PRISMES - EA 4398 >> PRISMES - EA 4398 >> TRACT >> Activités scientifiques TRACT

Podcast Audio Tract

Fiction/Non-fiction: que dit la traduction?

Jakuta Alikavazovic: Considérations sur le homard: traduire la non-fiction de David Foster Wallace

Romancier et nouvelliste majeur de la fin du 20e et du début du 21e siècle, connu pour son roman-monde L'infinie comédie, l'Américain David Foster Wallace est aussi l'auteur de nombreux reportages, articles et long-reads publiés dans la presse américaine et réunis dans divers recueils sortis avant et après sa mort en 2008. Parmi eux, Considérations sur le homard, publié aux éditions de L’Olivier (2018 et 2020), démontre avec éclat tout ce que son style et sa verve ont apporté à la non-fiction américaine : diversité des sujets explorés — de la pornographie au festival du homard du Maine en passant par les campagnes électorales, la rédaction des dictionnaires, les talk-shows conservateurs, le tennis, Kafka ou le 11-septembre —, observation minutieuse, exhaustivité documentaire, précision lexicographique, humour et autodérision, prose virtuose.

 


La romancière et traductrice Jakuta Alikavazovic revient avec nous sur sa rencontre de lectrice avec l’œuvre de Wallace, sur les origines de ce projet éditorial et sa traduction de ces articles — entre le plaisir de plonger dans une pensée complexe et les difficultés à ressortir de ce texte qui se dévore lui-même. Elle évoque aussi son propre travail de romancière, son approche de la fiction et de la non-fiction et ses chroniques pour le quotidien Libération
 


Pour explorer la prose labyrinthique de Wallace et saisir ce qu’il fait subir à une forme théoriquement courte, nous avons été épaulés dans cet épisode par Sigolène Vivier, professeure agrégée à Sorbonne Université et spécialiste de la nouvelle contemporaine américaine et des recueils de David Foster Wallace.

Entretien réalisé par Charles BONNOT et Clíona Ní RÍORDÁIN
Réalisation et montage: Charly COMINO
Mise en ligne: avril 2021

Ivan Jablonka: L'histoire créative

Historien, professeur à l’Université Sorbonne Paris Nord, et écrivain, Ivan Jablonka est notamment l'auteur de Laetitia ou la fin des hommes, prix littéraire du Monde et prix Médicis 2016. Dans la lignée de son manifeste, L’histoire est une littérature contemporaine, il travaille à réconcilier la méthode de l'historien et le le plaisir du texte auquel aspire l'écrivain. Depuis Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus à Un garçon comme vous et moi, en passant par En camping-car ou Des hommes justes, d'enquêtes historiques en socio-histoire de son enfance, il poursuit l'exploration d'une certaine hybridité générique, sans renoncer à la rigueur scientifique.
 


Comment réconcilier sciences sociales et littérature, comment se situer par rapport à son objet de recherche, comment proposer une autre façon de parler de soi-même autobiographiquement, comment s’opère la traduction d’une telle entreprise - les livres d’Ivan Jablonka étant traduits dans dix-sept langues - voilà autant de question posées dans cet épisode.
 





 
Témoignage de Nathan Bracher [PDF - 225 Ko], traducteur américain de L'histoire est une littérature contemporaine (pdf).

Entretien réalisé par Charles BONNOT et Clíona Ní RÍORDÁIN
Réalisation et montage: Charly COMINO
Mise en ligne: mars 2021

Julien Bisson: America ou "l'Amérique comme vous ne l'avez jamais lue"

Dans cet épisode nous revenons sur les quatre années d’America, le trimestriel qui a vu le jour en 2017 à la suite l’élection de Donald Trump et dont le seizième et dernier numéro est sorti en janvier 2021 au moment où le Président quittait la Maison Blanche dans le bruit et la fureur. Pour revenir sur cette publication à mi-chemin entre magazine et livre dont les tranches colorées ont construit d’ouest en est une carte des Etats-Unis, nous avons reçu son rédacteur en chef, Julien Bisson.

« L’Amérique comme vous ne l’avez jamais lue » promettait chaque numéro en couverture, proposant 200 pages de reportages, entretiens, nouvelles et dossiers thématiques autour de la littérature et des auteurs américains classiques comme contemporains. On y trouvait aussi des romancières et romanciers français et des correspondants de presse offrant des articles au long cours. Un pari à l’heure de la crise de la presse écrite, une forme de résistance face au trumpisme ou le rêve d’une littérature capable de radiographier une société fracturée, c’est en tout cas un projet où fiction et non-fiction, traduites ou non, n’ont cessé de s’entremêler et c’est pour ces toutes ces raisons que nous avons eu envie d’en parler.
 


Entretien réalisé par Charles BONNOT et Clíona Ní RÍORDÁIN
Réalisation et montage: Charly COMINO
Mise en ligne: février 2021

Agnès Desarthe & Valérie Zenatti: Comment j’ai appris à lire, Dans le faisceau des vivants : quand la non-fiction interroge la traduction (de la fiction)

Romancières, autrices jeunesses et traductrices – l’une de l’hébreu, l’autre de l’anglais – Valérie Zenatti et Agnès Desarthe ont chacune exploré avec talent les champs de la fiction et de la traduction. Elles sont aussi autrices d’ouvrages de non-fiction, deux essais autobiographiques dans lesquels elles reviennent sur leur parcours, leur rapport au roman et les liens, parfois distendus, que celui-ci entretient avec le monde.

En s’interrogeant sur son passé de lectrice contrariée dans Comment j’ai appris à lire, Agnès Desarthe construit une introspection grave et pourtant pleine d’humour de son parcours scolaire et universitaire au terme duquel la traduction s’est offerte comme une étape majeure de sa réconciliation avec la lecture. Valérie Zenatti, quant à elle, a pris la plume après la mort de Aharon Appelfeld, grand écrivain israélien dont elle était la traductrice et l’amie proche, pour écrire ce qui est devenu Dans le faisceau des vivants. L’écriture du deuil la conduit dans les méandres de leurs souvenirs ainsi qu’à Czernowitz, en Ukraine, ville natale de Aharon Appelfeld et cadre d’une grande partie de son œuvre.
 

Cet entretien croisé nous a permis d’échanger sur ces différentes formes d’écriture, sur les liens qui unissent les traducteurs et « leurs » auteurs (Aharon Appelfeld pour l’une, Virginia Woolf, Cynthia Ozick ou encore Alice Munro pour l’autre) et sur la façon dont le récit autobiographique leur a permis cette prise de parole, entre fiction et non-fiction.
 


Entretien réalisé par Charles BONNOT et Clíona Ní RÍORDÁIN
Réalisation et montage: Charly COMINO
Mise en ligne: février 2021

Alexandre Gefen: La non-fiction, essai de cartographie

S’interroger sur la place de la traduction dans la circulation et la réception la non-fiction, c’est d’abord se heurter à la difficile définition de ce genre foisonnant avant d’essayer de comprendre la place qu’occupe le traducteur au moment de faire passer d’une langue à l’autre et d’une tradition littéraire à l’autre ces textes souvent hybrides, tant sur le plan générique que discursif. Afin de mieux cerner les enjeux et les postulats de cette production éditoriale, fort différents selon les aires linguistiques, nous avons voulu interroger Alexandre Gefen, lequel s’emploie depuis plusieurs années à dessiner une cartographie de ce qu’il nomme le « territoire de la non-fiction ».

 


Spécialiste de littérature française contemporaine, Alexandre Gefen est directeur de Recherche au sein de l’UMR Thalim (Théories et histoires des arts et des littératures de la modernité), rattachée à l’Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS.

Il travaille sur les questions de théorie littéraire appliquées à la littérature française contemporaine et notamment sur le statut, les fonctions et les effets de la fiction. Il s’intéresse en outre aux écritures amateurs et aux humanités numériques.  

Il a publié Réparer le monde. La littérature française face au XXIe siècle » (José Corti, 2017) et a notamment coordonné deux ouvrages sur la non-fiction, Territoires de la non-fiction : cartographie d’un genre émergent (Brill, 2020), consacré au domaine francophone et La non-fiction, un genre mondial ? en collaboration avec Philippe Daros, et Alexandre Prsotojevic (Peter Lang, 2021).


 

Entretien réalisé par Charles BONNOT et Clíona Ní RÍORDÁIN
Réalisation et montage: Charly COMINO
Mise en ligne: janvier 2021


mise à jour le 4 avril 2021


Â