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Diplômés, UFR Arts et Médias

Portrait de Vincent Vizioz

le 29 janvier 2019

Rencontre avec Vincent Vizioz, diplômé d'une Maîtrise en Cinéma, et maintenant réalisateur et scénariste !

Photo de Vincent Vizioz
  • Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis venu à Paris pour intégrer la filière « cinéma et audiovisuel » de la Sorbonne Nouvelle. J’avais obtenu un DEUG de lettres à Grenoble, ma ville d’origine, et j’ai donc été soumis à un grand concours destiné aux étudiants « de l’extérieur » : une épreuve d’analyse de film dans un premier temps, suivie d’un entretien avec deux professeurs du département. J’ai été retenu, et ce fût l’un des premiers grands chambardements de ma vie, la montée à Paris associée à un désir qui se précise vers le cinéma. Si j’avais échoué, je serais resté à Grenoble je pense, au moins cette année-là. Paradoxalement, ce grand saut m’a donné le goût de l’aventure et dès l’année suivante j’ai cassé un peu la trajectoire en partant, dans le cadre de la Sorbonne Nouvelle et d’Erasmus, pour intégrer un programme culturel à l’université d’Amsterdam. C’était un voyage passionnant et façonnant, mais purement initiatique puisque je n’en ai pas ramené de diplôme pertinent avec la suite de mon parcours : je devais à présent écrire un mémoire de maîtrise sur un sujet de cinéma, et c’est à Censier que ça devait se passer. Ce que je fis donc. Une fois ce diplôme en poche, et après avoir échoué une fois aux grandes écoles de cinéma (la Femis de très loin, et l’Insas de très peu), je me suis retrouvé progressivement entraîné dans le monde de la fabrication des films : stagiaire sur quelques tournages, puis assistant, à la régie, à la réalisation, à la production, au montage… Courts et longs métrages, cette réalité m’a coupé l’envie de retenter les concours pour refaire quatre nouvelles années d’études. Je voulais rester où j’étais, sur le terrain.

Mais comme la vie n’est jamais droite, à un moment donné je me suis de nouveau écarté de cette voie. Le désir de réaliser des films, et le sentiment que je n’étais pas assez mûr pour cela, ont fait que j’ai arrêté net de travailler sur des tournages pour ne pas prendre le risque de suivre un autre métier lié à la fabrication des films. Le maintien du désir devait passer par une certaine précarité, éloignée au maximum du cinéma. J’ai alors passé les années suivantes à exercer plusieurs métiers, matelot, chauffeur, gardien de nuit, ouvrier forestier, bûcheron, élagueur… Et fatalement, même si c’est un peu facile à affirmer à postériori, je me suis mis à réaliser des films dans cette période-là. Ouvrier-réalisateur. Ce n’était pas toujours facile de faire le grand écart, mais l’énergie et l’équilibre trouvés étaient réels.

Mon troisième court-métrage, Tremblay-en-France, a effectivement reçu le grand prix à Clermont-Ferrand en 2011. L’année précédente, à peine le film achevé – c’était, de loin, mon plus ambitieux -, j’avais décidé de changer de dynamique. J’ai démissionné de mon travail d’élagueur après cinq ans de loyaux services, pour partir de nouveau, cette fois vivre à Berlin. C’est dans ce contexte, un peu à l’écart de l’agitation cinématographique, que j’ai reçu ce prix.  
Ce serait mentir de dire que la reconnaissance n’a pas d’impact sur la confiance et l’ambition.

Même si j’avais déjà pris la décision d’écrire un long métrage, ce grand prix m’a donné une impulsion supplémentaire, primordiale pour garder la foi et le moral dans la durée, tant le chemin de l’écriture et de la recherche de financements est lent et laborieux.

Mais je ne désespère pas de tourner ce film bientôt : il ne me reste quasiment plus qu’à le réécrire une dernière fois et à trouver un peu d’argent ! 

  • En quoi votre formation vous a aidé ?

La Sorbonne Nouvelle a été une étape décisive dans mon parcours vers la réalisation de films, même s’il a été  sinueux. Sans cette candidature acceptée et les trois années que j’y ai passé, l’histoire n’aurait pas été la même. J’y ai aussi fait quelques rencontres importantes pour la suite, parmi lesquelles mon meilleur ami, réalisateur, et qui aujourd’hui enseigne le cinéma à… la Sorbonne Nouvelle.

  • Avez-vous un conseil à donner aux étudiants de la Sorbonne Nouvelle ?

Je ne peux offrir de conseil de vieux sage qu’au regard de ma propre expérience, et ce serait ceci : si vous avez un projet cinématographique en tête, il n’adviendra pas en un claquement de doigt. Il faudra donc être endurant avant tout, et pour cela accepter de prendre du champ, de faire parfois tout autre chose pour mieux y revenir. En d’autres termes, ménagez votre monture !


Type :
Portrait
Contact :
Frida Fofana - aide au développement du réseau Alumni en Service Civique

mise à jour le 29 janvier 2019