Opération "Analyse du discours et culture", ADculture

Responsable: Sylvie Chraïbi

La méthodologie du groupe ADculture repose sur des comparaisons de discours ordinaires ou spécialisés produits par des locuteurs de langues et/ou cultures différentes. Sur le plan théorique, les recherches s’inscrivent dans une triple perspective, au croisement de l’analyse du discours, de la traductologie et de l’analyse interprétative des cultures. L’impact du contexte culturel d’énonciation sur la mise en mots ainsi que les modes de référenciation occupent donc une place centrale.

De 2010 à 2012, les tenants de chaque discipline ont exposé et fait découvrir leurs approches respectives.

De 2012 à 2017, le groupe s’est intéressé aux différentes versions de la Convention Internationale des droits de l’enfant (ONU, 1989), mettant en évidence l’influence des cultures, des traditions juridiques et politiques nationales ou régionales sur les choix terminologiques et phraséologiques ainsi que sur les modes de représentation des différents acteurs en jeu (enfant, tuteur, État). Chaque séance a été l’occasion de rendre compte de l’évolution des recherches des différents membres du groupe, chacun étudiant une version linguistique ou un thème (évolution de la notion d’enfant, réception de la Convention selon les modèles familiaux dominants…) différents.
 

  • Publications

Ce travail a abouti à la publication en 2017 d’un numéro de la revue Lingue Culture Mediazioni, La Collana (Université de Milan) sous le titre L’enfant et ses droits; La "Convention Internationale des Droits de l’Enfant" à travers les langues et les cultures, édité par Marie-Christine Jullion, Geneviève Tréguer-Felten et Christian Tremblay.

Depuis 2017, le groupe travaille sur le thème de la pauvreté. Le concept de pauvreté possède un caractère "multidimensionnel", comme le souligne le discours de la Banque Mondiale, selon que l’on se base sur le critère du revenu, de l’accès à la santé, à l’éducation, aux biens, ou encore, d’après la terminologie des organisations internationales de développement, le degré d’autonomisation ou "empowerment" (Mestrum 1998, Lautier 2002, Calvès 2009). Par conséquent, une des premières difficultés est de reconnaître, dans les discours produits, le ou les sens auxquels ce concept renvoie.

Au niveau du corpus étudié, 3 grandes catégories se dessinent: 1) les associations 2) les œuvres littéraires 3) les institutions, dont les discours des entreprises. Les premières réunions ont fait émerger une série de questions/questionnements:

Que nous disent ces discours sur la nature des rapports entre les principaux acteurs liés à la situation de pauvreté (population, Etats, organisations de lutte contre la pauvreté)?

Comment sont-ils affectés par la diversité des instances énonciatrices (chercheurs, journalistes, experts, militants, écrivains, citoyens…), des aires culturelles et linguistiques concernées, qui démultiplient les points de vue pour quantifier, définir, nommer ou ressentir la pauvreté (Moirand 2016)?

Comment se dessine la distinction entre "les pauvres et les non-pauvres"?

Dans quelle mesure les "pauvres" peuvent-ils échapper à la marge ou à "la périphérie" et parviennent-ils à faire entendre leur voix, sans qu’elle soit couverte par des locuteurs dominants pratiquant "l’énonciation ventriloque" (Corten 1998, Paveau 2017)?
 

  • Projets  

Une journée d’étude intitulée "La pauvreté: Discours, langues et cultures" aura lieu vendredi 16 mars 2018 à l’École Nationale de Commerce (Paris).

Le groupe travaille à la mise en place d’un projet ANR.
 

  • Collaboration

Le groupe est constitué de chercheurs en analyse de discours et en traductologie, notamment du Clesthia (Langage, systèmes, discours, Sorbonne nouvelle) et des Universités italiennes de Bologne et Milan, ainsi que des tenants de l’analyse interprétative des cultures (Laboratoire "Gestion & Société", CNRS).


  • Membres de l’équipe

Ammar Azouzi (Maître de Conférences HDR en sciences du langage), Guy Barbichon (Sociologue), Paola Cattani (Chercheur en littérature), Sylvie Chevrier (Professeur en Sciences de gestion), Sylvie Chraïbi (Professeur agrégée d’arabe, chercheur en traductologie), Ilaria Cennamo (post-doctorante en sciences du langage, U. de Milan),Chantal Claudel (Professeur en didactique des langues), Cristiana Desantis (Maître de Conférences (Professore associato) en linguistique), Cécile Desoutter (Maître de Conférences (Professore associato) en langue et traduction françaises), Djoehana Anda (Enseignant et chercheur en management interculturel), Fayza El Qasem (Professeur en traductologie), Alain Henry (Directeur de recherche à l’Agence Française de Développement, en retraite), Philippe d’Iribarne (Directeur de recherche au CNRS), Marie-Christine Jullion (Professeur en langue et traduction françaises), Chioufen Kao, doctorante, EHESS), Stavroula Katsiki (Maître de Conférences en pragmatique, communication interculturelle et analyse du discours), Sophie Moirand (Professeur en sciences du langage), Vincent Montenero (Chercheur en sciences de gestion), Bettina Mottura (Maître de Conférences (Professore associato) en langue et littérature chinoises et d’Asie du Sud-Est), Michele Pordeus (Chercheur en sciences du langage), Sandrine Reboul-Touré (Maître de Conférences en sciences du langage), Licia Reggiani (Maître de Conférences (Professore associato) en langue française et traduction), Françoise Rigat (Maître de Conférences (Professore associato) en langue et culture françaises), Yasmine Saleh (Enseignante et chercheuse en management), Jean-Pierre Segal (Chercheur en sociologie du management, CNRS), Niamh Tixier (Consultante en management inter-culturel), Geneviève Treguer-Felten (Chercheur en linguistique de discours comparative et en management interculturel), Christian Tremblay (Président de l’Observatoire Européen du Plurilinguisme).


mise à jour le 7 février 2018