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Traduire les voix de la nature

du 25 mai 2018 au 26 mai 2018

 Organisation :
Bruno Poncharal
Jessica Stephens


Présentation :
Les questions éthiques concernant le rapport entre l’homme et la nature ont jusqu’à présent occupé peu de traductologues (Cronin 2017, 3, 11-12), tandis que les approches écocritiques sont en train de se généraliser dans d’autres disciplines des sciences humaines et sociales (voir Bailly 2013, Barathay 2013, Huggan et Tiffin 2010, Kohn 2017 et Foster 2016, entre autres). Pourtant, l’activité traductionnelle influe, elle aussi, sur l’environnement (Vihelmaa 2009a ; Cronin 2017). Outre les effets concrets liés à la consommation des ressources naturelles et à la pollution, les textes traduits ont des répercussions sur les mentalités des hommes et leur perception de la nature. Or, les voix de la faune et de la flore, des éléments et des différents écosystèmes n’ont pas encore été suffisamment entendues ou étudiées en traductologie, même si plusieurs dimensions de l’éthique du traduire s’avèrent être des outils précieux dans l’étude de la relation homme/nature. Le but du colloque Traduire les voix de la nature est donc de pallier cette lacune. Comme le fait remarquer Michael Cronin (2017, 11-12), nous, traducteurs et traductologues, ne pouvons plus rester indifférents vis-à-vis de la nature dont nous faisons partie ; il est temps d’élargir notre perspective. Si le tournant culturel de ces dernières années a contribué à la prise de conscience de l’ethnocentrisme inhérent à quelques pratiques traductives et interprétatives, la tâche de cette nouvelle écocritique  – approche qui a fluctué à travers le temps et qui varie, aussi, selon les aires culturelles – est de nous détourner d’un anthropocentrisme nuisible à la planète entière. Pour reprendre les mots d’Ella Vihelmaa (2009b, 31), « [A]u cours de l’histoire, la sphère de la considération éthique s’est graduellement élargie pour englober enfin tous les êtres humains, indépendamment de leur classe sociale, de leur race ou de leur sexe. Aujourd’hui, la dichotomie hiérarchique opposant ‘nous les hommes’ et ‘les autres animaux’ est plus puissante qu’aucun autre dualisme social. Or, les droits de l’homme n’exigent pas le rejet des droits des animaux non-humains. »

 

Axes possibles de réflexion :
- La mimèsis littéraire : enjeux et stratégies liés à la représentation artistique et / ou la traduction des voix de la nature.
- Les fonctions des voix de la nature dans la littérature écocritique, postcoloniale, géopoétique, etc, en traduction (voir Huggan et Tiffin 2009).
- Anthropomorphisme et anthropocentrisme dans la traduction de la littérature de jeunesse, la bande dessinée, le dessin animé, etc.
- Les voix des « non-humains » dans les textes scientifiques et dans d’autres genres non littéraires (textes écrits, multimodaux, audiovisuels) et leurs traductions.
- La manipulation des voix des animaux dans la traduction littéraire et non littéraire.
- Le rôle de la traduction / interprétation dans l’interaction entre l’homme et la nature (illustré par les métiers d'éco-interprète, de dresseur d’animaux, de vétérinaire, etc.).
- Capacité / difficulté de l’homme à aller au-delà de l’anthropomorphisme.
- La traduction et l’interprétation comme moyens du développement durable (spécialement dans la lutte pour les droits des animaux et dans la protection de l’environnement ; voir « l’éco-traduction » de Cronin 2017, 2).
- Approches éco-sémiotiques sur l’environnement (inspirées, par exemple, des travaux de Petrilli, Sebeok, Kull et Torop (voir Petrilli 2003a) et Cronin (le concept de « tradosphère » 2017, 70-72)

 

 

 

Type :
Colloque / Journée d'études
Lieu(x) :
Maison de la Recherche - 4 rue des Irlandais - 75005 PARIS
Salle Athéna

mise à jour le 8 janvier 2018