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JE Les mots résomptifs en discours

le 6 novembre 2020
10h-17h

Journée d'étude

Programme - Journée d étude Les anaphores résomptives-page-001.jpg
Les travaux de recherche sur l’anaphore sont nombreux, y compris sur l’annotation (projet ANCOR (corpus de grande taille annoté en anaphore), projet en cours ANR DEMOCRAT (porteurs: F. Landragin, C. Schneidecker, Céline Guillot-Barbance) sur les chaînes de référence. Il s’agit cependant essentiellement de ce que Michel Maillard appelait les anaphores ou cataphores "segmentales", c’est-à-dire celles qui concernent la reprise d’"un simple segment" (Maillard, 1974) tel qu’un groupe nominal comme la jeune femme en (1): (1) La jeune femme s’habilla, puis elle sortit. Cette journée est consacrée quant à elle à l’étude des mots résomptifs en discours qui peuvent conduire, comme les pronoms, à une anaphore ou une cataphore résomptives en ce qu’ils renvoient à "un énoncé plus ou moins long" (Maillard 1974, Lefeuvre 2007), à "une proposition ou un ensemble de propositions qui peut être relativement long et non pas à une simple entité référentielle" (Guillot 2007) et plus généralement à une "unité prédicative" (Lefeuvre 2016) du type: (2) Il déjeuna. Après quoi il partit. Du point de vue de la saillance référentielle, ce phénomène peut s’apparenter à la déixis discursive (cf. Kleiber 1994: 26 et Guillot 2006), dans la mesure où "l’objet de référence" est "nouveau" (Kleiber 1994).
Les intervenants examineront certains items résomptifs comme le pronom ça, le clitique ce (Theissen 2008) ou le pronom quoi. Différents travaux ont montré que ces mots relèvent du "non nommé" (Maillard 1974), du "non classifié" (Kleiber 1994 (p. 75), Corblin 1987), du "non catégorisé" (Lefeuvre 2006), ou encore de "l’indistinct" (Corblin 1995) ou de "l’indifférencié" (Lefeuvre 2017), ce qui les rend aptes à renvoyer à des situations (Vendler 1957) dénotées par des unités prédicatives. Notre réflexion prendra également en compte les noms sous-spécifiés comme problème (Rose et alii) ou les prédicats averbaux qui en discours peuvent renvoyer à une unité prédicative (Lefeuvre 1999, Lefeuvre 2016), en la caractérisant ou en la classifiant (Il est arrivé encore une fois en retard. Incroyable!) et qui de ce point de vue, adoptent un fonctionnement résomptif.
Cette journée d’études comportera un volet syntaxique et un volet discursif. Sur le plan syntaxique, elle permettra de s’interroger sur la catégorie de ces termes: constituent-ils des pronoms ou des proformes? Le mot quoi forme-t-il un pronom relatif ou bien un simple "pronom anaphorique" (Pierrard, 1988: 210)? Les noms sous-spécifiés sont-ils des mots pleins ou des éléments grammaticaux? Les prédicats averbaux deviennent-ils dans certains cas des marqueurs discursifs? Sur le plan discursif, le fonctionnement organisationnel de ces items résomptifs en discours sera mis en évidence. La condensation informationnelle qu’ils impliquent peut s’établir en marquant le point de vue du locuteur et en donnant une évaluation (Roze et alii). Ces items peuvent entrer dans la composition de schémas discursifs, par exemple avec les unités résomptives (Lefeuvre 2016 et 2017) dévolues au commentaire d’unités prédicatives.

Bibliographie
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  • Corblin F., 1987: "Ceci et cela comme formes à contenu indistinct", Langue française, 75, p. 75-93.
  • Corblin F., 1995: Les formes de reprise dans le discours, Anaphores et chaînes de référence, Rennes, PU de Rennes.
  • Guillot C., 2006: "Démonstratif et déixis discursive: analyse comparée d’un corpus écrit de français médiéval et d’un corpus oral de français contemporain", Le démonstratif en français, C. Guillot (éd), Langue française, 152, p. 56-69.
  • Guillot C., 2007: "Entre anaphore et deixis: l’anaphore démonstrative à fonction résomptive", Actes du XXIVe Congrès international de linguistique et de philologie romanes, D. Trotter (éd.), Aberystwyth, 1-6 août 2004, Tübingen: Niemeyer, 307-315. HALSHS-00324174.
  • Kleiber G., 1994: Anaphores et pronoms, Louvain-la-Neuve, Duculot.
  • Lefeuvre F., 2007: "Le segment averbal comme unité syntaxique textuelle", Parcours de la phrase, Mélanges en l’honneur de Pierre Le Goffic (Charolles, Fournier, Fuchs, Lefeuvre eds), p. 143-158, Ophrys (https://halshs-archives-ouvertes.fr/halshs-halshs-00138297)
  • Lefeuvre F., 2006: Quoi de neuf sur quoi? Etude morphosyntaxique du mot quoi, PU Rennes.
  • Lefeuvre F., 2016: "Les segments averbaux résomptifs antéposés", Phénomènes d’attente et de projection, Béguelin, Corminboeuf eds, Langue Française, 192, p. 53-68.
  • Lefeuvre F. 2017: "Une chose est sûre", dans Lexique, grammaire et discours: les marqueurs discursifs, G. Dostie, F. Lefeuvre (eds). Paris : Champion, p. 207-226.
  • Lefeuvre F., 1999 : La phrase averbale en français, Paris, L’Harmattan.
  • Maillard M., 1974: "Essai de typologie des substituts diaphoriques", Langue française, 21, p. 55-71.
  • Pierrard M., 1988: La relative sans antécédent en français moderne, Louvain, Peeters.
  • Roze Ch., Charnois Th, Ferrari S., Legallois D. et Salles M., 2014: "Identification des noms sous-spécifiés, signaux de l’organisation discursive", 21e Traitement Automatique des Langues Naturelles, Marseille, 2014.
  • Schnedecker C., 1998: Nom propre et chaînes de référence, Klincksieck, Paris.
  • Theissen A. (2008): "/Ceci /en emploi cataphorique". in Bertrand O., Prévost S., Charolles M., François J., Schnedecker C. (éds), Discours, diachronie, stylistique du français, Berne, Peter Lang, 159-173.
  • Vendler Z., 1957: "Verbs and times", Repris dans Vendler, Z. (1967), Linguistics and philosophy, Ithace: Cornell University Press.

Type :
Colloque / Journée d'étude
Contact :
Florence Lefeuvre
Lieu(x) :
Centre Censier - Salle Las Vergnas
3e étage, site Censier (13 rue Santeuil, 75005 Paris)
Plan d'accès
Partenaires :
Organisée par: Florence Lefeuvre, Irina Ghidali, Zoé Maillard, Thi Hieu Vu, Liping Zhao dans l’équipe d’accueil CLESTHIA EA 7345 et le Labex EFL

mise à jour le 13 octobre 2020