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Rencontre avec Myriam Sunnen qui a obtenu de l'Académie française le prix Emile Faguet

le 1 septembre 2010

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L'Académie française vient de décerner le prix Emile Faguet à Myriam Sunnen pour son livre Malraux et le christianisme publié chez Honoré Champion en 2009. Ce livre est tiré de la thèse de littérature française qu'elle avait préparée à  l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 sous la direction de Pierre-Louis Rey.

L'Académie française vient de vous décerner le prix Émile Faguet pour votre livre
Malraux et le christianisme. Que représente ce prix  pour vous ?

Myriam Sunnen : Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai eu un véritable choc, car je n'aurais jamais pensé que j'allais un jour avoir un prix quelconque pour ce livre. Même maintenant j'ai de la peine à comprendre pourquoi le choix de l'Académie s'est porté sur cette étude qui ressemble à tant d'autres thèses publiées. J'ai le sentiment que ce prix ne m'est pas décerné à titre personnel : ma bibliographie est longue, les références et les personnes que je remercie sont nombreuses. Je n'aurais jamais pu écrire un seul chapitre sans m'appuyer sur les excellentes études qui existent. C'est à toute la communauté malrucienne que revient ce prix, et je voudrais profiter de cette occasion pour rendre hommage à tous ceux qui ont consacré des articles, des thèses ou des livres à Malraux.

 
Ce livre est tiré de votre thèse de littérature française préparée à la Sorbonne Nouvelle sous la direction de Pierre-Louis Rey. Quel regard portez-vous a posteriori sur ce travail au sein de notre Université ?

M.S. : Le livre est une thèse remaniée et corrigée sur certains points. Je n'ai pas modifié le plan ni coupé aucun chapitre. Les conclusions auxquelles j'aboutis sont les mêmes dans les deux versions. Si le livre est un peu moins long que la thèse, c'est essentiellement parce que j'ai resserré certains paragraphes et élagué des citations. Il est difficile pour moi de porter un regard objectif sur le fond : je manque de recul. Quelques développements me paraissent un peu naïfs aujourd'hui, d'autres sont superflus ou trop longs. Avant la publication du livre, j'ai passé beaucoup de temps à vérifier, corriger et compléter les références, à revoir mes sources. Ces vérifications étaient pénibles et même aujourd'hui je m'en veux d'avoir laissé certaines erreurs. Je n'ose d'ailleurs plus relire ma thèse : elle se trouve au fond d'une armoire que j'évite d'ouvrir.

Cela n'empêche que je garde un excellent souvenir des années de recherche passées à la Sorbonne Nouvelle. J'étais extrêmement touchée par le fait de pouvoir y enseigner alors même que j'étais arrivée en France en tant qu'étudiante étrangère. Le contact avec les étudiants a été une véritable source de bonheur, et je me suis toujours sentie bien accueillie au sein de l'Université. Je voudrais surtout remercier Pierre-Louis Rey. Sans son soutien bienveillant et ses conseils compétents, j'aurais eu beaucoup de mal à terminer mon travail.

En quoi a-t- il été intéressant de faire une thèse sur Malraux à la Sorbonne Nouvelle ?

M. S. : Si j'avais fait mon D.E.A. ailleurs, j'aurais peut-être choisi un autre sujet : c'est grâce à Christiane Moatti, spécialiste de Malraux, que j'ai arrêté le mien, et je lui en suis très reconnaissante. Elle dirigeait à l'époque le Centre d'études sur Malraux, qui a ensuite été dirigé par Jacques Lecarme, puis par Jeanyves Guérin. L'existence de cette « équipe Malraux » m'a permis de rencontrer d'autres chercheurs, de participer à des colloques. Par ailleurs, grâce à Madame Moatti, j'ai pu faire le premier inventaire d'une partie de la correspondance de Malraux, correspondance qui se trouve actuellement à la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet mais qui avait été entreposée à la Sorbonne Nouvelle au moment où j'y travaillais.

Quels sont vos projets ?

M. S. : Je m'intéresse actuellement au concept d'apparence dans l'œuvre de Malraux et je serais heureuse si ce travail pouvait un jour aboutir à une publication, sous quelque forme que ce soit. J'ai aussi quelques projets d'articles et j'essaie, dans la mesure du possible, de rester en contact avec les autres spécialistes de Malraux, notamment à travers la participation à des ouvrages collectifs, à des séminaires et à des colloques. Mais mon activité professionnelle et mes devoirs de mère me laissent peu de temps et peu de mobilité. N'ayant aucun rattachement universitaire stable dans mon pays, je ne peux malheureusement pas avoir de projets ambitieux dans le domaine de la littérature française. J'ai en revanche été amenée à travailler sur la littérature régionale d'expression française et à m'interroger sur l'enseignement du français en tant que langue seconde. Ces projets vont sûrement m'occuper pendant un certain temps. Je n'oublierai toutefois pas Malraux et j'espère que j'aurai un jour l'occasion de partager mon admiration pour son œuvre avec des élèves ou avec des étudiants.


Type :
Distinction / prix, Portrait

mise à jour le 24 février 2011