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Rencontre avec Claire Galbourdin, diplomée en études cinématographiques

le 8 mars 2017

Après son master recherche d'études cinématographiques, Claire Galbourdin a passé deux ans en Australie où elle a réalisé un documentaire télévisé sur les européens qui ont croisé sa route pendant ce séjour. Cette année, dans le cadre du programme Fullbright, elle enseigne un cours de conversation sur les films dans une université américaine. Découvrez son parcours passionnant !

ClaireGalbourdin©Katie Kresha.jpg
Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Claire Galbourdin, ancienne étudiante de la Sorbonne Nouvelle, diplômée d’un master de recherche en études cinématographiques. En parallèle à la fac, j’ai fait un stage dans une société de production et cela m’a beaucoup plu. C’était très addictif de suivre le processus de création d’un film du scénario à la sortie salles. Puis, le mémoire de recherche sur lequel j’ai travaillé à Paris 3 m’a emmené vers une destination que je n’attendais pas : l’Australie. J’ai découvert ce film incroyable Picnic at Hanging Rock, de Peter Weir qui m’a fait tomber amoureuse du cinéma australien. J’ai décidé de lui consacrer mon mémoire et j’ai commencé à me faire un réseau australien en France. Par le biais d’un festival, j’ai ainsi rencontré une productrice qui m’a proposé de venir en stage dans sa société de production à Sydney. Comme j’avais très envie de prendre le large une fois mon diplôme en poche, j’ai sauté sur l’occasion. Quelques jours après ma soutenance, j’étais dans l’avion pour Sydney, avec comme porte d’entrée, le visa vacances travail qui pendant un an me permettait de travailler et voyager dans le pays. Je partais pour six mois et je suis finalement restée presque deux ans, en trouvant un équilibre entre boulots alimentaires et boulots dans l’audiovisuel. Mon séjour a été un tourbillon d’aventures et de rencontres inoubliables, un vrai tournant dans ma vie !

Votre documentaire "Working Holiday – Le rêve australien conté" est actuellement diffusé sur TF1 xtra. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la genèse de ce film ?

Quand je suis partie en Australie, j’avais en tête de travailler dans le domaine de la production mais jamais je n’avais prévu de faire de film. Puis il y a eu toutes ces rencontres avec d’autres européens venus en Australie des rêves plein la tête et qui se retrouvaient dans des situations professionnelles parfois insolites.

Quand j’ai parlé à la productrice qui m’embauchait de mon envie de faire un documentaire sur ces histoires, elle m’a dit : « Go for it ! ». Elle m’a prêté sa caméra et je suis allée filmer les gens qui sont devenus mes amis pendant mon séjour. Rapidement, j’ai senti le besoin de m’inclure dans le projet car moi-même j’expérimentais aussi l’Australie avec le visa vacances travail. J’ai fait plein de boulots différents : j’ai été fille au pair, j’ai travaillé dans une boulangerie et un sex-shop, j’ai fait du woofing dans une ferme, j’ai donné des cours de français, j’ai fait du porte à porte pour une entreprise de charité... J’avais aussi des galères de logement, des moments de mal du pays, ... Bref, c’était un véritable ascenseur émotionnel que j’ai essayé de canaliser dans le film. La productrice me finançait tout en me laissant champ libre. C’était complètement exaltant d’avoir toute cette liberté créatrice et en même temps, parfois pesant car je ne savais pas vraiment où j’allais. De retour en France, je me suis attaquée au montage que j’ai finalisé avec l’aide d’une monteuse. Au final, le documentaire est un mélange de reportage et de journal intime et je suis contente d’être allée vers un film assez personnel. Pendant le montage, je correspondais avec le documentariste Alain Cavalier dont les mots ont été le meilleur encouragement pour mener mon projet à son terme.

Quels sont vos projets ?

Le retour d'Australie a été une traversée du désert du point de vue professionnel. Je travaillais sur le montage du documentaire tout en cherchant des boulots en production. Après plusieurs entretiens qui n’ont pas débouché, l’envie de retourner vivre à l’étranger s’est de nouveau imposée. En faisant des recherches sur Internet, je suis tombée sur le programme Fulbright qui permet d’aller enseigner le français et de promouvoir la culture française dans une université américaine. J’ai postulé au programme, travaillé dans une boutique de vêtements pour financer la postproduction de mon documentaire et j’ai finalement obtenu une réponse positive de Fulbright. Depuis août, je suis donc professeur de français dans le Nebraska, un état du Midwest qui pour moi était juste le titre d’un film d’Alexander Payne. J’enseigne un cours de conversation sur les films et c’est une expérience passionnante ! L’avantage du programme est qu’il laisse la possibilité de voyager, qu’il permet de rencontrer des gens du monde entier et permet de suivre deux cours en tant qu’étudiant. En parallèle à ma classe de conversation, je viens donc de commencer un cours d’écriture de récit de voyage et un cours de scénario. Ecrire un scénario de long métrage en anglais est mon prochain défi et aussi transmettre ma passion du cinéma à mes étudiants américains !

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants de la Sorbonne Nouvelle ?

Ce n’est pas facile de se faire une place dans l’industrie du cinéma et je le savais pertinemment en m’engageant dans cette voie. En revanche, ce que je ne savais pas, c’est que ma passion m’emmènerait vers autant d’expériences et de destinations inattendues. Je dirais qu’il ne faut pas lâcher ses rêves et rester ouvert aux détours et aux chemins de traverse. Il faut aussi parfois mieux suivre ses intuitions et mettre la raison de côté.

Dans ce milieu, les rencontres sont aussi déterminantes. Il faut rencontrer le plus de gens possibles et élargir ses frontières. Je n’ai trouvé aucun boulot en envoyant un CV. C’est en discutant avec des inconnus, en envoyant des emails, en participant à des festivals que les opportunités se sont présentées.

Quand je fais le bilan de mon parcours, il n’est pas linéaire et les meilleurs moments jusqu’à présent sont tout ceux que je n’avais pas prévus : Si un jour on m’avait dit que je réaliserai un documentaire en Australie ou que j'enseignerai le français dans le Nebraska, je ne l’aurais jamais cru.

Crédit photographique : Katie Kresha

Type :
Portrait
Contact :
Sous-direction de la Communication

mise à jour le 9 mars 2017