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Rencontre avec Jürgen Ritte, lauréat 2013 du prix Eugen Helmlé de la traduction littéraire

le 23 septembre 2013

(c)Sorbonne Nouvelle/Eugenio Prieto
Ma formation universitaire et mon cours professionnel sont quelque peu atypiques et profondément marqués par le "franco-allemand". J'ai fait des études de "germanistique" (études germaniques), de langues et littératures romanes ainsi que de l'histoire de l'art à Cologne (où je suis né), à Clermont-Ferrand et à Paris 4. Le tout entrecoupé de bourses et de séjours prolongés à l'Université Libre de Bruxelles et à Naples. Après la fin de mes études universitaires j'ai travaillé comme critique littéraire à la radio allemande tout en rédigeant ma thèse. Ensuite, j'ai occupé des postes d'assistant dans deux universités allemandes (Cologne et Erlangen-Nuremberg, en Bavière) avant d'être nommé "maître de langue" à l'Ecole Normale Supérieure de la Rue d'Ulm en 1987. J'y suis resté cinq ans avant d'assurer les fonctions de directeur adjoint et de directeur intérimaire de l'antenne parisienne du DAAD (Office allemand d'échanges universitaires), fonctions administratives que j'ai quittées au bout de trois ans pour m'occuper du programme franco-allemand d'édition en sciences sociales auprès de la Maison des Sciences de l'Homme (Paris). Et c'est après ce long périple que je suis arrivé à la Sorbonne Nouvelle, à l'Institut d'Allemand d'Asnières qui, voici un an, a déménagé à Censier. Pendant toutes ces années, j'ai pratiqué la traduction littéraire, je l'ai enseignée et j'ai aussi "milité" pour la traduction et les traducteurs. Je suis membre (et aujourd'hui vice-président) des Assises de la Traduction Littéraire à Arles (ATLAS), une association qui gère le Collège International des Traducteurs Littéraires à Arles.
 
  • Quels sont vos objets de recherche
La traduction, bien sûr, l'histoire de la traduction littéraire et des traducteurs qui sont des acteurs des transferts culturels. Mais je m'intéresse aussi aux rapports entre littérature, mémoire et histoire dans l'Allemagne d'après 1945 (c'était l'objet de mon HDR à Paris 3), aux relations culturelles entre la France et l'Allemagne (XIXe et XXe siècles), à la littérature "ludique" ou expérimentale du type oulipien (un de mes domaines de traduction) et, chose peut-être un peu surprenante pour un germaniste, aux recherches proustiennes.
 
  •  Vous venez de recevoir le prix  Eugen Helmlé  en quoi consiste ce prix et et que représente-t-il pour vous ?
C'est un des prix les plus prestigieux dans le domaine de la traduction littéraire - et un prix bien doté... Son "patron", celui qui lui a donné son nom, Eugen Helmlé, décédé en 2000, a été un des plus grands traducteurs dans l'Allemagne d'après-guerre. Il s'est notamment distingué en s'attaquant à des textes réputés difficiles, voire intraduisibles comme, par exemple, les "Exercices de style" de Raymond Queneau ou encore "La disparition" de Georges Perec, un roman sans une seule occurrence de la lettre "e" sur 300 pages (et en respectant cette contrainte dans sa traduction)! C'est donc un prix qui distingue avant tout des traducteurs français (de l'allemand) et des traducteurs allemands (du français) qui s'intéressent à toutes les formes de la modernité littéraire.
 
  •  Avez-vous un conseil à donner à nos étudiants ?
D'une façon générale (et mis à part les conseils pratiques et toujours individualisés) je leur dis de ne pas se laisser intimider ou décourager ni par les statistiques de l'emploi ni par une mauvaise note (cela arrive aussi aux meilleurs!). Il faut être convaincu de son choix, aimer ce qu'on fait, faire une partie de ses études à l'étranger, partir à la découverte - et ça marchera...
Type :
Portrait

mise à jour le 23 mars 2015