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Le traumatisme de Caporetto. Histoire, littérature et arts

du 9 novembre 2017 au 10 novembre 2017

Colloque international

Organisation: Maria Pia De Paulis-Dalembert, Alessandro Giacone, Francesca Belviso.

Présentation :
La bataille de Caporetto (24 octobre – 12 novembre 1917), soit la douzième bataille de l’Isonzo, a représenté un traumatisme profond pour la nation italienne. Aujourd’hui encore, dans le langage courant, le mot « Caporetto » est synonyme de défaite, de désastre. Si la Grande Guerre a été la « frattura epocale » (Mario Isnenghi) qui a inauguré le XXe siècle, Caporetto a été, dans le cadre de la catastrophe européenne et notamment pour l’Italie, un traumatisme dans le traumatisme, de surcroît pluriel. Plus d’un après la Strafexpedition (expédition punitive) lancée par les Autrichiens en mai-juin 1916 contre le front italien, et à la suite de l’épuisement des troupes par la guerre de position, depuis l’été 1917 les Hauts Commandements autrichiens obtiennent de l’Allemagne des renforts, des divisions d’élite rompues aux techniques de l’attaque. En septembre 1917, sous le commandement, entre 2 autres, du Général Otto von Below, les unités allemandes appliquent la stratégie de l’encerclement et du lancement de gaz asphyxiants. Leur première attaque a lieu le 24 octobre 1917 sur une ligne montagneuse comprise entre Plezzo et Tolmino (aujourd’hui en Slovénie), prenant les troupes italiennes, non préparés par le Général en chef Luigi Cadorna à une guerre de défense, totalement au dépourvu. Entre Plezzo et Tolmino, à la hauteur du village de Caporetto, s’ouvre la grande vallée du Frioul. C’est là que les troupes d’assaut autrichiennes et allemandes ouvrent une brèche qui les conduit, longeant le cours de l’Isonzo, vers les plaines, au-delà du fleuve Tagliamento, jusqu’à un autre fleuve célèbre, le Piave. Entre le 24 octobre et le 12 novembre, les soldats italiens – arrachés depuis 1915 à leur vécu et à leurs habitudes par la conscription nationale obligatoire, soumis déjà à la violence des combats sur les montagnes orientales, aux conditions inhumaines des tranchées et aux bouleversements sensoriels, perceptifs et plus largement physiques – sont repoussés par les Autrichiens, et subissent le choc supplémentaire d’une défaite assortie de l’accusation de désertion et de trahison par les Hauts Commandements.

Le traumatisme historique de Caporetto entraîne non seulement une crise politique interne, le changement de Gouvernement (Paolo Boselli remplacé à son poste de Premier ministre par Vittorio Emanuele Orlando) et la nomination d’Armando Diaz à la tête des armées. Ce traumatisme entraîne par ailleurs la remise en cause du lien entre la guerre et l’État-Nation élaboré au cours des décennies qui ont précédé le conflit. Caporetto entraîne enfin un questionnement identitaire s’alliant à l’humiliation, à la peur doublée de la déchirure physique et psychique et, pour bon nombre de soldats, à la déportation, à la prison et aux sanctions militaires. Cet évènement, qui semblait présager la débâcle des forces italiennes, a enclenché paradoxalement l’élan vers la victoire, et marqué durablement la mémoire des soldats et de la population tout entière.

Cent ans après cette blessure individuelle et collective, dans une optique pluridisciplinaire et interdisciplinaire, et par le biais de la notion complexe de « traumatisme », ce colloque international, organisé par le Centre interdisciplinaire de recherche sur la culture des échanges (CIRCE) de l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 avec la collaboration d’Alessandro Giacone de l’Université Grenoble-Alpes, voudrait s’interroger sur les aspects historiques, politiques, militaires à l’origine de la défaite. Il s’agira de reconstituer le contexte et le déroulement de la bataille, ainsi que ses conséquences et ses réappropriations idéologiques. Caporetto a constitué un moment clé du débat entre nationalistes et pacifistes et sa mémoire a contribué aux affrontements de l’après-guerre.

Contact : maria-pia.dalembert@univ-paris3.fr ; francebelviso@hotmail.com

Type :
Colloque / Journée d'études
Lieu(x) :
Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
Maison de la recherche
4 rue des Irlandais (Salle du Conseil)
75005 Paris

mise à jour le 27 juin 2017