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Littérature et dictatures

le 9 octobre 2017

Journée d’Étude Internationale proposée par le CREPAL (Centre de Recherches sur les Pays Lusophones) de l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3

Organisation : Maria-Clara MACHADO, Leonardo SILVA
Doctorants au Centre de Recherches sur les Pays Lusophones (CREPAL) - Sorbonne Nouvelle
Colaborateurs :
Geoges GOMES - Doctorant École Pratique des Hautes Études.
Sueleide SUASSUNA Doctorante au Centre de Recherches sur les Pays Lusophones
(CREPAL) de l’Université Paris 3.

Appel à communications [PDF - 67 Ko] avant le 30 juin 2017


Présentation

On appelle dictatures les régimes politiques autoritaires, très souvent illégitimes, qui s’installent et/ou se maintiennent par la force. Le XXe siècle a été témoin de la montée et de la chute de diverses dictatures comme celle de Salazar au Portugal, Franco en Espagne et Mussolini en Italie. Plusieurs pays d'Amérique latine comme le Brésil, le Chile ou l’Argentine ont été également affectés par des régimes dictatoriaux qui ont eu des répercussions non seulement dans la politique et dans la vie des gens, mais aussi dans les représentations symboliques et dans les productions artistiques. Il est important de souligner d’ailleurs que de nombreux pays vivent toujours sous un régime dictatorial, surtout sur les continents africain et asiatique.
La production artistique dans un pays sous la coupe d’une dictature est caractérisée par l’instrumentalisation des arts au service de deux actions opposées : légitimer le régime en place ou le critiquer. Les régimes dictatoriaux ont souvent adopté des politiques culturelles dont le but était de les soutenir et les légitimer idéologiquement, tandis qu’ils censuraient et persécutaient les artistes et les intellectuels qui s’opposaient au pouvoir de l’État. En ce qui concerne la littérature, le centre de notre intérêt, il est indéniable que cette expression artistique maintient des liens très complexes avec les processus dictatoriaux. Si d'un côté la dictature est le sujet de nombreux textes littéraires, elle va aussi déterminer les conditions de production et de diffusion des oeuvres.

L'objectif de cette journée d’études est de visiter le lieu où cette rencontre se produit et chercher à dégager quelques éléments de compréhension afin de baliser ce dangereux terrain. Pour ce faire, nous nous intéresserons à la manière dont la littérature rend compte des diverses réalités dictatoriales surtout dans les pays d’Europe Latine et d’Amérique latine. Nous nous pencherons non seulement sur les textes littéraires mais aussi sur des textes théoriques et critiques qui abordent les rapports entre littérature et dictature. Le but de cette journée d’étude sera donc de rassembler les doctorants de l’École Doctorale 122 et des doctorants issus d’autres écoles et universités pour réfléchir aux récits des dictatures dans les littératures d’Amérique Latine et d’Europe Latine et examiner le rôle de la littérature en tant que moyen de pondération, de témoignage et de critique des sociétés par rapport aux discours autoritaires qui émergent dans des contextes dictatoriaux. Par ailleurs, des discours autoritaires sont à nouveau à l'ordre du jour ces temps-ci, dans le scénario mondial, où sévit une crise économique qui alimente des crises politiques diverses partout dans le monde. L'Europe et l’Amérique latine ne sont pas épargnées. Cette journée d’études nous permettra de réfléchir sur le rôle de la production des discours (académiques, littéraires, journalistiques) comme moyen d'interprétation, de critique et même de rempart contre des discours aux penchants propagandistes, mystificateurs ou mensongers véhiculés par des forces anti-démocratiques. Enfin, nous tâcherons d'analyser l'impact, le poids, la réception du discours critique produit par la communauté artistique ainsi que le traitement qui lui est réservé par les moyens de communication et de diffusion de la pensée critique. Ainsi, dans cette perspective, l’apport d’autres disciplines des sciences humaines, comme la sociologie et l’histoire, sera le bienvenu. Ainsi, les communications pourront s’articuler autour de quatre axes ci-dessous :

- Axe thématique 1 - Littérature comme témoignage
Il s’agira d’interroger les récits qui portent sur des mémoires douloureuses, parfois occultées, voire exclues de l’histoire officielle dans le contexte des dictatures. Devant les discours dominants, les silences et la déformation des informations, la littérature peut aider à (re)construire une mémoire collective et lutter contre l’oubli.

- Axe thématique 2 – Littérature comme instrument politique Ce deuxième axe envisagera les textes littéraires comme des instruments politiques soit de résistance et protestation contre les autocraties, soit de construction d’une image positive du pouvoir dictatorial, dans un but propagandiste. La littérature est ainsi perçue comme une voie d’expression privilégiée des idéologies politiques.

- Axe thématique 3 – Littérature et censure
Ce troisième axe d’étude concernera le rôle joué par la censure dans la production littéraire d’un pays sous une dictature. Il sera important d’interroger quels ouvrages et artistes ont été ciblés par les censeurs ; sur quels prétextes ; quels écrivains ont échappé à la censure ; et quelles stratégies de contournement ont été mises en place par certains auteurs pour échapper à la censure.

- Axe thématique 4 – Littérature post-dictature
Ce quatrième axe focalisera les oeuvres contemporaines dépeignant la transition entre dictature et démocratie. Il s’agit de répondre aux questions suivantes : De quelle manière les dictatures ont changé, dans certains contextes, la façon dont la littérature est produite et consommée ? Quels sont les nouveaux discours sur les dictatures du passé ? On peut également s’interroger sur les blessures et sur les héritages laissés par les régimes dictatoriaux.


Type :
Colloque / Journée d'études, Appel à communication
Lieu(x) :

 

mise à jour le 14 février 2017