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Culture, Enseignement à distance

Zola et la liberté

le 23 janvier 2015

Amphithéâtre du monde anglophone (Sorbonne Nouvelle)


La rencontre « Zola et la liberté » est un évènement organisé par l’Observatoire Zolien des Ecritures Réflexives (OZER) qui est un groupe de recherches appliquées fondé par Olivier Lumbroso (Sorbonne Nouvelle – Paris 3) et Françoise Gomez (Inspection académique de Paris). Le thème et l’écrivain choisis sont en lien avec les attentats meurtriers de janvier dernier, et visent à engager, avec un public fortement issu du milieu éducatif et universitaire, une réflexion sociétale plus large. L’évènement prend ainsi place dans le cadre d’un stage académique de Lettres, tout en s’inscrivant dans un mouvement de réaction aux attentats récents. Dans ce contexte, le Recteur de Paris, M. François Weil, a décidé de la placer sous son haut patronage.

 

Un échange entre enseignants universitaires et enseignants du secondaire



Alain Pagès                                                                                                      

Organisée autour d’Alain Pagès, professeur de littérature française au sein de l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 et spécialiste internationalement reconnu d’Emile Zola, cette rencontre a pris la forme d’un échange avec deux enseignantes du secondaire, Yaël Boublil et Marjolaine Hubert, mais aussi avec le public à travers un temps de dialogue. L’échange marque la rencontre et la collaboration entre enseignement universitaire et enseignement secondaire.

 

L’éducation au cœur des préoccupations

 
Emile Zola a fait preuve d’une véritable pensée pédagogique à travers ses deux « Lettres à la jeunesse » de 1879 et 1897. Il cherchait à convaincre la jeunesse de la justesse de sa cause car il la jugeait essentielle pour appuyer et relayer ses idées ; c’était son rôle de combattre pour une cause juste et collective. 
 
La première « Lettre à la jeunesse » s’inscrit dans la bataille naturaliste et la seconde est liée à l’affaire Dreyfus. Les différents engagements de Zola lui ont valu une reconnaissance tardive dans le monde des lettres alors qu’il occupe aujourd’hui une place considérable dans les programmes scolaires.

Son œuvre, qui se trouve au croisement de l’histoire et de la littérature et qui a été adaptée à de nombreuses reprises au cinéma ou au théâtre, est une source d’exemples extrêmement riche. Or, comme l’a rappelé dans son discours Paul Raucy, doyen de l’inspection générale du groupe des Lettres, les disciplines des sciences humaines, notamment la littérature et l’histoire-géographie, sont des disciplines de transmission de connaissances et de valeurs à travers l’interprétation des textes comme ceux d’Emile Zola.
 

L’engagement intellectuel de Zola



J'accuse d'Emile Zola, Manuscrit
Source : gallica.bnf.fr /
Bibliothèque Nationale de France

 

 J'accuse d'Emile Zola, Publication dans l'Aurore
Source :
Archiz



Avec l’affaire Dreyfus, Emile Zola, intellectuel, journaliste et romancier, décide de prendre position dans un problème d’intérêt général. En effet, dès 1896, il publie dans le Figaro un article intitulé « Pour les Juifs » dans lequel il analyse la situation française et met en lumière le développement de l’antisémitisme au sein de la société. Son engagement dans l’affaire Dreyfus n’a cependant pas été immédiat, conscient du danger que représentait une telle prise de position, pour lui et ses deux enfants, Denise et Jacques. L’implication d’Emile Zola s’est effectuée en plusieurs étapes jusqu’à la publication de « J’Accuse » dans l’Aurore le 13 janvier 1898, révélant un processus de maturation intellectuelle et morale. Il assume les conséquences de sa prise de position et ne renonce pas à son combat malgré les déferlements de haine, son procès, sa condamnation et son exil en Angleterre pendant presque une année.
 
Bien que l’affaire Dreyfus soit le combat le plus emblématique d’Emile Zola, celui-ci a pris position dans d’autres querelles comme la bataille naturaliste, en prônant ce mouvement dont il fait partie, et la bataille impressionniste en prenant position en faveur de Manet et Courbet.
[style1;L’image de Zola comme symbole du combat pour la liberté]

L’idée de liberté associée à la figure d’Emile Zola est encore présente aujourd’hui à travers le projet de création d’un musée Dreyfus au sein de la Maison Zola située à Médan. Martine Leblond-Zola, arrière-petite-fille d’Emile Zola et vice-présidente de la Maison Zola, présente ce projet comme un musée contre toutes les formes de discrimination. La Maison de Zola à Médan, actuellement fermée pour des travaux de restauration, devrait prochainement rouvrir ses portes avec un nouvel espace consacré à l’affaire Dreyfus.

mise à jour le 15 octobre 2015