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Opération "L’interrogation: syntaxe, pragmatique, stylistique"

Responsables: Anne Régent-Susini et Marie-Christine Lala

Si l’interrogation est l’un des concepts grammaticaux les plus anciens, les analyses linguistiques auxquelles elle a donné lieu ont été, depuis plus d’un demi-siècle, puissamment renouvelées, sous l’influence, notamment de la pragmatique, de la sociolinguistique et de l’analyse du discours. Plus récemment, le développement de l’argumentation, de la linguistique textuelle et la réappropriation, renouvelée, de l’héritage rhétorique, ont également contribué à enrichir les approches de l’interrogation, et en particulier de ces énoncés spécifiques que sont les questions rhétoriques (ou oratoires) et les questions orientées. C’est plus spécifiquement sur ces "questions" bien particulières que nous aimerions nous pencher, afin d’affiner, et si possible de formaliser plus précisément, la distinction souvent posée, à la suite d’A. Borillo notamment, entre questions rhétoriques et questions orientées.

 

1)    Questions orientées:

  • Indices de l’orientation de la question et expression éventuelle du démenti.
  • Valeur illocutoire des questions orientées dans le texte écrit non fictionnel et non dramatique (c’est-à-dire hors d’une situation de dialogue à proprement parler): poésie lyrique, traité polémique, etc.

 

2)    Questions rhétoriques:

  • Évolution de leur description théorique dans les écrits des grammairiens et les traités de rhétorique.
  • Rôle des questions rhétoriques dans le texte en tant qu’unité compositionnelle et configurationnelle (Adam).
  • Rôle des questions rhétoriques dans le texte en tant qu’ensemble cohérent reposant sur des coordinations argumentatives (Ducrot et Anscombre). Différence entre les questions rhétoriques d’orientation négative et celles d’orientation "ni négative ni positive".

 

3)    Lien entre interrogation orientée et interrogation rhétorique

  • Composante polyphonique de la question rhétorique et masques discursifs qu’elle permet de mettre en place.
  • Possible rémanence d’une valeur interrogative dans les questions rhétoriques.
  • Cas-limites interrogation orientée/interrogation rhétorique.

 

Modalités de travail et objectifs: Des réunions à périodicité régulière nous permettront tout à la fois de déployer et d’affiner la problématique. Les participants pourront y exposer la manière dont ils abordent, voire catégorisent, les énoncés parfois désignés comme "questions rhétoriques" ou ceux envisagés comme des "questions orientées", en s’interrogeant notamment sur les liens éventuels qui se nouent entre eux. Des collègues extérieurs à l’équipe, voire à l’établissement, pourront également être invités pour que nous puissions faire dialoguer nos enquêtes avec les leurs. Cette collaboration débouchera sur l’organisation d’un colloque.

Équipe: Yana Grinshpun, Olivier Halévy, Marie-Christine Lala, Florence Lefeuvre, Anne Régent Susini, Sandrine Vaudrey Luigi (Clesthia).


mise à jour le 10 février 2018