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Publications du CERAM

Théâtre et révélation. Donner à voir et à entendre au Moyen Âge
Homme à Jean-Pierre Bordier

Études réunies par Catherine Croizy-Naquet, Stéphanie Le Briz-Orgeur et Jean-René Valette

Nouvelle Bibliothèque du Moyen Âge, 21
Paris, Honoré Champion, 2017

Spécialiste des Passions dramatiques d’expression française jouées tout au long du second Moyen Âge, Jean-Pierre Bordier s’est plus largement intéressé aux formes théâtrales cultivées en Europe durant les Xe-XVIe siècles. Pour donner à lire ces jeux par personnages bien plus divers que ne le laisserait attendre leur commune imprégnation de la doctrine chrétienne, Jean-Pierre Bordier s’est fait tour à tour philologue, linguiste, anthropologue, littéraire, historien. Et à ces approches diverses d’un même champ d’étude, il a joint une constante et fructueuse ouverture à d’autres registres d’expression (récits courtois, littérature hagiographique, poésie satirique, écriture allégorique…).
Cette variété éclairante se retrouve dans l’hommage que lui rendent ici une trentaine d’anciens élèves, collègues et amis. Le théâtre des XIIe-XVIIe siècles a la part belle mais non l’exclusivité. Aux contributions centrées sur le théâtre proprement dit, s’ajoutent en effet celles qui, autour de la notion de théâtralité, s’intéressent à la présence d’une « qualité théâtrale » dans des textes variés. Sans rompre totalement avec un apparentement au théâtre, un troisième volet explore d’autres voies de la révélation, privilégiant la « littérarité » comme signe et manifestation du sens.

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Rencontres du vers et de la prose : Conscience poétique et mise en texte
Catherine Croizy-Naquet, Michelle Szkilnik (dir.)
Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2017

Le choix du vers et/ou de la prose suppose une réflexion préalable sur l’expérience des formes. Qu’elle s’observe dans l’entreprise de traduction ou bien, au sein d’une même langue, dans l’alliage ou le passage d’une forme à une autre, cette conscience poétique appelle un examen des contraintes linguistiques et des modes littéraires qui la nourrissent. Portant sur des œuvres diverses par l’origine géographique, le contenu ou le mode de performance, les contributions réunies ici mettent en relief les obstacles auxquels se heurtent les auteurs ou les libertés qu’ils s’arrogent et les motivations éthiques ou esthétiques qui les gouvernent. En clôture de l’ouvrage, la voix inspirée des poètes nous transporte quant à elle de l’autre côté du miroir dans les arcanes de la création, où se dévoilent les pouvoirs du vers et de la prose. Cet ensemble de communications permet ainsi, par son empan spatial et temporel, d’esquisser une cartographie des pratiques, voire une carte de l’imaginaire de la langue en Europe, qui est une autre manière de penser la littérature.

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Une femme et la guerre à la fin du Moyen Âge

Le Livre des faits d'armes et de chevalerie de Christine de Pizan.

Études réunies par D. Demartini, C. Le Ninan, A. Paupert et M. Szkilnik
Etudes christiniennes, 16
Paris, Champion, 2016

En 1410, alors que la France est en proie à la guerre civile et étrangère, Christine de Pizan, « simple femmelette », écrit un traité militaire pour instruire les princes de son temps. Quelle légitimité a-t-elle pour se lancer dans cette entreprise et quel enseignement souhaite-t-elle prodiguer aux dirigeants et hommes de guerre de son époque ? Telles sont les questions au point de départ de ce recueil sur le Livre des faits d’armes et de chevalerie.
Tradition manuscrite, dimension politique du traité, procédés de compilation et de création, réception de l’œuvre sont les quatre axes selon lesquels les articles ici réunis étudient ce traité quasiment ignoré de la critique, faute sans doute d’une édition du texte, malgré le large succès qu’il a rencontré tout au long du XVe siècle et au-delà, en France et hors de France.

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Le Moyen Français 76-77/2015
"Plus agreable a lire en prose que en rime?" Vers et prose en moyen français
Catherine Croizy-Naquet, Michelle Szkilnik (dir.)
Brepols, 2016

Table des matières:
 - Introduction : Catherine Croizy-Naquet, Michelle Szkilnik
- Adrian Armstrong : Half dicht, half prose gheordineert. Vers et prose de moyen français en moyen néerlandais
- Annie Combes : L’athanor de la prose (l’atelier de Jean de Wavrin)
- Noémie Chardonnens : Mémoire de la prose, destin du vers. Les lais du Perceforest du XVe au XVIe siècle
- Dominique Demartini : Des or est mout changiez li vers. Fictions du vers et de la prose dans Le Livre du duc des vrais amants de Christine de Pizan
- Catherine M. Jones : Zones de contact entre vers et prose dans la Chronique de Philippe de Vigneulles
- Sarah Kay : Chant et désenchantement dans le Bestiaire d’Amours de Richard de Fournival
- Amandine Mussou : A l’instance d’un autre, fait en rime nagueres. Fiction et commentaire chez Évrart de Conty, des Eschés amoureux en vers au Livre des eschez amoureux moralisés en prose
- Stéphanie Le Briz, Géraldine Veysseyre : Dérimer la lettre bilingue de Grâce de Dieu (Guillaume de Digulleville, Le Pèlerinage de l’âme, vers 1593 à 1784). Jean Galopes et ses mises en prose française et latine d’un morceau de bravoure
- Barbara Wahlen - « Transporter de rime en prose ». L’exemple de Floriant et Florete.


Rencontres du vers et de la prose : pensée théorique et mise en page

Actes du colloque des 12-13 décembre 2013,
Catherine Croizy-Naquet, Michelle Szkilnik, Turnhout, Brepols, 2016.

Embrassant toutes les strates du langage, de sa production à sa réception, les formes vers et prose sont dans une tension constante et évolutive, et invitent à s’interroger sur ce qui les sépare et les réunit, d’un point de vue parfois strictement linguistique, parfois plus largement rythmique, générique ou idéologique. Aussi travaillée soit-elle, la question des formes et des usages résiste toutefois à une théorisation générale, en raison de l’ampleur du phénomène et des présupposés culturels qu’elle engage. L’aborder sous l’angle de la rencontre, « rencontre » en son sens premier de « confl it », mais aussi en celui de « cohabitation, dialogue, échange », est une manière de contourner la diffi culté. Ces rencontres, au pluriel donc, se produisent en effet dans divers lieux textuels, et à divers moments, du Moyen Âge à la Renaissance, dans une longue période où se dessinent et se formulent en langue française les expériences et les réfl exions et où se dévoilent des imaginaires singuliers. Elles s’éclairent en outre à la lumière des pratiques enregistrées dans les langues voisines. La diversité et la complexité des formules révèlent que le jeu des formes est au coeur de l’identité des langues et de l’image mentale qu’elles renvoient.



Faire court. L’esthétique de la brièveté dans la littérature du Moyen Age
Catherine Croizy-Naquet, Laurence Harf-Lancner, Michelle Szkilnik (éds), PSN, 2013.

Les hommes du Moyen Âge ont eu la passion des sommes encyclopédiques dans lesquelles ils espéraient réunir l’ensemble des connaissances humaines. Mais paradoxalement ils ont aussi eu le souci de la brièveté. Partagés entre le désir de dire tout ce qu’il leur fallait dire et celui de bien dire dans un exposé ramassé et synthétique, les écrivains ont trouvé un équilibre entre les deux pôles de l’amplification et de la brièveté en faisant jouer ensemble les notions plutôt qu’en les opposant. C’est à cette tension, à la manière dont les auteurs du Moyen Âge l’ont appréhendée, dépassée et utilisée à leurs propres fins que ce recueil d’articles est consacré. Analysée sous différents aspects, rhétoriques, esthétiques ou philosophiques, la notion de brièveté engage une réflexion sur l’efficacité du discours, sur le temps, sur la mémoire, sur l’inconscient individuel et collectif.
The men of the Middle Ages enjoyed encyclopaedic surveys in which they hoped to bring together all human knowledge. But paradoxically, they also saw the importance of brevity. Split between the desire to say everything and to speak well, presenting an overall view in a condensed form, medieval writers found a balance between the two poles of amplification and brevity while bringing together notions rather than opposing them. It is this tension, and the way that the medieval writers apprehended, transmitted and used it to their own ends, that becomes the focal point for this collection of articles. Analysed according to different aspects, rhetoric, aesthetics and philosophies, the notion of brevity calls for a reflection on the efficiency of discourse, on time, on memory and on the individual and collective unconscious.
Éditeur Presses Sorbonne Nouvelle - ISBN 978-2-87854-549-4
15 x 21, 360 pages, 2011, 26 €

Des saints et des rois – L’hagiographie au service de l’histoire
Michelle Szkilnik, Françoise Laurent et Laurence Mathey
Paris, Champion, 2014.

Depuis les années soixante-dix, la littérature hagiographique de l’Antiquité tardive et médiévale suscite un intérêt croissant et tend
à être réhabilitée. Loin d’être rejetée du côté de la légende, elle se définit par sa relation avec la forme historiographique et entretient des affinités profondes avec l’Histoire, avec laquelle elle a pu être confondue. Tracer une frontière entre vita et historia relève souvent de la gageure car au Moyen Âge, la plume de l’hagiographe rejoint celle de l’historiographe, tandis que l’historien emprunte volontiers au discours hagiographique sa matière et son écriture. En effet, le genre hagiographique n’est-il pas, à l’origine, une sorte d’historiographie spirituelle ? Le discours sur les saints ne représente-t-il pas l’expression la plus usuelle d’une certaine historiographie ? En outre, la conception providentialiste d’une Histoire placée entre les mains de Dieu ne favorise-t-elle pas la convergence de l’écriture de l’histoire avec l’hagiographie ? Les études ici réunies s’emploient à répondre à ces questions en montrant dans quelles circonstances et selon quelles modalités se réalise l’alliance entre les deux formes de discours, hagiographique et historiographique, autour de deux grands axes de réflexion : les enjeux politiques de l’hagiographie d’une part, la relation entre figures de saints et figures de rois d’autre part.



(Re-)commencer
Journée doctorale organisée par Magali Cheynet et Aurélie Houdebert (ED 120) le 20 avril 2013

Avec ce thème conçu comme un prolongement de la réflexion sur les “Seuils de l'oeuvre dans la littérature médiévale” menée par l’équipe du CEMA, nous interrogerons les notions de début, de genèse, mais aussi de frontière et de limite. Le livre manuscrit peut offrir une succession de débuts, marqués par la mise en page ou l’aménagement de signaux textuels. Un recueil, une compilation ou un manuscrit cyclique développent leurs stratégies d’intégration ou de séparation des œuvres, au cœur de la continuité textuelle et thématique. Comment la linéarité narrative s’accommode-t-elle de cette série de commencements ?

Dans une littérature où la naissance de l’œuvre ne s’effectue jamais ex nihilo, écrire c’est aussi réécrire. Le début d’une réécriture est un nouveau départ, le commencement un recommencement. La reprise est-elle dissimulée ou exposée ? La réitération n’est jamais une répétition, mais s’expose comme un renouveau ou tente de se faire passer pour une restauration. Les frontières initiales peuvent être déplacées : quel moment de la diégèse choisit-on pour ouvrir la reprise d’un récit, pour démarrer une chronique ?

On s’intéressera aussi à la façon dont la littérature médiévale exploite ce thème du commencement et du recommencement, dans une perspective narratologique ou selon des critères génériques en pleine élaboration : le roman arthurien, les vies de saints, le recueil poétique, l’historiographie, le théâtre interrogent tous cette notion essentielle de la littérature médiévale, emblématique du double mouvement de duplication et de renouvellement qui la caractérise.
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Mémoire du Moyen Âge dans la poésie contemporaine
KOBLE Nathalie, MUSSOU Amandine et SÉGUY Mireille (dir.)

Ce livre, suivant la proposition d’Apollinaire, « prend au sérieux les fantômes » : il explore un phénomène insistant de « revenance » - celui de la référence médiévale, qui occupe une place importante dans la poésie contemporaine. Cette place, affichée, est loin d’être circonscrite : la mémoire du Moyen Âge traverse aujourd’hui des œuvres relevant d’univers poétiques multiples. Très présente dans la poésie de langue française, elle est sans frontière : on la retrouve dans la plupart des langues européennes ainsi que sur le continent américain. Souvent convoquée par des œuvres perçues comme expérimentales, elle peut être paradoxale, nous obligeant à penser cette apparente contradiction : l’invention contemporaine et la résurgence médiévale comme procédant d’un même geste - anachronique, inventif et prospectif.

C’est ce geste que ce volume voudrait restituer, en saisissant les lignes de force de la rencontre du texte poétique et du matériau médiéval. Particulièrement accueillante au fonctionnement de la mémoire, l’expérience poétique ne délivre pas le passé « tel qu’en lui-même » : le présent du poème le recompose par bribes et le fait exister autrement.

Pour mettre au jour la nature de cette invention poétique et la spécificité de la référence médiévale qui s’y joue, le parcours proposé fait dialoguer les vivants et les morts, mêle les voix, critiques et poétiques, et recueille des poèmes inédits, du Moyen Âge et d’aujourd’hui.

Editions Hermann, ISBN 9782705684466
460 pages – 170 x 240 mm
Parution : 11 Juillet 2014
34 euros

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Quand l'image relit le texte. Regards croisés sur les manuscrits médiévaux
Sandrine Hériché-Pradeau et Maud Pérez-Simon (éds)

Le texte et l’image, qu’ils aient été pensés ensemble ou séparément, coexistent souvent dans les manuscrits médiévaux. Ce recueil, qui réunit 19 contributions d’historiens de l’art ou de spécialistes de la littérature et de l’iconographie médiévales, a pour vocation d’envisager les cas où l'image semble s'opposer au texte, le contredire, en compromettre le sens au point d'en faire naître une nouvelle lecture.
 
Il propose une réflexion sur la question, particulièrement sensible au Moyen Âge, de la réception de l'Antiquité, avant d’offrir une approche plus large de l'image comme indice d’une démonstration – qu'elle soit théologique, intellectuelle, politique –, qui suppose le déploiement de modes d’expression proprement rhétoriques, en accord avec le texte ou s'y opposant. Au-delà des cas particuliers étudiés, dont celui des images pédagogiques, on interrogera pour finir la notion problématique des « erreurs » chez les enlumineurs.
 
Dans le corpus analysé comme dans les méthodes privilégiées, la perspective textuelle et l’analyse iconographique sont ici inséparables l’une de l’autre, grâce à un travail précis sur la tradition écrite et sur la matérialité des manuscrits.

Éditeur Presses Sorbonne Nouvelle - ISBN 978-2-87854-580-7
15 x 21, 392 pages, 2013, 32 €




mise à jour le 18 mai 2019