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Marginalités au féminin dans le monde lusophone

du 24 novembre 2014 au 26 novembre 2014

 

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Colloque international

Lieu : Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, salle Bourjac, 17 rue de la Sorbonne, Paris 5e et Centre Calouste Gulbenkian

Organisatrice : Maria Cristina Pais Simon
EA 3421 - Centre de Recherches sur les Pays Lusophones (CREPAL)

Contact : Maria Cristina Pais Simon

Présentation :

Le colloque international et interdisciplinaire « Marginalités au féminin dans le monde lusophone » se propose de aborder un sujet de réflexion majeur bien que la question féminine et la marginalité soient des thèmes qui ont déjà fait couler beaucoup d’encre. Néanmoins, une approche pluridisciplinaire de cette problématique dans l’ensemble des pays de langue officielle portugaise, dans leur unité et dans leur diversité, et à divers moments de son histoire, reste à réaliser.               

De très nombreux facteurs contribuent, en effet, à la spécificité de la question féminine dans l’espace lusophone. Il y a tout d’abord, et pour remonter aux temps les plus lointains, l’immensité d’un empire qui se déployait sur tous les continents et qui s’obstinait à réunir sous sa coupe politique, économique, sociale et religieuse des peuples (et, inévitablement, des femmes) aux traditions, aux cultures, aux cultes et aux organisations sociétales complètement différents, et qui ont dû développer les plus fines stratégies pour ne pas renoncer à leurs racines tout en se conformant, en apparence, aux impératifs dictés. De ce fait, l’histoire de tous ces pays a été ponctuée, jusqu’à des périodes relativement récentes, par des situations, des événements, des contextes qui ont forcément eu des incidences sur la femme, et que nous nous proposons d’aborder : esclavage, colonisation, métissage, dépendance politique et économique, invasions, dictature, guerre, émigration, assimilations forcées…

Mais notre projet est ambitieux et tenter d’élucider la marginalité, qu’elle soit ou non féminine, n’est pas un pari aisé. De plus, la raison d’être de cet événement est justement d’essayer de définir, dans un périmètre donné, le concept de « marginalité » ; limitons-nous, donc, à préciser que, dérivé de « marge », terme qui vient lui-même du latin « margo, marginis », dont le sens est « bord », « marginalité » renvoie, d’abord, à un envers, à une transgression, à la non acceptation et/ou à l’exclusion du système social, à un conflit de valeurs. Est marginale toute personne qui n’est pas conforme à la norme, c’est-à-dire à ce qui est attendu par un groupe social, toute personne qui se situe dans la périphérie d’un centre qui peut être politique, économique, social, psychologique, culturel, religieux… Le marginal serait, donc, celui ou celle qui affiche, ou non, une différence, une déviance considérée comme dangereuse pour les structures en place, un/une rebelle qui a rompu des liens symboliques et moraux garants d’un ordre tenu pour légitime.                

Néanmoins la marge entretient une relation dialectique avec le centre et on ne peut aborder la marginalité sans prendre en considération la norme établie ; de plus, la marge est toujours susceptible d’être un lieu possible d’émergence, d’évolution, en même temps qu’elle est un « miroir déformant » de la société permettant une distanciation salutaire.         

Afin de bien élucider tous ces concepts, la conférence d’ouverture du colloque « Marginalités au féminin dans le monde lusophone » sera consacrée à la notion de « marge » et de « marginalité ».

Ce colloque vise, en particulier, deux objectifs : tout d’abord, en considérant spécifiquement les pays de langue officielle portugaise, nous nous interrogerons sur les marges par rapport à une norme qui peut être de différentes natures (culturelles, politiques, religieuses…) à un moment historique précis. Nous nous interrogerons également sur le concept de « marginalité » ainsi que sur la condition de la « marginale ». Prenant pour base des contextes sociaux, artistiques, économiques et politiques divers, mais aussi, sous de nombreux aspects, très proches, nous nous questionnerons sur l’existence éventuelle d’un profil de « marginale » propre au monde lusophone, d’un prototype, en quelque sorte.              

 Au-delà de cette problématique, nous nous attacherons, également, à observer le rôle, l’action très concrète de la « marginale »: quelles sont, du point de vue social, entre autres, les incidences de cette condition d’exclue et d’exclusion ? Quels aspects prend-elle ? Quelles sont les conséquences de ce qui peut être une frustration ou un choix assumé, une revendication, même ? Comment sont-elles canalisées, comment se concrétisent-elles ? Autant de questions qui seront abordées par des spécialistes des lettres, des arts et des sciences humaines et sociales.    

Les participants orienteront leur communication autour du thème de leur choix, néanmoins, afin d’obtenir une certaine homogénéité, nous indiquons les axes suivants : 

- Frontières culturelles : quand la marge devient norme
- Conformité et déviance
- Marginalité/dictature, systèmes totalitaires, contextes de guerre
- Colonisation et décolonisation. Cultures coloniales et postcoloniales
- Marginalité et défense de la femme /féminisme /antiféminisme
- Représentations ‘marginalisantes’ de la femme
- Marginalité /engagement civique, religieux …                                            
- Littératures et arts féminins de la marge
- Marginalité /modernité


Type :
Colloque / Journée d'études

mise à jour le 8 mars 2015