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Les fins intermédiaires dans les fictions narratives des XVIIe et XVe siècles

du 28 juin 2018 au 29 juin 2018

Organisation :
Nathalie Kremer

Présentation :
La comédie demande un dénouement des intrigues, la nouvelle une « chute » qui surprend et donne pourtant le sens de l’histoire ; l’essai une conclusion ; le roman adopte chacun de ces modèles et même les combine; il peut en outre les déplacer et en faire des fins intermédiaires.

Pour deux raisons principales. La première tient au mode de composition des intrigues romanesques : la longueur et la multiplicité des intrigues créent plusieurs foyers et autant de perspectives ; sur ce long parcours, le terme est oublié, en particulier dans une publication sur plusieurs années, par « parties séparées », ou du fait d’une composition par épisodes ou séquences qui requièrent autant de fins intermédiaires ; ou au contraire, le terme se trouve anticipé, avec des versions provisoires ou contradictoires, qui persistent en suggérant diverses lignes de fuite et d’interprétation, créant ainsi plusieurs romans emboîtés dans un seul livre. Il peut arriver aussi qu’un auteur développe son roman en plusieurs versions successives qui peuvent postuler des clôtures narratives différentes, ou encore qu’un roman soit republié plus tard dans un nouveau contexte où on lui fait subir des transformations dans l’intrigue qui peuvent faire de la fin postulée à l’origine une fin provisoire (ou le contraire)….

D’autre part, le roman tend à suivre et associer deux lignes complémentaires, l’une narrative qui concerne les intérêts des personnages et leurs conflits, et l’autre discursive où l’auteur tire lui-même une réflexion et un savoir plus ou moins problématiques. On peut alors parler pour le roman de conclusion : le terme permet de prendre en considération la visée discursive et le processus dramatique. Le roman se donne souvent la liberté d’en offrir plusieurs à divers moments de son déroulement.

En prenant pour objet les fictions narratives des XVIIe et XVIIIe siècles (romans mais aussi bien contes, fables, compositions hybrides…), et le cas échéant des narrations non fictionnelles (mémoires), on s’essaiera à examiner ce jeu des fins intermédiaires, interruptions, continuations et redéploiements, sous tous ses aspects : conclusion anticipée et écartée, suspendue, convenue, ironique, alternative, plurielle, en considérant leurs modes de figuration et les effets ainsi produits, dans la perception de l’histoire, des intrigues, des personnages, dans leur interprétation, dans l’articulation du projet didactique et des phénomènes narratifs, des incitations à l’émotion ou à la distance, des valeurs réflexives et poétiques.


Type :
Colloque / Journée d'études
Lieu(x) :
Maison de la Recherche - 4 rue des Irlandais - 75005 PARIS
Salle Athéna

mise à jour le 8 janvier 2018


le 28 juin: Sorbonne
salle Bourjac
1, rue Victor Cousin
Paris 5ème

Le 29 juin : Maison de la recherche
Salle Athéna
4 rue des irlandais
Paris 5ème