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Séminaire « NoVarEL »

le 8 avril 2022
De 14h à 17h

➡ Première thématique : « Questionner l’évidence des référents légitimes »

À quoi renvoie le sentiment de « bon usage » ? Dans quelle mesure la fétichisation, au sens donné par Bourdieu & Boltanski (1975), de certains référents et l’ignorance ou l’oubli des lois sociales de leur construction invalide la plupart des usages ordinaires ? Peut-on envisager une description et une diffusion des garants de la cohésion sociale autrement qu’en supposant leur légitimité absolue ?

Pour aborder ces questions, on cherche notamment à comprendre comment a évolué/évolue la visée normative dans les différents contextes d’enseignement et si l’actualité des sociétés a des effets sur les discours et les pratiques.
L’enjeu des discussions se situe à l’interface des identités collectives et individuelles puisqu’il est question de penser l’incontournable appropriation de ces référents communs et la façon dont elle s’opère avec plus ou moins de facilité, plus ou moins de violence, compte tenu des réalités individuelles.

Face à cela, les moyens dont disposent les enseignants pour tenter de garantir une transmission « équitable » des savoirs socialement indispensables sont en question. On pose que la prise de conscience du caractère non-absolu des « bons usages » favorise les initiatives enseignantes visant le cumul des savoirs en rupture avec la verticalité qu’impose « l’idéologie du standard ».

Séance 1 : vendredi 8 avril, 14:00 à 17:00, 46 rue St Jacques, salle M

- Introduction du séminaire, Emmanuelle Guerin, USN-DILTEC

- L’esthétique au défi des normes, Tania Vladova, École supérieure d’art et design Le Havre-Rouen (ESADHaR)

En 1750, en Allemagne, paraît un ouvrage rédigé en latin et considéré comme fondateur d’une nouvelle discipline. Son titre est Aesthetica, et il est écrit par le philosophe prussien Alexander Gottlieb Baumgarten, également professeur de belles lettres et fin connaisseur des beaux-arts. La nouvelle discipline qu’il inaugure en forgeant un néologisme néolatin à partir du mot grec aisthesis (αἴσθησις), s’annonce comme une branche de la philosophie. Il la qualifie de « science de la connaissance sensible », mais aussi de « gnoséologie inférieure ». Depuis ce moment, l’esthétique affronte des problèmes de légitimité vis-à-vis des disciplines académiques traditionnelles, se faisant souvent passer, particulièrement en France, pour le parent pauvre de la philosophie. Qui plus est, annoncée comme « science de la connaissance sensible », elle se confronte à la question de la norme, de la règle et de la légalité notamment en ce qui concerne un des domaines auxquels elle touche de plus près : celui des arts. Comment concilier la liberté de création, l’intimité de la contemplation et la singularité de l’expérience sensible avec la rigueur normative d’une science ? La question de la norme et celle de la légitimité seront considérées à l’aune de quelques exemples tirés de l’histoire et de l’institutionnalisation de l’esthétique, en particulier dans son rapport avec les arts.

- De qui l’usage est-il le bien commun ? Le français, langue vernaculaire, Anne Godard, USN-DILTEC

Les débats sur les usages, les normes et les variations ne sont pas nouveaux. Dans l’histoire littéraire française, les écrivains se sont sentis très tôt investis de la responsabilité de penser leur langue d’écriture (Gauvin). À travers quelques textes d’écrivains, du XVIe au XXe siècle, on s’interrogera sur l’émergence de la notion d’usage commun, sur les implications de l’association morale entre la langue et le peuple qui la parle, ainsi que sur la possibilité revendiquée par des écrivains de pouvoir écrire un français vernaculaire, à distance des normes scolaires et académiques.

Type :
Colloque / Journée d'étude
Contact :
Emmanuelle Guerin
Lieu(x) :
Sorbonne Nouvelle
DFLE
46 rue St Jacques, 75005, Paris.
Salle M


mise à jour le 21 mai 2022