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Opération "Marqueurs Discursifs et segmentation du discours"

Responsables: Florence Lefeuvre et Évelyne Oppermann-Marsaux

Cette opération de recherche a un triple objectif. Les deux premiers objectifs concernent les marqueurs discursifs en synchronie et diachronie et le troisième la délimitation par les marqueurs discursifs des unités prédicatives autonomes:

i) En synchronie, nous chercherons à délimiter le périmètre des mots ou expressions pouvant répondre aux critères des marqueurs discursifs. Pour ce faire nous nous appuierons sur les travaux de Dostie (2004 et 2007 notamment et Dostie et Lefeuvre 2017) et en complément, sur le plan syntaxique, de Lefeuvre 2013, 2017, seront pris comme critères notamment le caractère périphérique et par conséquent souvent facultatif de ces marqueurs dans la phrase, la perte d'une valeur sémantique au profit d'une valeur discursive. Pour le discours oral informel, 4 types de marqueurs ont été relevés parmi les plus fréquents: les marqueurs d’interaction (tiens, écoute, tu sais), les marqueurs d’évaluation (bon, eh bien, sérieux), les connecteurs logiques (alors, donc) et les (re)formulateurs (quoi, enfin). Une annotation du CFPP2000 sera effectuée en fonction de cette typologie ainsi qu'en fonction de la catégorie grammaticale et de la position de ces marqueurs dans la phrase. Nous affinerons leurs valeurs en discours (appel, renforcement, polémique etc., liste non exhaustive).

ii) En ce qui concerne l’approche diachronique, nous disposons déjà d’un certain nombre de travaux concernant différents marqueurs discursifs (comme allons, dis, écoute, tiens/tenez, voire, voirement/vraiment…) – cf. entre autres Oppermann-Marsaux (2010, 2012, 2016, 2017) et Rodríguez Somolinos (2006, 2011, 2013, 2016). Notre objectif sera ainsi d’une part de compléter la description des MD employés dans l’ancienne langue, et, d’autre part, de proposer des analyses fines sur une diachronie large, en incluant, à côté de la période médiévale et préclassique, également les 18e – 21e siècles, donc une diachronie plus récente moins étudiée jusqu’à présent. Plus précisément, il s’agira:

  • de répertorier et d’étudier les MD caractéristiques du théâtre médiéval et préclassique (1300-1650), afin de mettre en évidence des marqueurs peu (ou pas du tout) décrits jusqu’à présent et, à travers eux, des propriétés de la langue ancienne dans des discours destinés à une performance orale;
  • de compléter la description des MD attestés en français depuis la langue médiévale (ou préclassique), tels que par ex. va et voyons (pour les MD d’origine verbale);
  • d’insister sur l’étude de MD plus récents qui se sont développés à partir des 18e/ 19e siècles. On s’intéressera alors notamment aux MD avec réduplication – par ex. voyons, voyons! (attesté dans Frantext à partir du 18e s.), voilà, voilà! (19e s.), tiens, tiens! (19e s.)… - et à des structures partiellement lexicalisées remplissant un rôle discursif, comme "si je peux me permettre", "au risque de me répéter"…

Nos études s’appuieront sur le Corpus de Dialogues en Français élaboré au sein du Clesthia ainsi que sur les bases textuelles en ligne (BFM, Frantext).

iii) La segmentation du discours

Ce volet concerne la segmentation qu’établissent les marqueurs discursifs sur la chaîne linguistique (cf. Lefeuvre 2013). Ils correspondent régulièrement à une délimitation des unités prédicatives autonomes. Une doctorante (Vu Hieu) travaille sur les unités prédicatives averbales dans le discours oral et examine le rôle des marqueurs discursifs dans cette délimitation. En outre, nous examinerons si les jets textuels (G. Cislaru) correspondent à la délimitation par les marqueurs discursifs de la chaîne linguistique autour des unités prédicatives autonomes. Enfin, nous exploiterons le modèle proposé dans le précédent quadriennal autour de la période discursive constituée d’une unité prédicative autonome et d’une unité résomptive, cette dernière se rapprochant d’un marqueur discursif (bon), et se caractérisant par une perte d’autonomie: c’est vrai/vrai (unité résomptive), il arrive toujours en retard (unité autonome).

Équipe: F. Lefeuvre, E. Oppermann-Marsaux, G. Parussa, D. Legallois, G. Cislaru, Bergeron Maguire M. (Clesthia); A. Rodríguez Somolinos (Madrid), S. Gómez-Jordana Ferary (Madrid), L. Rouanne (Madrid); docteurs et doctorants: F. Colaluca, Baek Koun, Vu Hieu, Pierre Vermander et M. Saiz-Sánchez.


mise à jour le 10 février 2018