Responsable: Sylvie Chraïbi

La méthodologie du groupe ADculture repose sur des comparaisons de discours ordinaires ou spécialisés produits par des locuteurs de langues et/ou cultures différentes. Sur le plan théorique, les recherches sont orientées selon trois perspectives, au croisement de l’analyse du discours, de la traductologie et de l’analyse interprétative des cultures. L’impact du contexte culturel d’énonciation sur la mise en mots ainsi que les modes de référenciation occupent donc une place centrale.


Les réflexions se fondent sur un cadre théorique inspiré notamment des travaux de Sophie Moirand et Sandrine Reboul-Touré en linguistique du discours: "Nommer les événements à l’épreuve des mots et de la construction du discours", Langue française, 188/4, 2015; Dire l’événement, langage, discours, société, éd. PSN, 2013, en collaboration avec Danielle Londei et Licia Reggiani, ainsi que de l’ouvrage en analyse du discours contrastive dirigé par Chantal Claudel, Patricia von Münchow, Michele Pordeus Ribeiro, Frédéric Pugnière-Saavedra, Geneviève Tréguer-Felten: Cultures, Discours, Langues, nouveaux abordages, éd. Lambert-Lucas, 2013.

L’état actuel des recherches de l’équipe s’inscrivent dans la continuité des études menées depuis les années 1990 par des chercheurs en analyse du discours membres du SYLED-CEDISCOR en collaboration avec des chercheurs d’autres disciplines (sociologie, interaction communicative, textologie...). Les apports des uns et des autres et la dynamique installée ont en effet permis de donner naissance en 2003 à un groupe de travail dirigé par Patricia von Münchow (https://journals.openedition.org/cediscor/106 ) qui sera repris en 2010 par Geneviève Tréguer-Felten et prendra le nom d’ADculture.


De 2010 à 2012
, les tenants de chaque discipline ont exposé et fait découvrir leurs approches respectives.

De 2012 à 2017, le groupe s’est intéressé aux différentes versions de la Convention Internationale des droits de l’enfant (ONU, 1989), mettant en évidence l’influence des cultures, des traditions juridiques et politiques nationales ou régionales sur les choix terminologiques et phraséologiques ainsi que sur les modes de représentation des différents acteurs en jeu (enfant, tuteur, Etat). Chaque séance a été l’occasion de rendre compte de l’évolution des recherches des différents membres du groupe, chacun étudiant une version linguistique ou un thème (évolution de la notion d’enfant, réception de la Convention selon les modèles familiaux dominants…) différents.

Publication: Ce travail a abouti à la publication en 2017 d’un n° de la revue Lingue Culture Mediazioni, La Collana (Université de Milan) sous le titre L’enfant et ses droits; La "Convention Internationale des Droits de l’Enfant" à travers les langues et les cultures, édité par Marie-Christine Jullion, Geneviève Tréguer-Felten et Christian Tremblay.

Depuis 2017, le groupe travaille sur le thème de la pauvreté. Le concept de pauvreté possède un caractère "multidimensionnel", comme le souligne le discours de la Banque Mondiale, selon que l’on se base sur le critère du revenu, de l’accès à la santé, à l’éducation, aux biens, ou encore, d’après la terminologie des organisations internationales de développement, le degré d’autonomisation ou «empowerment» (Mestrum 1998, Lautier 2002, Calvès 2009). Par conséquent, une des premières difficultés est de reconnaître, dans les discours produits, le ou les sens auxquels ce concept renvoie.

Au niveau du corpus étudié, 3 grandes catégories se dessinent: 1) les associations 2) les œuvres littéraires 3) les institutions, dont les discours des entreprises. Les premières réunions ont fait émerger une série de questions/questionnements:

  • Que nous disent ces discours sur la nature des rapports entre les principaux acteurs liés à la situation de pauvreté (population, Etats, organisations de lutte contre la pauvreté)?
  • Comment sont-ils affectés par la diversité des instances énonciatrices (chercheurs, journalistes, experts, militants, écrivains, citoyens…), des aires culturelles et linguistiques concernées, qui démultiplient les points de vue pour quantifier, définir, nommer ou ressentir la pauvreté (Moirand 2016)?
  • Comment se dessine la distinction entre «les pauvres et les non-pauvres»?
  • Dans quelle mesure les "pauvres" peuvent-ils échapper à la marge ou à "la périphérie" et parviennent-ils à faire entendre leur voix, sans qu’elle soit couverte par des locuteurs dominants pratiquant "l’énonciation ventriloque" (Corten 1998, Paveau 2017)?


Réalisations

Publications: Les discours des pauvretés, mediAzioni [en ligne], S. Chraïbi et L. Reggiani (dir.), préface S. Chraïbi, actes de journée d’étude La pauvreté: discours, langues et cultures (16 mars 2018, CLESTHIA, Sorbonne Nouvelle-ENC, Paris), n°24, Université de Bologne, 2019, ISSN 1974-4382. http://www.univ-paris3.fr/discours-des-pauvretes-601961.kjsp

Projet de publication collective en cours autour du thème "Dire la pauvreté".

Journées d’étude:

Les cultures de la performance à l’épreuve des inégalités, ENC-CLESTHIA-CARDIE, Paris, 25 mars 2021.

Les discours sur la pauvreté: cultures, économie, commerce, ENC- CLESTHIA-CARDIE, Paris, 12 mars 2020.

Séminaires:

Vulnérabilité, Résistance, Résilience, ENC- CLESTHIA-CARDIE, Paris, vendredi 18 mars 2022. 

Collaboration: Le groupe est animé par des chercheurs en analyse de discours et en traductologie, notamment du CLESTHIA et des Universités italiennes de Bergame, Bologne, Cassino, Milan et Turin, mais aussi par des chercheurs en didactique des langues, économie, sciences de la communication et sociologie:

Mohammad Abdelhamid (Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication), Claire Auzuret (Chercheure en sociologie), Virginie Buhl (Professeure agrégée d’anglais, chercheure en traductologie), Ilaria Cennamo (Chercheure en analyse du discours et en traductologie), Sylvie Chraïbi (Professeure agrégée d’arabe, chercheure en analyse du discours contrastive),  Chantal Claudel (Professeure en sciences du langage), Cécile Desoutter (Maître de Conférences (Professore associato) en langue et traduction françaises), Patrick Dieuaide (Maître de conférences HDR, chercheur en socio-économie), Fayza El Qasem (Professeure en traductologie), Sandrine Graf (Docteure en sciences du langage) Marie-Christine Jullion (Professeure en langue et traduction françaises), Sylvain Koffi Kouassi (Docteur en littérature française), Sophie Moirand (Professeure en sciences du langage), Bettina Mottura (Maître de Conférences (Professore associato) en langue et littérature chinoises et d’Asie du Sud-Est), Michele Pordeus Ribeiro (Chercheure en sciences du langage), Sandrine Reboul-Touré (Maître de Conférences en sciences du langage), Licia Reggiani (Maître de Conférences (Professore associato) en langue française et traduction), Laï Wei (Doctorant en sciences du langage).

 

mise à jour le 20 octobre 2021