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ED267 2020/2021 Sublime et ineffable dans les arts de la représentation. Approche interartistique et interdisciplinaire (Gilles Declercq)

Descriptif


Ce séminaire porte sur les effets de la représentation et sur les limites de celle-ci dans les arts : théâtre, peinture, cinéma, photographie. Il prendra donc pour objet l’image saisissante dont la force suspensive et l’effet pétrifiant –que désigne le terme de sidération– réfère plus globalement à la réflexion occidentale sur le sublime et l’ineffable : deux notions rhétoriques et esthétiques qui, en confrontant le pouvoir de la parole et la puissance de l’image à un au-delà du langage et de l’image, posent la question des limites de la représentation – question nodale dans les arts contemporains.
 
Définissant le sublime comme une force qui « ravit et transporte par une admiration mêlée d’étonnement et de surprise », le Traité du sublime du rhéteur grec Longin (1er siècle ap. J.C.), traduit par Boileau en 1674, va irriguer la réflexion de l’Europe moderne sur l’effet esthétique tant en philosophie (Burke, Kant, Hegel, J.-L. Nancy), qu’en histoire de l’art (Louis Marin) ou en rhétorique et littérature (Pascal Quignard).
Prenant appui sur une définition pluridisciplinaire de la notion de sublime en philosophie, rhétorique et esthétique, le séminaire débouchera sur un travail d’étude de cas dans les arts. Seront ainsi analysés :
 
- la représentation de l’évanouissement d’Esther au théâtre (Racine, Esther, 1689) et dans la peinture de la première modernité (Le Tintoret, Véronèse, Poussin, Coypel) dans une double problématique de l’ineffable et du corps exposé ;
 
- le rapport de l’homme et du paysage ou la question de l’infini dans la peinture de Gaspard David Friedrich (1772-1840) – plus spécifiquement dans «Le Voyageur contemplant une mer de nuages »
 
- la fuite des signes et du sens dans le film Blow-up (1966) de Michelangelo Antonioni.
 
Les étudiants intéressés par ce séminaire sont invités à anticiper son déroulement en consultant la bibliographie et en examinant les œuvres indiquées afin de contribuer collectivement à leur analyse.
 
Bibliographie indicative (en sus des œuvres mentionnées)
 
Longin, Traité du sublime (en particulier les chapitres I, V et XII relatifs aux sources du sublime et au statut de l’image) dans la traduction de Boileau, 1674 (disponible en ligne). –
Burke, Recherche philosophique sur l’origine de nos idées du sublime et du beau, Vrin, 2014.
Kant, Observations sur le sentiment du beau et du sublime, Vrin, 2008.
Louis Marin, Des Pouvoirs de l’image, (Seuil, 1993), Détruire la peinture (Champs-Flammarion, 2008) Pascal Quignard, Rhétorique spéculative, Calmann-Lévy, 1995 ; Le Sexe et l’effroi, Gallimard, 1994 ;
Du Sublime, ouvrage collectif, Jean-François Courtine, Jean-Luc Nancy et al. (dir Paris, Belin, 1988 (en particulier les deux textes de J.-L. Nancy, « Préface » et « L’offrande sublime »).
 

Calendrier

jeudi 25 mars 2021
de 10h à 17h

salle à venir

INHA
4 rue Vivienne 75002 Paris

mise à jour le 7 juillet 2020