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Rencontre avec Nathalie Peyrebonne, maître de conférences et romancière

le 18 février 2015

Maître de conférences à la Sorbonne Nouvelle, Nathalie Peyrebonne vient de signer son second roman La silhouette, c'est peu, après Rêve général paru en 2013.

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  • Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis, depuis 2005, maître de conférences à la Sorbonne Nouvelle - Paris 3 après l’avoir été durant sept ans à l’Université d’Artois (Arras). J’avais auparavant occupé un poste d’A.T.E.R. à l’Université de Cergy Pontoise, encore avant un poste d’A.M.N. à Paris 3, déjà, où j’avais également été étudiante, en Licence, tout en étant parallèlement élève à l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud. J’ai aussi fait ma thèse à Paris 3.
 
J’ai donc été en partie formée à la Sorbonne Nouvelle et j’y enseigne aujourd’hui tout en y étant rattachée au niveau de mes recherches.

Mes recherches sont centrées sur la littérature espagnole du Siècle d’Or (XVIe-XVIIe siècles), représentations littéraires que j’envisage depuis le départ en lien avec une étude des sociabilités classiques, et notamment des sociabilités alimentaires (le boire et le manger). Cela m’a amenée à compléter mes analyses littéraires par des travaux différents, ceux portant par exemple sur les livres de cuisine de l’époque (j’ai ainsi traduit et édité le premier livre de cuisine espagnol).

Mes cours sont en lien direct avec mes recherches, ils sont centrés essentiellement sur la littérature espagnole du Siècle d’Or. J’assure aussi des cours de traduction, de traduction classique en particulier.
 
  • Vous êtes également impliquée dans un certain nombre d’instances universitaires (membre élue du Conseil Scientifique, du Comité Technique Universitaire) : quel est votre rôle ?

J’ai siégé durant quatre ans au Conseil Scientifique de l’Université (devenu Commission de la Recherche), et suis élue à la Commission des locaux de l’Université. Au niveau national, je suis membre titulaire du Conseil National Universitaire et membre élue du Comité Technique Universitaire. J’ai accepté ces responsabilités car je suis persuadée qu’être enseignant(e)-chercheur(se) aujourd’hui suppose d’être informé(e) au mieux de ce qui constitue nos missions fondamentales, ces dernières étant en évolution constante, parfois également fragilisées par divers impératifs économiques ou gestionnaires. Cette implication m’a également permis de mieux mesurer la spécificité de nos disciplines au sein de l’ensemble du paysage universitaire.


Vous avez reçu le prix Botul en 2013 pour votre premier roman Rêve général (Phébus, 2013), pouvez-vous nous dire quelques mots sur cet ouvrage ?

Rêve général est l’histoire d’un arrêt de jeu, d’une épidémie qui se déclare brutalement dans notre pays. Les gens s’arrêtent : le joueur de foot sort du terrain, le premier ministre reste couché, la conductrice de métro abandonne sa rame, etc… Cela arrive, comme ça, sans concertation, presque par inadvertance. C’est qu’il y a eu un grain de sable – on l’apprendra –, qui a tout enrayé, d’où cette panne générale, plutôt joyeuse : parce que si tout s’arrête, c’est pour mieux repartir, mais autrement.

Idée peut-être étonnante de la part d’une enseignante, cette idée d’un arrêt de travail, mais c’est que, plus qu’un arrêt, il s’agit là de l’arrivée inopinée et salvatrice d’un appel d’air. Parce qu’on en manque, parfois.
 
  • Vous venez de publier un deuxième roman : pouvez-vous nous en dire plus ?

Il est sorti il y a quelques jours, et s’intitule La silhouette, c’est peu (Phébus, 2015). L’histoire d’une femme qui ne sort plus de chez elle et de quelques autres, aussi, qui déambulent derrière ses fenêtres, tandis que les jours passent au rythme des dictons et des saints qui y sont attachés, ou de ce qui aujourd’hui tend à les remplacer : les Journées Mondiales. Journée Mondiale de la paix, de la gentillesse, de la cuisine italienne, du fromage ou des drones, elles se succèdent, sans ordre ni hiérarchie, vision un peu cocasse d’un monde parfois en manque de sens et de cohérence.
 
  • Comment conciliez-vous vos activités de recherche, d'enseignement et votre casquette d'écrivain ?

J’enseigne la littérature et je la pratique, et chacune de ces activités, je l’espère, alimente et enrichit l’autre. Je suppose qu’on lit mieux lorsqu’on écrit et qu’on écrit mieux lorsqu’on lit.

Et, au centre de tout cela, il y a les ponts que je m’efforce toujours d’établir entre les œuvres du passé que j’étudie et que je présente en cours et notre univers, celui dans lequel nous vivons aujourd’hui. Faire cours sur le Don Quichotte, par exemple, c’est notamment poser la question du sens de cette lecture aujourd’hui, voir ce que cette lecture nous permet de comprendre du monde qui nous entoure. Cette question, je la pose en cours avec les étudiants, et je la prolonge, d’une certaine façon, quand j’écris sur ce XXIe siècle qui est le nôtre.

 
  • Quels sont vos projets ?
Continuer à enseigner, continuer à faire de la recherche, continuer à m’investir dans mon université, continuer à écrire.
 
  • Quels conseils donneriez-vous aux étudiants de la Sorbonne Nouvelle ?
Continuer à étudier, à lire, à être curieux, à réfléchir, à chercher, à explorer, à creuser, à s’obstiner, etc….

Type :
Portrait
Contact :
Sous-direction de la Communication

mise à jour le 17 août 2015