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Le cinéma de non-fiction en situation coloniale

le 6 avril 2017

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L’étude du cinéma en situation coloniale pose des problèmes particuliers au chercheur qui s’y intéresse, que ce soit en France ou ailleurs. Ceux-ci concernent, en premier lieu, l’absence de  filmographies et/ou de bases de données compilant des informations sur des documents filmiques et non-filmiques disponibles (la Colonial Film Database britannique étant à ce propos une exception). Dispersés dans plusieurs pays, ainsi que dans différentes collections publiques et privées, ces documents – et en particulier les documents filmiques – ne sont pas toujours facilement accessibles, plusieurs films nécessitant des travaux de restauration et de conservation qui tendent à privilégier d’autres corpus. Mais au-delà de ces questions matérielles renvoyant globalement à l’accès aux sources (et dont les conséquences méthodologiques ne sont pas moindres), l’étude du cinéma en situation coloniale oblige aussi le chercheur à s’affronter à des problèmes d’ordre plus conceptuel. Un premier point est lié à la notion même de « cinéma colonial ». S’agit-il de désigner un cinéma portant sur les colonies, voire élaboré en leur faveur ? S’agit-il véritablement d’un genre et que recouvre-t-il exactement ? Moins problématique, la désignation « cinéma en situation coloniale » est plus  englobante, dans la mesure où elle comprend aisément des films  (ethnographiques ou « éducateurs », par exemple) habituellement associés à d’autres genres, ainsi que des films anticoloniaux. Néanmoins, et de là découle un deuxième aspect, les situations coloniales sont par définition  complexes, renvoyant à des contextes impliquant autant les pays colonisateurs que les espaces colonisés et invitant le chercheur à réfléchir à des modalités de restitution attentives au croisement des regards et aux enjeux des histoires partagées. Enfin, un troisième aspect concerne plus  spécifiquement la posture du  chercheur travaillant sur les questions coloniales : comment prendre position et faire face à des politiques de la mémoire dont les enjeux se situent aujourd’hui encore bien au-delà de la «  simple » production de connaissances ?
L’objectif de cet atelier autour du cinéma de non-fiction en situation coloniale est de revenir sur ces aspects, en insistant notamment sur leur dimension méthodologique. Dans un premier temps, nous proposons de donner la parole à des institutions et des archives possédant des collections liées à cette thématique, ainsi qu’à des documentaristes travaillant avec des images d’archives (matinée). Dans un deuxième temps, il s’agira d’explorer quelques études de cas distincts (après-midi). Enfin, l’atelier sera, par ailleurs, l’occasion de découvrir et d’explorer la collection de la Cinémathèque universitaire en explicitant les enjeux mentionnés auparavant.

Type :
Colloque / Journée d'études
Lieu(x) :
Maison de la Recherche - 4 rue des Irlandais - 75005 PARIS
Salle Athéna

mise à jour le 19 juin 2018