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L’art séquentiel et les catastrophes : Bande dessinée, manga, roman graphique

du 11 février 2016 au 13 février 2016

Programme BD Art sequentiel et catastrophes[4].jpg
Organisatrices : Françoise Lavocat et Charlotte Krauss.
EA 172 - Centre d'Études et de Recherches Comparatistes (CERC)

Programme [PDF - 378 Ko]

Présentation

L’art séquentiel – les bandes dessinées, les mangas, les romans graphiques etc. – est-il un des moyens privilégiés, à notre époque, de rendre compte des catastrophes, d’en témoigner, d’en transmettre la mémoire ?

Les deux guerres mondiales ont certes donné lieu à des œuvres réalisées dans les années 1970 et 1980 et qui sont devenues des classiques (tels que Maus, ou Gen d’Hiroshima). Mais depuis le début du troisième millénaire (et peut-être le 11/9, suivi d’une nouvelle œuvre de Spiegelman), le phénomène semble s’accentuer. Au même moment, l’apparition de la bande dessinée journalistique (les œuvres de Joe Sacco ou de Guy Delisle p.ex.) semble avoir définitivement acquis au neuvième art une compétence pour les sujets sérieux – y compris pour les catastrophes.

Des catastrophes de nature différente sont concernées : historiques, comme les génocides du Rwanda et du Cambodge, la guerre israélo-palestinienne, naturelles, comme le tsunami de 2004 dans l’océan Indien et au Japon en 2011 ou l’ouragan Katrina, nucléaires, comme l’accident de la centrale de Tchernobyl (qui a donné lieu à plusieurs œuvres).

En jouant sur l’harmonie ou la dissonance du texte et de l’image, en recourant souvent à plusieurs styles de dessin (noir et blanc / couleur ; intégration de photos ; caractères d’écriture différents) ou encore en juxtaposant plusieurs niveaux de narration, ces œuvres rendent compte d’événements récents ou éloignés avec plus ou moins d’objectivité, exploitant le clivage entre le documentaire et le romanesque. Les bandes dessinées peuvent intégrer un vécu personnel voire aider à surmonter le passé ; elles peuvent aussi faire parler des témoins réels ou fictionnels afin de saisir des catastrophes dont, parfois, peu de preuves matérielles subsistent (ainsi, Igort, dans Quaderni ucraini, entreprend d’enregistrer et d’illustrer des témoignages tardifs sur la famine des années 1930, en Ukraine). Les catastrophes sont décrites de l’intérieur, par les témoins même, ou de l’extérieur, par des visiteurs étrangers. Elles ont connu une répercussion mondiale – ou sont plus ou moins tombées dans l’oubli avec l’éloignement dans le temps (c’est le cas de la rupture du barrage de Malpasset, à Fréjus, en 1959, qui a donné lieu à un roman graphique de témoignage, par Corbeyran et Horne, sorti en 2014).

Ce colloque a pour objectif : 1) de répertorier et de cartographier un genre dans une perspective mondiale, 2) de l’analyser sous l’angle formel, historique, social et culturel, 3) d’étudier les facettes de l’intermédialité dans les œuvres même, mais aussi en opposant l’art séquentiel à d’autres médias.

La dimension comparatiste sera privilégiée, qu’elle soit le parti-pris des communications ou qu’elle émerge au cours du colloque. On pourra par exemple, analyser plusieurs romans graphiques, émanant de plusieurs aires culturelles différentes, prenant pour objet une même catastrophe. On pourra aussi s’intéresser à la diffusion et à la réception de ces œuvres. On se demandera enfin quelles sont les caractéristiques formelles, stylistiques, de ce medium et des œuvres particulières, pour qu’elles s’imposent comme outil d’information, art politique et art de la mémoire.

 

 

Type :
Colloque / Journée d'études

mise à jour le 9 février 2016