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L’intimité en partage au cinéma : approche comparatiste France / Québec

du 23 juin 2014 au 24 juin 2014

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Colloque international

Organisation : 
Chaire d’études du Québec contemporain, IRCAV et CERILAC, en collaboration avec le Centre d’études québécoises (CEQ)


Direction scientifique :
Frédérique Berthet (CERILAC, Paris Diderot) et Marion Froger (IRCAV et Université de Montréal) avec la contribution d’André Habib (Université de Montréal)

Avec : François Jullien, Silvestra Mariniello et Suzanne Beth, Dominique Chateau, Magali Uhl, Martin Goutte, Elène Tremblay, Jean-Philippe Warren, Will Straw, Daniel Weinstock, Jean-Marc Leveratto, Sonia Cancian, Pierre Zaoui, Martine Beugnet, Marie-Dominique Popelard, Christine Ross, Raymond Bellour, de Mathieu Bouchard-Malo et Ariane Petel-Despots, Clément Dorival et Jean-Noël Pané des collectifs de création Épopée et Lieux Fictifs, et de Dominique Rabaté, André Habib, José Moure et Myriam Suchet.

Présentation :

Depuis plusieurs années, l’intimité est au coeur de l’actualité des études culturelles : on s’intéresse au sens et à la valeur éthique qui lui sont associés d’une époque ou d’une culture à l’autre, à sa mise en scène et à ses formes d’exposition tout comme aux multiples expériences qualifiées d’intimes, ainsi qu’aux pratiques individuelles et collectives qui se situent sur la brèche de son partage. On interroge également le rôle politique que jouent les imaginaires de l’intimité nés en contexte intermédial. Enfin, l’intimité défie méthodologies et visées scientifiques en tant qu’objet paradoxal de partage collectif à circonscrire, décrire, débâtir, proscrire, produire.

Si récemment, sous l’influence du développement des humanités numériques, il a été beaucoup question de réduire l’intime à ce que l’on saisit de soi et qui fonde notre identité, en valorisant alors les enjeux liés aux pratiques d’archivages et d’extériorisation du soi à travers les réseaux sociaux, c’est sous un tout autre angle que le colloque se propose d’aborder la question du partage d’intimité : en tant qu’expérience imaginaire offerte par le cinéma, et dans une perspective comparatiste France-Québec, 1) par ses mises en scène de l’intime, le cinéma offre la possibilité de construire une intimité à distance de soi et à destination d'autres, anonymes et multiples, qui donne prise à une lecture critique lorsque ces lieux et ces moments d’intimité migrent et sont lus dans des époques et des cultures différentes ; 2) à titre d’événement public et collectif, cette expérience produit du risque social, politique et éthique en exposant l’intime des protagonistes de ce partage à couvert de fiction, de recherche de vérité, d’arts ou de spectacles ; 3) imaginaire, elle n’en n’implique pas moins des spectateurs qui font une expérience intime des films, avec plus ou moins d’aise du fait de l’engagement – corporel, cognitif, émotionnel – sollicité par l’ensemble du dispositif.

L’approche comparatiste a pour point de départ une histoire des œuvres, des pratiques et des médias qui renvoie à un moment inaugural du lien cinématographique France-Québec. La « révolution du direct » vécue ensemble transforma l’expérience imaginaire de l’intimité que proposait le cinéma : elle transgressa des frontières entre professionnels et amateurs, entre ce(ux) qui pouvai(en)t être montré(s) et ce(ux) qui devai(en)t être caché(s), entre ce qui pouvait se dire ou impliquait de se taire, entre les images et les sons de l’intime qui relevaient de l’art cinématographique et celles et ceux qui n'avaient pas accès à cette forme de légitimité. Elle fut porteuse de poussées créatrices que repensent au présent les 5 séances du colloque : Être intime, Des communautés d’intimes, Filmer aux marges de l’intimité, L’Autre intimement, Espaces intim(ist)es.


Type :
Colloque / Journée d'études
Lieu(x) :
Institut National d’Histoire de l’Art, salle Vasari
2, rue Vivienne, 75002 Paris

mise à jour le 17 juin 2019