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Opération "Le futur dans les langues romanes"

Responsable: Evelyne Oppermann-Marsaux

Le Futur n’est pas simplement un paradigme verbal de l’indicatif qui sert à exprimer une action à venir, et, en même temps, il ne représente pas le seul temps verbal susceptible d’exprimer cette valeur temporelle. Son étude soulève ainsi d’entrée au moins deux types de questions:

  1. Quelles sont les valeurs non temporelles, en particulier les valeurs modales, qui caractérisent le futur? Et comment les identifier? Leur apparition est-elle conditionnée par des traits contextuels particuliers? Certaines valeurs sont-elles liées préférentiellement à des types de discours spécifiques?
  2. Quelles relations le futur simple entretient-il avec ses "concurrents" qui permettent également de traduire le temps à venir, notamment avec le futur périphrastique et le présent? Ces trois temps peuvent-ils traduire des valeurs temporelles comparables? Peut-on identifier des valeurs modales propres à l’un ou l’autre d’entre eux?

Ces différentes questions peuvent être abordées en synchronie et en diachronie, mais également dans une perspective contrastive, en étendant l’étude à d’autres langues romanes et en relation avec les questions de l’acquisition du langage et de la didactique.

a) en synchronie,

  • en examinant la relation futur simple / futur périphrastique / présent (valeurs temporelles, aspectuelles, modales) dans différentes périodes du français: moyen français, français préclassique, français classique, français moderne;
  • en choisissant de travailler sur des corpus de natures différentes (écrit / oral; écrit littéraire / non littéraire; écrit littéraire visant à représenter l’oral (théâtre / discours rapportés directs dans les textes narratifs), ce qui permettra de poser la question de la variation en synchronie;

b) en diachronie,

  • en étudiant les changements qui affectent les valeurs du futur simple ainsi que sa relation avec le futur périphrastique et le présent dans l’histoire du français.

c) dans une perspective contrastive,

  • en étudiant les valeurs du futur dans les autres langues romanes: espagnol, italien, catalan, à la fois en synchronie et en diachronie. Il s’agirait de privilégier le moment de l’apparition du futur synthétique roman (canterò, cantaré, chanterai) et celui où apparaissent les premières périphrases verbales du type je vais + infinitif  (sto per; voy a, etc.), dans le but de voir quels sont les contextes dans lesquels l’un ou l’autre de ces paradigmes sont employés et quels sens particuliers ils véhiculent.

d) en acquisition du langage,

  • dans une approche dialogique et socio-pragmatique de l’acquisition du langage la question de la mise en place du futur se décline selon trois facettes complémentaires: celle bien entendu des formes en émergence, pour laquelle se pose la question des proto-formes avant celle de l’antériorité du futur périphrastique sur le futur simple, celle ensuite des valeurs sémantiques associées à ces formes (valeurs aspectuelles antérieures aux valeurs temporelles mais aussi valeurs énonciatives) et enfin celle des genres de discours et types d’activité dans lesquels émergent à la fois les formes et les valeurs.

e) en didactique,

  • en s’interrogeant sur l’enseignement du futur et de l’expression de la futurité (prise en compte du futur périphrastique, du rôle attribué au présent) à l’école primaire.

 

Équipe: Carmen Ballestero de Celis, Eric Beaumatin, Élodie Blestel, Sonia Branca, Justino Gracia, Yana Grinshpun, Evelyne Oppermann-Marsaux, Gabriella Parussa, Anne Salazar-Orvig, Marisol Sicot-Dominguez, Sophie Azzopardi (Paris-Diderot), Marie-Armelle Camussi-Ni (Rennes 2), Claudie Péret (Cergy Pontoise).

 


mise à jour le 12 janvier 2017