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Séminaire interdisciplinaire "Expériences artistiques et pratiques scientifiques"

Responsable(s)

  • MME LECOURT Edith (Paris 5)

Contenu

Séance du 1er mars 2011
"Le spectateur remué. Propositions de recherche concernant les émotions induites par les représentations optiques et sonores
"
par Laurent Jullier, directeur de recherches à l'IRCAV  (EA 185)
Salle Simon, Maison de la recherche


Des milliards d'êtres humains s'absorbent chaque jour dans le visionnement de représentations optiques et sonores, assis devant toutes sortes d'écrans. Ils en conçoivent toutes sortes d'émotions. Or les mécanismes par lesquels ces représentations-là induisent ces émotions-là sont encore mal connus. Le manque d'interdisciplinarité y est sans doute pour beaucoup. Et pourtant ce ne sont pas les ponts scientifiques qui manquent. En voici trois, chacun pouvant constituer une ligne de recherche :

(1) il est évident que l'organisation de la mise en scène au cinéma et à la télévision est informée par l'architecture même de notre système perceptivo-cognitif. Nous percevons d'abord le monde pour pouvoir y bouger, c'est ce que les spécialistes appellent l'énaction, et - pour ne citer qu'un des nombreux exemples possibles de correspondance - la distribution des points de vue et des points d'écoute dans les récits audiovisuels correspond parfaitement à la dichotomie allocentré/égocentrée mise au point par Alain Berthoz  ;

(2) il est tout aussi flagrant que les stratégies d'« intéressement au récit », improprement appelées « identification au personnage » dans le langage courant, reposent au théâtre, au cinéma et à la télévision sur de bien-nommés scripts cognitivo-affectifs. Les applications à la psychopathologie sont évidentes : depuis une vingtaine d'années un fort courant de pensée traite de l'autisme en termes quasi-narratologiques, comme d'une difficulté à se « mettre à la place » d'autrui - or les récits audiovisuels sont des machines à nous mettre à la place (optique, sonore, mais aussi éthique) d'autrui ;

(3) c'est un lieu commun, initié par la sociologie et les Cultural Studies, que de remarquer combien les images sont « polysémiques », et que le public est libre de « braconner » les représentations optiques et sonores, quand bien même l'auteur tente de diriger son regard et son écoute. Tout le monde n'a pas les mêmes émotions devant telle représentation, ni même souvent ne « voit » pas les mêmes choses. Il revient à la science la tâche de combattre le relativisme radical et le désintérêt qui accompagnent trop souvent ce genre de constatations. Depuis quelques années, dans les universités américaines, on voit ainsi se mener des expériences d'imagerie cérébrale qui observent les ressemblances et les différences entre les spectateurs d'une représentation donnée, dans le but de vérifier jusqu'à quel point l'image est polysémique... lire le texte complet [PDF - 41 Ko]

mise à jour le 2 mai 2014


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