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Opération "Les discours du développement durable et de la transition écologique. Domaines, sens, transmission"

Les recherches antérieures de l’équipe conduisent à mener une réflexion épistémologique et méthodologique sur le choix des corpus – ce que les corpus font à l’analyse et réciproquement. Cette réflexion se situant dans la continuité de nombreux travaux et réflexions, elle peut être poursuivie à la lumière de nouveaux corpus – corpus relevant de genres spécifiques ; corpus ouverts, destinés à capter la circulation et l’évolution des mots et des formules – et de nouveaux thèmes, par exemple celui de la défense de l’environnement.
 

Les discours du développement durable et de la transition écologique: domaines, sens, transmission

L’opération se donne pour objectif global l’analyse des discours du développement durable et de la transition écologique. Lors de travaux précédents au sein du réseau "Discours, traduction, communication" (Distracom) ou de colloques auxquels les membres de l’axe Sens et discours (Clesthia – Sorbonne nouvelle) ont participé, ont été abordés des discours sur l’environnement, des discours autour de la biodiversité ou autour des déchets à partir des points de vue des sciences humaines, en particulier des sciences du langage et des sciences de l’information et de la communication. Dans le prolongement de ces travaux, il s’agit désormais, à l’heure de nouvelles préoccupations sociétales, de saisir les discours du développement durable et de la transition écologique à partir de différents lieux d’énonciation institués et non institués. On retrouvera par exemple du côté des lieux institués, les discours institutionnels – et leurs éléments de langage –, les publications du GIEC, les discours journalistiques, les discours disponibles sur les sites écologistes ou associatifs, etc.; et du côté des lieux non institués, des séquences repérées dans des discours non prioritairement orientés vers le développement durable et la transition écologique, comme des séquences présentes sur des sites d’entreprises, d’universités, sur des étiquettes alimentaires, dans des journaux télévisés, dans des rubriques radiophoniques, dans des publi-informations, etc. Cette opération sera l’occasion de travailler autour de trois axes:

  • l’identification des domaines et des discours vecteurs du développement durable et de la transition écologique;
  • l’identification, la compréhension et l’analyse des dénominations circulant dans ces discours;
  • l’observation des configurations discursives et des stratégies communicationnelles qui participent, entre autres, à la transmission des informations et/ou des connaissances.

1. Domaines et discursivité: types, genres, textes, corpus

Sur le plan institutionnel (gouvernement, organisations, associations, etc.), les termes "développement durable" et "transition écologique" sont intimement liés. Dans ce premier axe, on cherchera à comprendre, à partir des discours institués, comment les différents domaines auxquels ils réfèrent se configurent l’un par rapport à l’autre, voire comment ils reconfigurent d’autres domaines qu’ils englobent pour constituer des macro-domaines. Mais ces termes circulent également en dehors des institutions puisqu’on les retrouve dans les forums de discussion, sur Wikipédia, sur Twitter, Facebook, Instagram, YouTube, TikTok et autres réseaux sociaux, et permettent au plus grand nombre de partager et de construire une (autre) vision de ces domaines. Ainsi, à partir des discursivités présentes sur les réseaux, on s’interrogera sur les similitudes et les différences observables entre discours institués et discours non institués et sur la manière dont ces domaines participent de fait à l’hybridité des genres discursifs.

2. Sens: nomination, catégorisation, sémantique discursive

Ce deuxième axe sera l’occasion de travailler les domaines notionnels et sémantiques, leur stabilité et leur instabilité, à travers le florilège des dénominations et leurs usages différenciés dans la diversité des discours, institutionnels et non institutionnels. Il s’agit d’observer les dynamiques et les choix qui s’opèrent autour des termes et expressions utilisés, les manières dont ils sont travaillés et négociés, les manières dont ils fluctuent au sein de différentes communautés discursives, et la concurrence qui s’opère entre eux pour catégoriser des réalités –  elles-mêmes parfois instables et indéfinies, ou propres à chaque communauté –, des événements, des phénomènes, des acteurs – humains ou non humains, collectifs ou individuels, anonymes ou célèbres. 

3. Transmission et vulgarisation: (in)formation et connaissances

Le dernier axe visera à interroger les configurations discursives qui participent à la transmission des informations et/ou des connaissances liées au développement durable et à la transition écologique qui forment des ensembles discursifs poreux favorisant de nouvelles (pro)positions pour une (ré)organisation de l’information et des connaissances à des fins institutionnelles, politiques, sociétales et citoyennes. Une interrogation sous-jacente de fond concerne également la frontière entre ce qui relève de l’information en tant que telle et ce qui pourra faire l’objet de discours de vulgarisation ; les macro-domaines du développement durable et de la transition écologique sont alors l’occasion de mettre à l’épreuve la notion d’infox (fake news), et de s’interroger sur la réalité et la diversité des discours complotistes. De fait, avec internet et la multiplication des sources énonciatives, avec le passage des énonciations intermédiaires reconnues vers des énonciateurs lambda comme les « amateurs », se pose la question du rapport à la vérité à un moment donné.


mise à jour le 21 avril 2023