effet, j’ai deux licences en sciences biologiques ; la première en biomédecine et la deuxième en médecine vétérinaire. J’ai toujours travaillé dans ce domaine de la recherche scientifique et plus précisément sur l’amélioration génétique. Parallèlement à cette activité, je travaillais dans un réseau de librairies au Brésil comme coordinateur d’achats de produits et coordinateur de contenus littéraires. Je définissais les contenus d’une maison d’édition qui appartenait à cette librairie ; j’étais une sorte d’archéologue littéraire. Je me consacrais à la recherche de nouveaux écrivains et nouvelles écrivaines ou d’écrivains et écrivaines oubliés. Aujourd’hui, je débute mon doctorat en littérature lusophone et plus précisément en études de civilisation lusophone.

Pourquoi avoir décidé de poursuivre vos études en doctorat ?

Je dirais que c’est grâce à mon esprit de chercheur, d’investigateur et d’explorateur. Je suis passionné par la recherche et par l’enseignement. J’adore le partage de connaissances et les échanges.

Comment avez-vous choisi votre sujet de thèse ?

J'avais un sujet en tête depuis longtemps. Je suis passionné par l’histoire contemporaine de mon pays. Nous avons vécu une dictature militaire très violente dans les années 1960 et cela a beaucoup influencé notre vie et ce, jusqu’à aujourd’hui. Je souhaiterais parler de ce moment historique car, malheureusement, par rapport à d’autres pays d’Amérique latine, le Brésil n’a pas une relation honnête vis-à-vis de son passé. La dictature reste encore un sujet mal compris au sein de notre société. En fait, je défends l’idée de garder en mémoire cette période car je crains qu’elle ne tombe dans l’oubli, ce qui serait terrible.

Je suis également passionné de linguistique, c'est pour cela que mon sujet de thèse porte sur les échanges discursifs pendant la dictature, à travers l'étude des correspondances d’une couturière appelée Zuleika Angel Jones dont le fils, Stuart Angel Jones, a été persécuté et tué pendant la dictature. En effet, cette femme a trouvé une façon de partager sa souffrance et de dénoncer la situation politique brésilienne. Elle a partagé sa souffrance à travers un échange épistolaire. J’ai pu avoir accès à sa production pendant mon adolescence grâce à une exposition que j'avais pu voir. À partir de ce moment-là, en 1995, je me suis passionné pour son histoire et je souhaitais étudier la vie de cette dame et de ses lettres. Il y a aussi un certain lien avec la France car, à cette époque, elle était styliste et responsable de la diffusion de la mode brésilienne à l’étranger. 

Comme son fils, Zuzu Angel a été tuée par la dictature militaire.

Avez-vous quelques conseils à donner à des étudiants qui envisagent, comme vous, d’effectuer un doctorat à l’étranger ?

Tout d’abord, je dirais qu'il faut s’informer sur la culture, la société et surtout sur la vie universitaire. Il faut s’informer sur la ligne académique suivie dans son université de choix pour s’assurer de pouvoir mener son projet et ne pas se trouver frustré d'être dans un autre pays et d’abandonner son travail et ses relations familiales.
Il faut aussi prendre conscience qu’il y aura de nombreuses difficultés et plusieurs obstacles dans les premiers mois mais il ne faut pas renoncer. Il faut persévérer et surtout croire en son projet et bien connaître son sujet. En effet, je considère qu’il est préférable de venir avec un sujet en tête. Ce n’est qu’un conseil personnel car je connais des personnes qui ont choisi leur sujet après leur départ mais je pense que si on connait son sujet en amont, cela facilite un peu la recherche et l’intégration ; cela oblige à rencontrer d’autres personnes qui s’intéressent à des sujets similaires. En somme, tous ces points évoqués nous aident lorsque l’on arrive seul dans un autre pays.


Type :
Portrait

mise à jour le 11 juin 2021