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Le Nucléaire en mots et en images

du 28 mai 2019 au 29 mai 2019
 

Colloque international

 
Organisation : Frédéric Monvoisin (contact)
 

Présentation :
 
L'objectif de ce colloque est de croiser les travaux de spécialistes issus de disciplines distinctes pour s'intéresser à la question du "nucléaire en mots et en images" afin d'en déployer les différents aspects. Une première série d'intervenants permettra de cadrer les enjeux, notamment : Christophe David a travaillé sur une éthique du nucléaire ; Valérie Delavigne a travaillé sur le nucléaire en milieu médical et la vulgarisation du lexique ; Michael Lucken a étudié les images photographiques enregistrées à Hiroshima et Nagasaki après les deux bombes atomiques dans une approche croisant enjeux historiques et histoire de l’art. Dans le programme ci-dessous, l’après-midi du deuxième jour est consacré à une table ronde regroupant ces spécialistes pour leur offrir un espace privilégié de discussion mutuelle, et avec l’auditoire. Les membres du comité scientifique ont un double rôle. En tant que spécialistes reconnus d’un geste d’analyse porté sur une facette du nucléaire propre à leur discipline, ils interviendront dans le colloque et seront porteurs des travaux qui y sont menés. Pour cette même raison, leur expertise a été mise à contribution pour identifier des chercheurs pouvant participer au colloque en apportant une spécificité liée aussi bien à leur discipline qu’à leur regard personnel. Le Centre interdisciplinaire d'études sur le nucléaire et la stratégie (constitué par des géographes de l'ENS) a agi comme consultant sur certaines orientations du sujet et l’un des membres (à définir) y présentera le centre et certains des sujets qui y sont abordés La catastrophe de Fukushima a réveillé les inquiétudes du monde face au nucléaire. Elle rappelle avec effroi les attaques atomiques que subit le Japon au terme de la Guerre du Pacifique, la catastrophe de Tchernobyl en 1986 et, pour les plus sensibles au sujet, celle de Castle Bravo en 1954. Le sujet de la catastrophe habite tout un imaginaire artistique, littéraire et cinématographique dès le milieu des années 1940, en particulier dans le monde japonais tout particulièrement marqué par l’iconographie qui s’est constituée autour des bombes atomiques. Avec Fukushima, le nucléaire est devenu un sujet de société qui dépasse la seule inquiétude d’une explosion atomique. La puissance de l’atome a envahi notre quotidien dans des angoisses touchant des niveaux multiples et parfois contradictoires : depuis l’éphémère (le choc d’une catastrophe) jusqu'aux enjeux éthiques, en passant par le court terme (couvrir des besoins de consommation) ou le long terme (la contamination de l’environnement en cas de fuite radioactive ou le stockage des combustibles usés).

Le nucléaire impacte également la géopolitique, non plus seulement comme arme de destruction massive et donc dissuasive, mais comme marché énergétique et de traitement des déchets. L’annonce récente du gouvernement chinois de ne plus accueillir les déchets radioactifs du monde occidental a bousculé les politiques en place, tout comme ses stratagèmes comme fournisseur d’énergie pour augmenter ses prix après la catastrophe de Fukuhsima ne laisse au Japon que peu de choix. Mais le nucléaire a d’autres usages, tout aussi connus, moins médiatisés a priori mais tout aussi présents, comme dans le domaine médical. La radiographie d’un corps pour identifier d’éventuelles séquelles, tout comme la technique de bombardement radioactif ciblé pour réduire des tumeurs cancérigènes ont nourri tout un imaginaire visuel et sémantique qui se retrouve dans les médias et les arts. Parlant de frappes chirurgicales, les journaux télévisés exploitent à dessein cette image. 3 Initialement réservé au seul champ de la physique, la question du nucléaire a irradié une part importante des sciences humaines. Aujourd’hui son omniprésence, aussi bien dans la vie de tous les jours que dans les recherches disciplinaires, marque un point de rupture et pose une question en suspens. Non dite, non formulée, presqu’évanescente, elle concentre en un sens toutes les aspérités de nos sociétés : jusqu’où peut on aller ?
 
Ces deux jours de colloque n’ont pas la prétention de répondre à la question, mais d’offrir des pistes de réflexion pour mieux saisir la place que le nucléaire, dans toute son hétérogénéité factuelle et sémantique, occupe dans le monde d’aujourd’hui. En ce sens, le fil conducteur sera presque toujours de passer d’un point de vue académique à la prise en compte de la prégnance sociale de ces questions. En ce sens, la journée s’ouvrira sur une présentation du nucléaire par un physicien de l’Institut de physique nucléaire de Lyon, suivit d’une présentation de Valérie Delavigne sur le passage de ces questions dans la vie courante et la vulgarisation des idées et du lexique. Nous poursuivrons ce travail de vulgarisation dans un rapport à l’image et ses manifestations dans les médias et le cinéma populaire. La deuxième table de ce colloque sera consacrée à des questions plus éthiques. En partant d’un regard proprement philosophique proposé par Christophe David, nous aborderons le contre-champ des médias avec leurs contre-points artistiques dans le documentaire, le cinéma et la littérature. La deuxième journée s’ouvrira sur l’étude spécifique du Japon qui eut l’infortune de connaître quatre drames nucléaires : les bombes de Hiroshima et Nagasaki, l’incident de Castle Bravo et la catastrophe de Fukushima. En tant que spécialiste de ce qu’il nomma dans son livre "les Images sources" (1945, Hiroshima. Les images sources, Herman, 2008), Michael Lucken ouvrira cette demi-journée en présentant les images de ces drames et leurs usages. Revenant sur le contexte particulier d’un retour à la souveraineté au début des années 50, Frédéric Monvoisin s’intéressera à la patrimonialisation de la mémoire dans la société nippone et au rôle que joua le cinéma. Elise Domenach viendra présenter le résultat des recherches qu’elle a consacré au cas de Fukushima. Une dernière intervention abordera la présence du nucléaire dans la culture populaire nippone, notamment les animes. Enfin, la dernière demi-journée sera réservée à un échange entre ces différents aspects, entre ces prestigieux chercheurs pour ouvrir un espace interdisciplinaire entre eux et avec le public. Des séances de discussion avec le public accompagneront toutes les tables du colloque, mais la dernière demi-journée offrira la possibilité de confronter plusieurs points de vue et disciplines.

Type :
Colloque / Journée d'études
Lieu(x) :
Maison de la Recherche de l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
salle ATHENA
4 rue des Irlandais - Paris 5ème

mise à jour le 25 février 2019


Programme


Programme (en construction)

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de l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
salle ATHENA
4 rue des Irlandais - Paris 5ème


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