Nos publications les plus récentes




Polémiques en chanson: IVe-XVIe siècles
sous la direction de Luce Albert et de Mickaël Ribreau
Presses universitaires de Rennes, 2022 

Site de l'éditeur

Si la musique est proverbialement supposée adoucir les moeurs, cet ouvrage vise au contraire à étudier la chanson dans sa dimension polémique, telle une arme au service d'une cause à défendre et d'un ennemi à pourfendre. En effet, la chanson est depuis toujours liée à la vie de la cité. Elle épouse les remous de la vie sociale et des controverses qui l'agitent, qu'elles soient religieuses ou politiques. C'est dans cette oscillation permanente du sacré au profane, du religieux au laïque, que seront interrogées ces chansons sous toutes leurs formes : hymnes, psaumes, chansons spirituelles ou antihérétiques, chansons de propagande, chansons populaires, diffamatoires, xénophobes, etc., dans une perspective diachronique qui s'étendra du vie au XVIe siècle, en associant historiens, musicologues et spécialistes des littératures antique, médiévale et moderne.


L'Ethos de rupture - De Diogène à Donald Trump
sous la direction de Charles Guérin, Jean-Marc Leblanc, Jordi Pia Comella, Guillaume Soulez
Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2022

Le comptoir des presses d'université

De nombreuses femmes et hommes politiques en Occident cultivent un style pensé pour heurter les conventions et manifester une forme de nouveauté. Ils fondent leur popularité sur des comportements qui valent avant tout parce qu'ils prétendent rompre avec l'habitus politique commun (Donald Trump, P. Iglesias Turrión, Vox et, de manière plus ambivalente que ne le faisait son propre père, Marine Le Pen). Dans les slogans comme dans les attitudes, c'est bien l’idée de rupture – avec le passé, avec les conventions, avec le « système » – que mettent en avant, comme un argument politique en actes, ces différents acteurs.
Ce livre se propose d’étudier cette construction de la rupture comportementale dans une perspective diachronique, de l’Antiquité à nos jours, en la mettant en relation avec le concept aristotélicien et post-aristotélicien d’ethos tel qu’il est reçu dans la tradition rhétorique, la tradition linguistique, ou celle de l’analyse du discours. L’enjeu est à la fois de situer historiquement cette prétention à la rupture comportementale dans le temps long et d’en analyser les ressorts précis sur des cas d’étude sélectionnés. Un locuteur peut-il projeter une image de soi déchiffrable et efficace en l’absence de tout précédent, en se coupant de toutes les représentations et règles censées modeler sa présentation de soi? Dans quelle mesure l’ethos de rupture subvertit-il les normes et modèles rhétoriques? En bousculant les attentes de l’auditoire, cet ethos de rupture est-il voué à l’échec ou est-il le gage du changement et du renouveau?


Faire long. L'amplification médiévale

sous la direction de Catherine Croizy-Naquet et de Michelle Szkilnik
Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2021

Site de l'éditeur (avec sommaire)

L’amplification médiévale, qui irrigue en profondeur la poétique des textes, est généralement entendue en son sens de « faire long », d’ « allonger ». Mais l’amplification s’envisage également, en contrepoint et en complémentarité – d’après sa définition latine de « rehausser, élever le propos » – dans sa faculté de resserrement qui, privilégiant la brevitas au lieu de la copia, provoque le surgissement du sens dans sa force brute. Les différentes figures qui la constituent fournissent au récit des protocoles descriptifs, des canevas narratifs, des partitions lyriques, qui sont un mode d’exploration du monde et des savoirs et une entrée progressive dans l’intime des sociétés. Les articles réunis dans ce volume examinent, à l’épreuve de textes de genres et de registres, de périodes et de milieux différents, la gamme inventive des pratiques. Celles-ci témoignent de l’extraordinaire effervescence créative et intertextuelle de la littérature médiévale, dont l’amplification est assurément l’essence et « l’âme ».

mise à jour le 9 juin 2022