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Journée d'études FIRL

le 5 juin 2020

« Suspendre le temps, continuer l’espace »

Journée d’études FIRL « Formes et Idées de la Renaissance aux Lumières » (EA174)

à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

5 juin 2020

  La séparation des arts opérée par Lessing en 1766 a durablement cantonné l’art littéraire dans l’idée d’un temps séquentiel et l’art plastique dans un temps arrêté. Est-on jamais revenu de cette antithèse aussi puissante que retorse comme l’a formulé Lessing il y a 250 ans? La journée d’études voudrait revisiter l’opposition entre espace et temps en explorant l’idée que l’œuvre littéraire peut être conçue comme un temps suspendu autant que le tableau comme un espace continué. Une telle conception du littéraire et du pictural vise donc à proposer un nouvel ordre de rapport entre les deux formes d’art, non pas dans le but d’en revenir à un ut pictura poesis prônant la parenté entre les arts mais dans un refus de cantonner l’un et l’autre dans une logique excluante, et d’interroger jusqu’aux effets d’interférences entre les arts verbal et pictural.

L’appréhension du pictural par le temps et du littéraire par l’espace suspensif, peut concerner tant les considérations sur la création de l’œuvre que sur sa réception. Du côté de la création artistique, on constate en effet que l’équilibre interne de l’œuvre plastique est souvent analysée en termes de mouvements ou successions d’instants donnés à lire dans une seule image, tandis que du côté de l’œuvre littéraire, on trouvera une pléthore d’exemples de « non-avancées » de récits littéraires, alors que ceux-ci sont pourtant théorisés jusqu’à aujourd’hui en termes de « progression » d’une intrigue « vers » un dénouement : en fonction d’un temps séquentiel donc. 

De même, du côté de la réception critique des œuvres, plusieurs théoriciens de l’image se plaisent à souligner le temps du regard dans l’appréhension de l’œuvre picturale, dont le jugement n’est jamais celui du clin d’œil instantané mais incite à la posture méditative et inscrit l’expérience esthétique dans une continuité temporelle. Du côté de la littérature, très souvent un roman, une pièce de théâtre ou de poésie suscite auprès du lecteur un effet d’émotion tel que le souvenir de l’œuvre restera statique dans sa mémoire, survivant sous forme d’une image unifiée – et non comme une séquence décuplée. Images littéraire et picturale se retrouveraient alors dans les sillons émotifs et cognitifs que laisse l’œuvre derrière elle, une fois le tableau quitté et le livre refermé.  

La journée d’études voudrait rassembler des jeunes chercheurs en littérature et histoire de l’art de la période prémoderne (de la Renaissance aux Lumières) pour débattre de cette question dans une perspective à la fois historique et théorique.

La journée d’études est une initiative collective de l’équipe FIRL en complément au colloque organisé avec Duke University les 19 et 20 décembre 2019.

Les propositions de communication (titre et résumé) sont à envoyer avant le 15 juillet 2019 à

Nathalie Dauvois: Nathalie.Dauvois@sorbonne-nouvelle.fr

& Sophie Houdard: Sophie.Houdard@sorbonne-nouvelle.fr

& Nathalie Kremer: Nathalie.Kremer@sorbonne-nouvelle.fr


Type :
Colloque / Journée d'études

mise à jour le 17 juin 2019