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Susanne Mildner reçoit le prix des Jeunes Chercheurs de la ville de Potsdam, toutes disciplines confondues

le 16 décembre 2011

Le 2 décembre 2011, le prix des jeunes chercheurs de la ville de Potsdam, qui couronne la meilleure thèse de l'année écoulée (toutes disciplines confondues, sciences, médecine, lettres et sciences humaines) a été solennellement remise par le bourgmestre de la ville à Mme Susanne MILDNER, dans le cadre prestigieux de la salle Nicolai.

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Pouvez-vous vous présenter...

Après avoir terminé mes études de littérature, politique et publicité à l'Université de Potsdam en Mai 2006, j'ai publié mon travail de maitrise intitulé « Konstruktionen der Femme fatale : Die Lulu-Figur bei Wedekind und Pabst » chez l'éditeur Peter Lang.
En octobre 2007 j'ai commencé à faire des recherches sur le discours amoureux dans la littérature allemande et française entre 1770 et 1830. L'élaboration de ce sujet interculturel représente une nouvelle contribution dans la recherche Franco-allemande. J'ai réussi à gagner l'enthousiasme des Professeur Stéphane Michaud (Université de la Sorbonne Nouvelle - Paris) et Professeur Reinhart Meyer-Kalkus (Université de Potsdam/ Wissenschaftskolleg zu Berlin) pour le projet d'une cotutelle de thèse dont la finalité est l'acquisition du titre de doctorat dans les deux pays. Peu après, grâce à Monsieur Michaud, le titre de ma thèse s'est cristallisé: « L'amour à la Werther : le discours amoureux chez Goethe, Villers, Mme de Staël et Stendhal - regards croisés sur un mythe franco-allemand ».

J'ai soutenu ma thèse en février 2011 avec la mention summa cum laude/ très honorable avec félicitations du jury.

Quel était le sujet de votre thèse ?

« Les Souffrances du jeune Werther » (1774, deuxième version 1787)  de Johann Wolfgang Goethe deviennent un succès mondial. Pour Anne Louise Germaine de Staël, le protagoniste est le représentant de l'amour unique, puisque exceptionnel, Charles François Dominique de Villers admire sa « Sehnsucht, Ahndung, Schwärmerei » et c'est Stendhal qui nomme le phénomène de l'amour allemand pour la première fois concrètement comme « Amour à la Werther qui ouvre l'âme à tous les arts. » En souhaitant présenter à leur pays natal un modèle complémentaire, ou même, comme Villers, une alternative à la conception française de l'amour, ils transfèrent l'idéal « romantique » de Werther sur son auteur et sur tous les Allemands. Cette idéalisation explique la déception de Madame de Staël après sa rencontre avec Goethe en décembre 1803 : « Goethe n'est pas Werther; il engraisse. »

L'objectif de mon projet de recherche est de mettre en lumière un phénomène  jusqu'à présent ignoré, celui de la conception de l'amour telle qu'elle prévaut dans les années 1800. Celle-ci s'est développée en regardant l'autre, l'étranger. La représentation et l'interprétation de l'amour jouent un rôle central dans la perception mutuelle des auteurs français et allemands. Les malentendus provoqués par leurs efforts de médiation sont la partie essentielle des transferts culturels. Goethe, Villers, Mme de Staël et Stendhal ne se laissent pas éblouir et vont démontrer au-delà des clichés que l'amour est beaucoup plus complexe que le discours sur les nationalités laisse supposer. Il n'est pas possible d'aimer à la française pas plus que d'aimer à l'allemande.

Qu'est-ce que représente le prix du Jeune Chercheur de la ville de Potsdam? 

Le prix couronne la meilleure thèse de l'année écoulée dans toutes disciplines confondues, sciences, médecine, lettres et sciences humaines. Il est solennellement remis par le maire de Potsdam. De nombreuses personnalités du monde universitaire et politique ont assisté à la cérémonie dans la salle Nicolaï à Potsdam. C'est un grand honneur pour mes directeurs de recherche et moi-même, en particulier parce que c'était la première fois qu'une candidate des lettres gagne ce prix.

Quel sont vos projets?

Depuis huit ans, je travaille dans les relations publiques pour différentes entreprises. C'était un bon moyen pour financer ma cotutelle de thèse parce que j'ai pu travailler de chaque endroit du monde. Il me suffit simplement d'un ordinateur et un accès à internet. Mais mon rêve est de retourner à l'université ou de m'impliquer avec mes expériences professionnelles dans une fondation/ un institut avec un accent tout particulier sur les échanges interculturels.

Vous êtes également une jeune « Maman chercheuse » ?

En août, notre petite Zoé, un merveilleux produit franco-allemand, est née à Berlin (son père est français). Cela n'est pas uniquement une double charge mais plus. Je suis non seulement mère, femme, gagne ma vie dans le secteur privé mais aussi je reste en contact avec la science. Après avoir gagné le prix j'ai obtenu plusieurs offres pour des conférences de renommée nationale et européenne en 2012.

 

 

 

 

 


Type :
Distinction / prix, Portrait

mise à jour le 3 janvier 2012