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Portrait d'Aliyah Morgenstern

le 22 mars 2022

Aliyah Morgenstern est professeure en linguistique anglaise, directrice de l’école doctorale 514 et Présidente du comité d’éthique de la recherche de la Sorbonne Nouvelle. Elle nous parle de ses missions et de son parcours entre les États-Unis et la France.

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Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Je m’appelle Aliyah Morgenstern et je suis professeure à la Sorbonne Nouvelle. Je suis née aux États-Unis d’une mère américaine - devenue auteure en littérature jeunesse - et d’un père français, tous deux de familles cosmopolites et multilingues. Quand j’avais quelques mois, nous avons déménagé à Nice, lorsque mon père - mathématicien - a obtenu un poste à l'Université en 1968.

Après une Terminale scientifique au lycée, je me suis dirigée vers les Lettres et les Sciences Humaines et Sociales avec un cursus Hypokhâgne, Khâgne - option anglais - à Nice. J’ai adoré mes années de “classe prépa” car elles me faisaient découvrir d’autres domaines que le cursus scientifique dans lequel j’avais évolué.

À l’issue de ces deux années, j’ai intégré l’École Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, avec une spécialisation en anglais. Le cours de linguistique m’a particulièrement passionnée, il me permettait de naviguer entre la philosophie, la littérature et le langage et d’appliquer ma formation scientifique. 

En deuxième année de l'ENS, à 20 ans, je suis partie en tant qu'assistante de français à l’Université de Brown, aux États-Unis, pour découvrir mon pays natal et étudier dans une université liée au théâtre et à la musique, disciplines que j’avais beaucoup pratiquées pendant mon enfance. À cette période, j’ai d’ailleurs monté plusieurs pièces de théâtre en français avec mes étudiants.

À mon retour en France, j’ai obtenu l’agrégation d‘anglais. Les deux années suivantes, j’ai été lectrice de français à l’Université de Harvard aux États-Unis. C’est là-bas que j’ai appris à enseigner grâce à des pratiques alliant le théâtre, la poésie, le jeu, et focalisé mon enseignement sur les interactions avec les étudiants. J’ai également été initiée à la recherche collective auprès de collègues qui sont par la suite devenus des amis.

En rentrant de nouveau en France, j’ai obtenu un contrat doctoral (j’étais en thèse à la Sorbonne Nouvelle mais j’enseignais les sciences du langage à l’Université Paris Descartes). Après ma thèse en anglais, français et langue des signes française, sur le “JE” chez l’enfant, j’ai obtenu un poste de maîtresse de conférences à la Sorbonne Nouvelle en 1997. Puis, je suis partie huit ans à l’ENS de Lyon, et c’est seulement après mon habilitation à diriger des recherches que je suis revenue à la Sorbonne Nouvelle comme professeure, en 2008.

Vous occupez plusieurs fonctions à la Sorbonne Nouvelle, quelles sont-elles ?

Après avoir été co-directrice de laboratoire de recherche et directrice d'École Doctorale, je suis actuellement Présidente du comité d’éthique de la recherche.
Notre comité donne un avis sur les protocoles de recherche qui nous sont soumis et qui impliquent la personne humaine. Ce comité est donc là pour aider à identifier et anticiper les éléments des protocoles qui pourraient ne pas être éthiques et protéger les personnes qui par leur participation contribuent à faire avancer nos recherches.

Je suis également enseignante-chercheuse et censée faire 50% d’enseignement et 50% de recherche. De plus, il y a aussi une grande part de responsabilités administratives qui s’ajoute. Je passe également un temps conséquent à évaluer des projets de recherche, des articles, des ouvrages et des dossiers de promotion nationaux et internationaux en français et en anglais. 

La fonction d’enseignante et la direction de mémoires et de thèses est la plus difficile, mais ce qui m’enrichit le plus parce qu’il y a du don et du contre-don. Ma pédagogie n’est pas particulièrement ancrée dans la “gamification” des cours, mais je souhaite que les étudiants prennent plaisir à participer pleinement aux cours et apprennent à apprendre, à réfléchir et à créer. Le partage, les interactions et les activités collectives sont primordiaux dans mon enseignement car je souhaite rendre les étudiants acteurs de leur apprentissage.

Sur quel projet travaillez-vous actuellement ?

Depuis janvier 2022, je co-dirige, avec Marie Sorel, un projet scientifique et pédagogique pluridisciplinaire d’établissement qui rassemble les membres de notre université qui travaillent sur l’enfance et la jeunesse.

Je dirige, depuis mars 2021, un projet financé par l’Agence Nationale de la Recherche, intitulé DINLANG, sur les pratiques langagières multimodales dans les dîners familiaux français. Nous sommes quatre partenaires et travaillons avec une vingtaine de membres. Au sein de ce projet, on étudie les variations culturelles, discursives et sémiotiques dans deux langues, le français et la Langue des Signes Française (LSF). Nous filmons des familles avec des enfants de 3 à 10 ans durant le dîner et nous étudions la façon dont se transmettent les pratiques langagières à ce moment de la journée où se partagent les mets et les mots à plusieurs autour de la table. Nous analysons comment les enfants apprennent à coordonner l’activité de communiquer avec leur corps tout en dînant. Cela me permet de travailler sur deux trésors constitutifs de notre identité et de notre culture : la cuisine et le langage.

 

Type :
Portrait du personnel
Contact :
Service communication

mise à jour le 2 juin 2022