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Lettres 18 - présentation

 

Présentation du groupe Lettres 18

Lettres 18 regroupe les chercheurs qui se consacrent à la littérature du 18e siècle dans un souci constant de la lettre des textes ; il a pris la succession du CERLAV 18 fondé par René Démoris qui se focalisait sur les rapports entre les textes et les arts visuels.

Il regroupe un professeur émérite (R. Démoris), deux professeurs (C. Habib, J.-P. Sermain), quatre MCF (N. Kremer, É. Leborgne, J.-C. Sampieri et à partir de 2012 S. Nancy). F. Ferran y est associée à titre secondaire (après y avoir beaucoup œuvré comme PRAG), comme C. Hammann et A. Zagamé ; J. Ruimi, B. Dhraïef, J. de Reyniès et É. Négrel y contribuent aussi de façon significative. Le centre a accueilli un chercheur post doc financé par l’université (Federio Corradi) et deux autres venus avec leurs bourses (A. Wenger et M. Texeira Marques).

Les activités passées de l’équipe se sont réparties dans trois champs principaux : la formation d’une pensée esthétique, le roman et les genres narratifs, Jean-Jacques Rousseau.

  • Premier axe de la sous équipe : le centre d’études rousseauistes (voir site) ; il s’est fixé plusieurs objectifs :
> L’anthropologie rousseauiste : il s’agit d’évaluer l’opposition et l’appartenance aux Lumières européennes de ce qui apparaît comme une nouvelle compréhension de la condition humaine.
 
Mots clefs : Bonté naturelle, Pitié, Origine, Liberté, Perfectibilité, Amour de soi, Théorie des passions et des affections.

> Les perspectives politiques appliquées : Genève, la Corse, la Pologne. Rousseau et la Révolution française (responsable : É. Leborgne)

​On s’attachera à deux lignes d'interprétation des textes politiques : tout d’abord la manière dont Rousseau articule les concepts théoriques de sa philosophie politique et leurs applications éventuelles ; en second lieu la manière dont la pensée de Rousseau, les valeurs républicaines et civiques qu'il défend furent comprises et appliquées (ou non) par les Révolutionnaires français.

Mots clefs : Égalité civile, Contrat social, Peuple, Propriété, Justice, Démocratie, Révolution, Citoyen, République, Souverain, Économie politique, Volonté générale, Bien commun, Aliénation, Représentant, Constitution.


 > L’invention littéraire. Dans son versant fictionnel et dans son versant autobiographique, l’œuvre témoigne d’une constante invention  morale et formelle. Apprécier ce renouvellement suppose de s’interroger sur le type de lecture qu’il appelle ou qu’il prescrit. Nous partons de la conviction que la distinction entre l’anthropologie  et les œuvres littéraires, sans être négligeable, ne porte pas atteinte à l’unité de l’œuvre.

Mots clefs : Roman, Fiction, Autobiographie, Expression, Authenticité, Auteur, Herméneutique, Lecture empathique/lecture du soupçon.


Le Centre tient une réunion mensuelle. Le premier séminaire a été consacré à « Rousseau et les Passions » [2012-2013]. Le deuxième à l’examen de « Bonté et vertu » dans l’ensemble de l’œuvre [2013-2014]. Les séminaires sont l’occasion d’échanges entre les jeunes chercheurs et les spécialistes confirmés. Les étudiants de master et les doctorants y ont toute leur place.

Le Centre s’est doté d’un organe de publication en ligne, afin d’ouvrir ses travaux à la communauté internationale. Il est accessible à l’adresse http://www.centre-rousseau.fr/

A la suite d’une journée d’étude organisée par le centre-Rousseau en 2013, un volume sur Les Confessions est en préparation aux éditions Garnier : Les Confessions. Se dire, tout dire, co-dirigé par J. Berchtold et C. Habib, à paraitre.

Jean-Christophe Sampieri et Christine Hammann préparent un colloque sur les Minora Scripta.

  • Deuxième axe  de la sous équipe : histoire et poétique du roman.
L’équipe a toujours consacré une grande partie de son activité aux genres fictionnels, sous la direction de R. Démoris (1985-2000) comme sous celle de J-P. Sermain (2000-2011), avec de nombreux colloques, séminaires et thèses soutenues et publiées (dans le contrat 2007-2012 F. Magnot, E. Sempère, A. Zagamé) ou d’ouvrages d’HDR (C. Ramond). L’arrivée de N. Kremer il y a deux ans a renforcé ce pôle. N. Kremer, vice-présidente de l’association internationale SATOR (sur la « topique romanesque ») a obtenu qu’elle tienne son congrès en 2013 sur la figure de l’imposture : « Fictions de l’imposture, impostures de la fiction. Imposture et fiction dans la prose narrative de l’Ancien Régime ». À travers l’étude des stratégies de supercheries mises en œuvre dans la fiction narrative de la Renaissance aux Lumières, il s’agit de mettre à nu le fonctionnement de l’illusion, et d’explorer les frontières entre fiction et feintise. Cette perspective métatextuelle permet également d’évaluer dans quelle mesure la fiction est conçue par l'auteur, le lecteur ou la critique de l’époque comme une imposture (avec la connotation péjorative éventuelle que comporte ce terme). Le colloque, dirigé par N. Kremer, est co-organisé par Jean-Paul Sermain, et Yen-Mai Tran-Gervat, du département de LGC à Paris 3.
 
  • Troisième axe de la sous équipe : expression esthétique et représentation.
Sous l'impulsion de R. Démoris, le centre s’était initialement concentré sur « l’esthétique » des arts visuels. Il s'ouvre aujourd'hui sur l'ensemble des arts, au profit d'une approche transdisciplinaire. Les recherches de N. Kremer portent sur la représentation littéraire via la notion de vraisemblance, en particulier dans le champ du roman, mais aussi sur le plan de la théorie esthétique classique, en lien avec son édition en préparation de l’ouvrage de Rapin. S. Nancy qui a rejoint la sous équipe en 2012 travaille de son côté sur l’esthétique de la voix. J.-P. Sermain se focalise sur la poétique comparée des différents genres fictionnels. Il étudie également la dimension esthétique des idées rhétoriques et stylistiques. J. de Reyniès, enfin, vient de soutenir une thèse au sein de l’ED 120 sur l’esthétique des jardins. Dans un premier temps, nous organiserons une journée d’études permettant à chacun de présenter l’état de ses recherches afin de faire ressortir les convergences et déterminer une approche commune.

Mots clefs : Beauté, Chant, Expression, Vraisemblance, Représentation, Mimèsis, Ordre/ désordre, Style, Composition, Artifice, Sublime.

Colloques récents :

  • « Fictions de l’imposture, impostures de la fiction », 12-14 juin 2013, organisé par Nathalie Kremer, Yen-Mai Tran-Gervat et Jean-Paul Sermain. Le volume est en voie d’achèvement pour paraître aux éditions Hermann.
  • « La « Voix du public ». Les Manifestations sonores du spectateur (théâtre, opéra, ballet, parades…) en France aux XVIIe et XVIIIe siècles », 4-6 nov. 2013, organisée par Julia Gros de Gasquet et Sarah Nancy
  • « Théâtre et charlatans dans l’Europe moderne (XVIe-XVIIIe siècles). Un art de la mise en scène ? », 23-25 avril 2014, organisé par Beya Dhraief, Jennifer Ruimi et Éric Négrel
  • « L’amateurisme dans l’Europe du XVIIIe siècle : pratiques et représentations », 3-4 octobre 2014, organisé par Justine de Reyniès et Bénedicte Peslier Peralez 

Rappel d’activités antérieures :

Notre équipe a travaillé en collaboration avec les Italianistes puis aussi les Hispanistes en liaison avec le programme ANR Guerres et violences : « Entre violence et séduction : Judith et autres héroïnes bibliques dans l’Europe du XIVe-XVIIIe siècles »  (décembre 2008)  et « Art et violence dans les vies d’artistes (Italie, France, Angleterre XVIe-XVIIIe siècles), décembre 2010. Les arts visuels ont été intégrés à une problématique esthétique plus large dans un troisième colloque, qui a été comme un hommage au professeur Démoris, « Violences du rococo » (janvier 2009), dans lequel ont parlé cinq membres de l’équipe et quatre autres anciens élèves du professeur Démoris. Le relai est assuré dans le domaine de l’esthétique par l’arrivée de deux collègues, N. Kremer (qui travaille sur la vraisemblance et la notion de génie et a publié deux ouvrages importants sur ces questions), et par S. Nancy (qui travaille sur la voix féminine, le chant et l’opéra et a publié une thèse portant sur le 17e et 18e siècle). J. de Reyniès vient de soutenir une thèse sur l’esthétique comparée des jardins en France et en Angleterre. Sa publication est assurée.

Un des objets du centre a toujours été parallèlement le roman et les genres fictionnels, auxquels se consacrent particulièrement J.-P. Sermain et É. Leborgne, et, par le biais principalement de Rousseau, J. Berchtold (présent dans l’équipe au début du contrat, et toujours associé à toutes nos activités depuis lors), J.-.C. Sampieri et C. Habib. Dans ce domaine, les liens avec les chercheurs formés à la Sorbonne Nouvelle sont particulièrement féconds (C. Martin, E. Sempère, A. Zagamé, F. Magnot, J. Ruimi, B. Dhraief). Dans le domaine du conte de fées, J.-P. Sermain est un membre actif de la revue Féeries et a co dirigé le numéro 7 (le conte et la fable). De 2005 à 2007 un cycle de séances de travail sur le roman d’Ancien Régime et sa poétique s’est tenu annuellement à l’ENS surtout pour discuter de travaux en cours et principalement ceux de jeunes chercheurs. Deux doubles journées d’études en 2006 et 2007 ont également permis de préparer un très gros colloque qui s’est déroulé en 2008 (11-13 septembre) : il a porté sur « la partie et le tout, les moments de la lecture romanesque sous l’Ancien Régime, XVIIe-XVIIIe siècles », associant Paris 3 à Paris 8 et à l’ENS. Deux autres institutions se sont intégrées à cette entreprise, l’université de Leuven qui a de son côté proposé un colloque à Bruxelles sur le même sujet et l’université de la Ca Foscari de Venise qui avait défini un sujet complémentaire (fin novembre 2008). Les organisateurs ont décidé de regrouper les textes de ses trois colloques dans un seul volume, précédé d’une introduction commune et divisé en cinq parties chacune bénéficiant d’une introduction propre. L’éditeur belge Peeters a édité le tout en 2011 sous le titre suivant : La Partie et le tout. La composition du roman, de l’âge baroque au tournant des Lumières, éd. M. Escola, J. Herman, L. Omacini, P. Pelckmans, J.-P. Sermain.

Claude Habib a de son côté mis en œuvre deux rencontres internationales (préparées dans ses séminaire et ses publications) sur la civilité classique puis la civilité moderne, en accord avec le programme de l’équipe. Ont été publiés : Civilité classique, dossier co-dirigé par Claude Habib et Philippe Raynaud, Annuaire de l'Institut Michel Villey n° 3, Juin 2011, le volume sur la civilité moderne co-dirigé par C. Habib et Ph. Raynaud sous le titre Malaise dans la civilité ?, Perrin, 2012. Spécialiste de Rousseau, elle a conduit aussi notre centre à s’intégrer au rythme des célébrations nationales, et même à les anticiper heureusement. Avec M. Escola, J. Berchtold et J.-P. Sermain, elle a conduit en 2009-2010 un séminaire annuel à l’ENS portant sur le livre cinq d’Émile, puis en 2010-2011 sur l’ensemble des cinq livres. Cela a permis de publier le volume Éduquer selon la nature. 16 études sur Emile, sous la direction de C. Habib, Editions Desjonquères, coll. « L’esprit des lettres », 2012, 225 p., l’année même du tricentenaire. Notre centre s’est impliqué avec enthousiasme dans ces célébrations. Elle a de nouveau mis en œuvre un séminaire «Rousseau à l’œuvre ». Corrections, variantes, édition : le travail de l’écriture rousseauiste (dirigé par J.-C. Sampieri et C. Hammann). C. Habib a co organisé avec Pierre Manent (EHESS) un colloque fin mai 2012 portant sur « Rousseau et la science de l’homme » sur le programme suivant : «  La compréhension de la condition humaine a changé avec Rousseau ; c’est ce changement que nous nous attacherons à cerner, en associant des philosophes et des littéraires. Nous partons de la conviction que la distinction entre l’anthropologie de Rousseau et ses œuvres littéraires, sans être négligeable, ne porte pas atteinte à l’unité de son œuvre. » Ce colloque a donné lieu à la publication d’un recueil co-dirigé par C. Habib et P. Manent : Penser l’homme. 13 études sur J.-J. Rousseau, Garnier, 2013. Le centre a également participé à deux autres projets rousseauistes, dans le cadre du tri-centenaire l’un portant sur « l’événement de Ménilmontant » dirigé par A. Vasak avec la participation de C. Habib et de J.-C. Sampieri, et l’autre sur Rousseau et l’Italie, mené par P. Audegean, B. Carnavali et J.-P. Sermain, qui s’est déroulé à Paris (Paris 3 et ENS) et à Venise (en association avec l’institut suisse à Rome) en novembre 2012. Claude Habib est, avec Jacques Bertchtold, en train de terminer l’édition d’un recueil d’études sur Les Confessions à paraître aux classiques Garnier.

 

 

 

mise à jour le 10 juin 2014