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Index des commentateurs A-G

ACRON et PORPHYRION
Les annotations que nous avons conservées sous le nom d'Acron et Porphyrion, scoliastes des IIe et IIIe siècle de notre ère ne sont pas en fait toutes de ces deux auteurs. A la fin du second siècle Helenius Acron écrivit des commentaires sur Térence et Horace. Porphyrion lui-même cite Acron. Mais le nom d'Acron ne figure dans aucun texte avant le XVe, l'attribution dut être faite par un humaniste, et on attribua à Acron toute une série de scolies. On peut consulter à ce sujet Otto Keller, "Comment les scolies porphyroniennes ont-elle pris le nom d'Acron ?", Mélanges Boissier, 1903, p. 311-314. Keller distingue trois époques dans les scolies du Pseudo-Acron : les 5e, 7e et 8e siècles. La plus grande partie des scolies pseudacroniennes dérivent du commentaire de Porphyrion, certains détails peuvent provenir du véritable Acron. On peut au demeurant distinguer les deux commentateurs. Le commentaire d'Acron est principalement historique et savant, celui de Porphyrion est celui d'un maître d'école. On trouve les scolies d'Acron et Porphyrion dans l'édition Keller et Holder. Mais comme l’a montré K. Friss-Jensen (1997) citant G. Noske (1969), l’édition Keller d’Acron ne tient pas assez compte de la question des sources multiples du commentaire transmis en marge des manuscrits d’Horace au Moyen Age et attribué à Acron seulement par les humanistes italiens.

Pomponi Porfyrionis commentum in horatium Flaccum recensuit A. Holder, Innsbruck, 1894.
Pseudoacronis Scholia in Horatium vetustiora, recensuit O. Keller Leipzig, 1902-1904.

Diederich, Silke,  Der Horazkommentar des Porphyrio im Rahmen der kaiserzeitlichen Schulune Bildungstradition, Berlin, Walter de Gruyter, 1999.
Friis-Jensen, K., "Medieval commentaries of Horace", p. 51-74 in Medieval and Renaissance Scholarship, éd. par N. Mann et B. Munk Olsen, Leiden-New York-Cologne, Brill, 1997, notamment p. 51-52.
Kalininan, Antonina, Der Horazkommentar des Pomponius Porphyrio : Untersuchungen zu seiner Terminologie und Textgeschichte, Stuttgart, Franz Steiner, 2007.
Langenhorst, August, De scholiis Horatianis quae Acronis nomine feruntvr quaestiones selectae, Bonn, 1908.
Noske, Gorttfried, Quaestiones pseudacronea, Diss. Munich, 1969.
Taraskin, Paulina, "Horace scholiasts Porphyrio and 'Acro' in early modern printed editions. (1474—1838)", Studia Aurea, 7, 2013: 339-364. Article en ligne.
Wessner, Paul, "Quaestiones Porphyrioneae",  Commentationes philologae Ienenses 5, 1894, p.153-196.

BADE, JOSSE  - BADIUS ASCENSIUS, JODOCUS (1461-1535)
D'abord élevé chez les frères de la vie commune à Gand, Josse Bade poursuivit ses études à Louvain puis en Italie, où il fut l'élève de Battista Guarino et brièvement de Philippe Béroalde l'ancien. Il enseigna à Valence et à Lyon et commença à publier (notamment ses Sylvae morales) chez le libraire Jean Treschel, dont il devint le correcteur puis l'associé.
En 1499, il s'installa à Paris et à partir de 1503 à son propre compte sans doute avec l'aide du libraire Jean Petit. Il poursuivit ses activités d'éditeur scientifique tout en imprimant. Son atelier était le rendez-vous des humanistes. Gravitait autour de son atelier tout un cercle de collaborateurs (Bérauld, Dubois), les Ascensiani. Il entretenait par ailleurs des relations avec la plupart des grands humanistes européens.
Josse Bade édita durant toute sa vie les classiques latins, en fournissant des commentaires. Dès 1500, parurent ses commentaires familiers sur les épîtres, les satires et l'art poétique d'Horace dont des fragments avaient déjà paru dans les Sylvae morales, la première édition des épîtres date d'octobre, celle des satires a dû la précéder. L'ensemble de ces commentaires d'Horace est réuni en 1503. On trouve dans les éditions suivantes de Josse Bade, outre les gloses d'Acron, Porphyrion et Mancinelli, des annotations d'Alde Manuce, et de M. Bonfini (dans l'édition de1519). En 1543, sont ajoutées les annotations d'Henri Glarean, en 1546, celles de Parrhasius, d'Erasme, Politien, Sabellicus, de Cælius Rhodiginus, de Pio, de Crinitus, de Robortello, etc., dans une sorte de processus additionnel qui réunit l'aréopage humaniste le plus large et le plus européen.

Renouard, Ph., Bibliographie de Josse Bade Ascensius, Paris, 1908, sur Horace, II, p. 496 et s.
Renouard, Ph., Imprimeurs et libraires parisiens du XVI siècle, Paris, 1969, II, 6-297. Version numérisée.
Contemporaries of Erasmus, I, 79-81.
Diu, Isabelle, « Medium typographicum et respublica literaria : le rôle de Josse Bade dans le monde de l'édition humaniste », Le livre et l'historien, Genève, Droz, 1997, p. 111-124.
Josse Bade, dit Badius (1462-1535), préfaces de Josse Bade, (1462-1535), trad., intr. et notes par M. Lebel, Louvain, Peeters, 1988.
White, Paul, Jodocus Badius Ascensius, Commentary, Commerce and Print in the Renaissance, Oxford, Oxford University Press, 2013, notamment p. 73-93 sur la démarche du commentaire familier  et p. 244 et s. sur le rôle central d'Horace dans sa conception de la littérature et notamment de la satire.


CRINITO, PIETRO - CRINITUS, PETRUS (1475-1507) [Pietro Del Riccio Baldi]
Né à Florence, Crinito étudia la rhétorique sous Politien et les classiques sous P. Sassi et U. Verino. Il est un des disciples les plus importants de Politien, hérita de sa bibliothèque et de ses papiers et fut son éditeur posthume. Crinito rencontra Savonarole et Pic de la Mirandole et participa à l'académie platonicienne. Après l'invasion de l'Italie par Charles VIII et la chute des Médicis en 1494, il alla de Naples à Rome, Venise et autres cités italiennes avant de revenir à Florence.
Son œuvre la plus célèbre est le De honesta disciplina, collection de lieux communs, publiée à Florence en 1504, et très souvent réimprimée. Comme Rhodiginus, Perotti ou Volterrani,, il travaille dans cet ouvrage à préparer les matériaux de la nouvelle culture. Le DHD n'est pas seulement constitué de matériaux disparates, certaines questions en structurent et unifient le propos. Comme Isidore de Seville qui appelait honesta la grammaire, l'humaniste florentin parle d'humaniores artes, d'honesta disciplina, montrant clairement qu'il voulait consacrer la littérature à l'humanitas chère à Valla, Bruni ou Politien. Il cherche une méthode d'étude qui soit aussi une discipline, l'humanitas, comme capacité à former et diriger dans l'activité scientifique et théorique et dans la vie pratique et civile, à l'exemple des anciens, les nouvelles générations
Ses Libri de poetis latinis, Florence, 1505, constituent la première biobibliographie sur une catégorie particulière d'auteurs. Sa vie d'Horace accompagne presque toutes les éditions des Opera au long de la Renaissance.
Il est enfin l'auteur d'une vie de Salluste, de commentaires des lettres de Cicéron, des fables d'Esope et des œuvres d'Horace.
Les trois œuvres principales de Crinito, le De honesta disciplina, le De poetis latinis et les Poemata sont publiées par Josse Bade et contribuent à la diffusion de l'humanisme italien en France.

De Honesta disciplina, Rome, 1955  édition C. Angeleri avec une préface d'E. Garin.
A. Mastrogianni, Die Poemata des Petrus Crinitus und ihre Horaz imitation, Einleitung, Text, Übersetzung uned Kommentar, Hambourg, 2002.
Cont. of Erasmus, I, 358-9

Ann Moss, « Humanists and the invention of Literary History », Acta conventus Neo-Latini Bariensis, Tempe, Arizona, 1988, p. 411-417.
P. Galand-Hallyn, « Les miscellanées de Pietro Crinito : une philologie de l'engagement et du lyrisme », in Ouvrages Miscellanées et Théories de la connaissance à la Renaissance, études réunies par D.de Courcelles, Paris, Ecole des Chartes 2003, p. 57-77.


DENORES (DE NORES), GIASON - DE NORES CIPRIUS, IASON (1530-1590)
Notice de Monique Bouquet
La date de sa naissance est incertaine (1510, selon Nicolaou Konnari), mais au vu de son parcours, on peut penser qu’il est né à Nicosie autour de 1530. Il appartient à une famille chypriote qui a des liens étroits, diplomatiques et matrimoniaux, avec les aristocrates de la Sérénissime et il vient alors à Venise, avant d’étudier à Padoue sous la conduite de Trifone Gabriele et de Sperone Speroni, à qui il doit beaucoup pour sa réflexion sur la rhétorique et la poétique. Une fois ses études terminées (vers 1553), il revient à Chypre où il compose son commentaire à l’Ars Poetica d’Horace en hommage à son maître vénéré, Gabriele, qui vient de mourir.
S’il y a peu (ou pas) de traces de son activité littéraire sur l’île, en revanche on dispose de nombreux témoignages de son activité intellectuelle dès son retour à Venise en 1570, date à laquelle il devient membre de l’Accademia Pellegrina en même temps qu’il enseigne la rhétorique au studio de Padoue. C’est en 1577 qu’il occupe à Padoue la chaire de philosophie morale et politique (anciennement occupée par Robortello), date à partir de laquelle il publie de nombreux traités et discours, en italien et en latin.
Alors que son commentaire à l’A.P. a été publié à Venise en 1553 (et à Paris en 1554), c’est à Padoue principalement qu’il publie des ouvrages relatifs à la rhétorique ancienne (aristotélicienne et cicéronienne) ainsi qu’un traité de rhétorique de sa façon Della Rhetorica (1584). C’est à l’occasion de la publication, en 1586, de son Discorso intorno a que' principii, cause, et accrescimenti che la comedia, la tragedia et il poema eroico ricevono dalla filosofia morale e civile e da' governatori delle Repubbliche, que s’engage entre lui et Guarini (auteur du Pastor Fido) une polémique violente sur la tragicomédie pastorale, que Denores vient de censurer dans son Discorso (après Speroni dans sa Canace) car, selon lui, ce genre trop inféodé à l’hédonisme menace les valeurs morales et contrevient au principe de l’utilité sociale et morale de la poésie. S’ensuivent des textes de répliques de part et d’autre qui aboutissent à la censure de Denores, lequel publie en 1588 sa propre Poetica ( toujours à Padoue).
Il meurt en 1590 : il s’est exilé suite à la condamnation de son fils Pietro pour meurtre, après avoir cependant composé un Panegirico in laude della serenissima Reppublica di Venezia.
Denores se singularise par sa capacité à renouveler la réflexion sur l’art, à prendre à parti ceux qui tranchent en faveur d’une théorie plutôt qu’une autre, notamment dans le cadre de la poétique et de la rhétorique platoniciennes ou aristotéliciennes (cf. Grifoli), à vouloir instituer des règles qui prennent en compte l’environnement culturel, politique, social de son temps. Il s’ensuit une vigueur et une liberté de pensée et de parole qui en font un représentant notable de la culture contreréformiste.
 
Œuvres de Denores :
In epistolam Q. Horatii Flacci de arte poetica Iasonis de Nores Ciprii ex quotidianis Tryphonis Cabrielii sermonibus interpretatio. Eiusdem breuis, et distincta summa praeceptorum de arte dicendi ex t tribus Ciceronis libris de oratore collecta, Venetiis, apud Aldi filios, 1553. (Venetiis, apud Andream Arriuabenum, 1553).
In epistolam Q. Horatii Flacci de arte poetica Iasonis de Nores Ciprii ex quotidianis Tryphonis Cabrielii sermonibus interpretatio, Parisiis, apud viduam Mauricii à Porta, in clauso Brunello, sub signo D. Claudii, 1554.
Horatiani hujus voluminis tomus alter […] Franciscus Luisinus Utinensis in Artem poëticam. Jacobus Grifolius Lucinianensis in Artem poëticam. Jason de Nores Cyprius in Artem poëticam…, Basileae, apud Henrichum Petri, 1555.
Breue trattato del mondo, et delle sue parti, semplici, et miste. Con molte altre considerationi, che di grado in grado saranno più notabili, & più degne di cognitione, di Jason Denores, Venetia, appresso Andrea Muschio, 1571.
Breue trattato dell'oratore di m. Iason Denores alla studiosa et ualorosa gioventù de nobili della illustrissima Republica vinitiana. Discorso del medesimo intorno alla distinzione, deffinitione & diuisione della rhetorica, Padoua, appresso Simon Galignani, 1574.
Breue institutione dell'ottima republica di Iason Denores, raccolta in gran parte da tutta la philosophia humana di Aristotile, quasi come vna certa introduttione dell'Ethica, Politica, et Economica, Venetia, appresso Paolo Megietti, 1578.
Oratione di Iason Denores al sereniss. principe di Venetia Sebastian Veniero, per nome di quei gentil'huomini del regno di Cipro, che dopo la perdita della patria si trouarono presenti nel tempo della sua felicissima, Padoua, [Paolo Meietti], per Lorenzo Pasquati, 1578.
In M. Tullii Ciceronis vniuersam philosophiam de vita, et moribus ... Ioannis Denores breuis, & distincta institutio, Patauii, apud Paulum Meietum, 1581.
Tauole di Jason Denores del mondo, et della sphera, le quali saranno, come introduttione a' libri di Aristotile Del cielo, Delle meteore, & De gli animali. Con la Spheretta del clarissimo Triphon Gabriele, Padoua, appresso Paulo Meietto, 1582.
De constitutione partium uniuersae humanae, et ciuilis philosophiae, quam Aristoteles sapienter conscripsit, ad clarissimum, et nobilissimum iuuenem Thomam Maripetro, clarissimi viri Stephani filium, et morib. et studiis eius uere amatorem, et fautorem, Patauii, apud Paulum Meietum, 1584.
Della rhetorica di Giason Denores libri tre. Ne' quali, oltra i precetti dell'arte, si contengono vinti orationi tradotte de' più famosi, & illustri philosophi, & oratori con gli argomenti loro, discorsi, tauole et ruote, Venetia : appresso Paolo Megietto, 1584.
Della rhetorica di Giason Denores libri tre, ne' quali, oltra i precetti dell'arte, si contengono vinti orationi, tradotte de' piu famosi philosophi, et oratori: con gli argomenti loro, et artificii, Venetia, appresso Giorgio Angelieri, 1584.
Discorso di Iason Denores intorno a que' principii, cause, et accrescimenti, che la comedia, la tragedia, et il poema heroico riceuono dalla philosophia morale et ciuile, et da' gouernatori delle republiche, Padoua, appresso Paulo Meieto, 1586 (et 1587).
Poetica di Iason Denores nella qual per via di definitione et diuisione si tratta secondo l'opinion d'Arist. della tragedia, del poema heroico, et della comedia, Padoua, appresso Paulo Meietto, 1588.
Sphera di Iason Denores raccolta da nobilissimi scrittori, et con nouo ordine sommamente facilitata. A gl'illustrissimi signori academici innominati di Parma. Discorso del medesimo intorno alla geografia, Padoua, appresso Paolo Meietti, 1589.
Panegirico di Iason De Nores in laude della sereniss. Rep. di Venetia, Padoua, appresso Paolo Meietti, 1590.
Apologia contra l'auttor del Verato di Iason De Nores di quanto ha egli detto in un suo discorso delle tragicomedie, et delle pastorali..., Padoua, appresso Paolo Meietti, 1590.

Sources secondes :
Nicolau-Konnari, Angel, « L’identité dans la diaspora: travaux et jours de Pierre (avant 1570 (?)-après 1646) et Georges de Nores (1619-1638) », in Sabine Fourrier and Gilles Grivaud (eds.), Identités croisées en un milieu méditerranéen : le cas de Chypre (Antiquité – Moyen Âge), Mont-Saint-Aignan, Publications des Universités de Rouen et du Havre, 2006), pp. 329-353.
Nicolau-Konnari, Angel, “Francesco Patrizi’s Cypriot Connections ang Giason and Pietro De Nores”, Cyprus and the Renaissance (1450-1650) Brepols 2012, p. 157-204. (cf. En particulier, n. 8-9 pour l’œuvre de Denores et les études critiques de cette œuvre).
Patrizi, Giorgio, "Denores, Giasone", Dizionario Biografico degli Italiani - Volume 38 (1990).
Jourde, M. – Monferran, J.-C., "Jacques Peletier, Lecteur de Giason Denores : une source ignorée de l’Art Poétique", Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance - Tome LXVI-1, p.119-132, Genève, Droz, 2004.


FABRICIUS, GEORG (Chemnitz 1516-Meissen 1571)
Georg Fabricius, 1516-151, poète latin et philologue, historien et archéologue, éditeur de Térence, Virgile et Horace, dirigea pendant 25 ans le collège de Meissen.  G. Fabricius fit ses études à Leipzig, il devint précepteur des frères Werthern et accompagna le plus âgé d'entre eux, Wolfgang, en Italie à partir de 1539 : ils séjournèrent d'abord à Padoue, puis à Ferrare, Bologne, Florence, Rome et Naples avant de revenir en Allemagne en 1543. Il publia en 1547 les différentes étapes de son voyage en Italie sous forme de lettres en vers, lettres datées de 1543-1544. Il publie aussi le résultat de son étude des antiquités de Rome en 1549, notamment une sélection d'inscriptions qui ont trait aux textes de loi ce qui constitue un moment important de l'histoire de l'épigraphie, mais aussi de la philologie juridique. Il devient en 1546 recteur du collège de Meissen, fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1571. Il a publié des éditions de Térence (1548), Virgile (1551), Horace (1555, 1571): Il commença par une édition d'Horace qui compilait différents commentaires, celle de Bâle, 1555 que  nous proposons ici, puis donna sa propre édition à Leipzig en 1571. Protestant, Fabricius connut Sturm et Melanchton. Il publia deux livres d'Hymnes en 1553, réédités en 1560 et 1567 sous le titre Poematum sacrorum libri. Sa confession lui valut de voir son édition d'Horace mise à l'index à Rome en 1557 et l'ensemble de son œuvre en 1559.

G. Fabricii... Itinerum liber unus, Leipzig, 1547, nouvelle éd. Bâle, 1560
Antiquitatis aliquot monumenta insignia, Strasbourg, 1549.
Roma, liber ad opt. Autorum lectionem apprime utilis ac necessarius, ejusdem itinerum liber unus, Bâle, 1551.
De syntaxi partium orationum apud graecos liber, G. Morel, 1551
Poetarum veterum ecclesiasticorum opera christiana, 1562
De re poetica libri septem, 1565
Horatii Flacci Poemata, illustrata argumnentis et castigationibus G. Fabricii Chemnicensis, cum indice adagiorum, Leipzig, J. Steinman, 1571.
D. J. Schreber, Vita clarissimi viri Georgii Fabricii chemnicensis, Lepizig, 1717.
Neue Deusche Biographie,  Berlin, 1953-2001, IV, 734-735.
L'Europe des humanistes, 177.
Sandys, S.E., An History of classical Scholarship, Cambridge, 1908, II, 268
Nouvelle Biographie Universelle, 16, 958
Schäfer, E., Deutscher Horaz. Conrad Celtis, Georg Fabricius, Paul Melissus, Jacob Balde. Die Nachwirkung des Horaz in der neulateinischen Dichtung Deutschland. Wiesbaden, 1976.

GLAREANUS, HENRICUS - GLAREAN, HEINRICH LORITI (1488-1563)
Né près de Glarus en Suisse, H. Loriti est  en général connu sous son patronyme latin. Il reçut une éducation à la fois rhétorique et musicale à Württemberg, puis à Cologne où il devint en 1512 poeta laureatus. Il se lia avec Zwingli.
Glareanus vint à Bâle en 1514 il y rencontra Erasme, Froben, B. Rhenanus. Il occupe les fonctions de directeur de collège à Bâle (1514-7), puis à Paris (1517-22) puis à nouveau Bâle et enfin Fribourg. Glareanus se consacre aux commentaires des ouvrages de la littérature classique : en histoire, mathématique et musique : Salluste, Tacite, Tite-Live, Denys d'Halicarnasse, Horace, Ovide, César...
Ses théories musicales font beaucoup pour sa réputation. Il publie en 1516 l'Isagoge in musicen et en 1547, le Dodecachordon traité de théorie musicale, où il retrace l’histoire  de la musique et invente un système musical fondé sur douze modes.
Glareanus publie sa première édition des œuvres d’Horace en 1533 en même temps que ses Annotationes in Q. Horatium Flaccum et dédicace les deux textes à J. Fabri, archevêque de Vienne. Ses Annotationes sont remarquables par leur approche critique de la tradition antérieure du commentaire d’Horace, qu’il s’agisse de sa comparaison des commentaires d’Acron et Porphyrion, toujours en faveur de Porphyrion, commentateur le plus ancien et le plus exact selon lui, ou de ses critiques des commentaires de Landino ou de Mancinelli. Il accuse notamment Landino d’incurie et de négligence et Mancinelli, qui cite volontiers ses propres commentaires ou poèmes, d’ambition. Claudia Wiener a montré dans son étude des Annotationes et de l’exemplaire de l’édition (Venise, 1486) des œuvres d’Horace annoté par Glareanus, qu’il n’y révisait pas le texte, mais en commentait les commentaires. Ses Annotationes reprennent avec plus de modération certaines de ces notes pour les rectifier. Glareanus donnerait ainsi à ses élèves, par cette démarche critique, une leçon de philologie. La conservation de plusieurs cahiers d’élèves de Glareanus qui ont bénéficié là aussi d’une étude permettent de prendre la mesure de cette dimension pédagogique de la philologie critique de Glareanus.

Contemporaries of Erasmus, vol. 2, p. 105-108.
Der Humanist Henrich Loriti genannt Glarean 1488-1561, verfasst von R. Aschmann et alii, Glaris, 1983.
I. M. Groote et B. Kölbl « Glarean the professor and his students books », BHR, LXXIII-1, 2011.
E. Lichtenhaln, « « Ars perfecta » zu Glareans Auffassung der Musikgeschichte » in Festschrift A. Geering , Bern, 1972, 129-138.
J.-C. Margolin, « Un échange de correspondance humaniste à la veille de la réforme. Henri Glaréan-Oswald Myconius (1517-1524), in La correspondance d'Erasme et l'épistolographie humaniste, Bruxelles, 1985, p. 145-181.
H. Schreiber, H. Loriti Glareanus, seine Freunde und seine Zeit, Friburg, 1837.
Claudia Wiener, « Glarean’s didactic approach to Horace, and his critical review of classical and modern commentaries », in Heinrich Glarean's Books: The Intellectual World of a Sixteenth-Century Musical Humanist, éd. Iain Fenlon, Inga Mai Groote, Cambridge University Press, 2013, p. 223-247.


GRIFOLI (GRIFFOLI), JACOPO - GRIFOLUS LUCINIANENSIS, IACOBUS
Notice de Monique Bouquet
On sait peu de choses sur Jacopo Grifoli,dont on ignore les dates de naissance et de mort, les témoignages de ses contemporains constituant la source la plus fructueuse ; issu d’une famille installée à Lucignano à partir de 1426, il serait né tout près de Sienne. On sait, par des lettres élogieuses de Bartolomeo Ricci et de Paolo Minuzio, qu’il fut sollicité pour remplacer Egnazio à Venise, puis réclamé par l’université de Bologne, avant d’être élu pour trois ans comme professeur d’éloquence à Vicenza, en 1542. Il serait ensuite allé à Pérouse, comme professeur de belles lettres et de langue grecque, avant de retourner à Vicenza en 1556 où il fut élu pour trois ans et reconduit pour trois autres années, en 1559.
Cet humaniste, philologue, maîtrisant bien le grec, a traduit en latin les Olynthiennes ainsi que deux des Philippiques de Démosthène (Florence,1550), prononcé et publié plusieurs discours (leçons d’ouverture ou discours d’éloge) dont celui à la gloire de Côme de Médicis (Florence,1565). Mais il est surtout connu pour son commentaire à l’Art poétique d’Horace publié conjointement avec celui à la Rhétorique à Hérennius attribuée à Cicéron (en 1550 à Florence, 1552 à Paris, et 1555 à Bâle dans les Opera Horatii, chez Henricus Petrus). C’est en sa qualité de commentateur du poème horatien et de sa connaissance de la Poétique d’Aristote, qu’il figure aux côtés d’auteurs de poétiques ou commentateurs d’Aristote et d’Horace, dans l’Occhiale Stritolato d’Angelico Aprosio Ventimiglia, et qu’il fait l’objet d’un éloge appuyé de Pier Vetttori dans une lettre adressée à Sallustius Piccolomini, à qui Vettori demande de faire hâter la mise sous presse du commentaire à l’Art Poétique qu’il vient de lire.
Grifoli s’était fait connaître préalablement à l’occasion de la querelle cicéronienne, par ses « défenses » de Cicéron publiées en 1546, dans lesquelles il ripostait à l’anti-cicéronien Celio Calcagnini, qui dénonçait tout particulièrement les imperfections stylistiques de Cicéron, dans une préface à l’édition du De officiis publiée à Bâle, en 1538. Une seconde controverse l’opposa à Giasone Denores, son condisciple auprès de Trifone Gabriele, à qui il répondit, très fermement et point par point, dans la réédition de son commentaire à l’Art poétique d’Horace en 1562, à Venise.
 
Œuvres de Grifoli :
M. Tullii Ciceronis defensiones contra Caelii Calcagnini disquisitiones in ejus Officia, per Jacobum Grifolum,  Venetiis, apud Aldi filios, 1546.
Demosthenis Orationes tres olynthiacae; et prima, et secunda contra Philippum, interposita ea, quae idem scripsit de pace, in latinum ab Iacobo Grifolo Lucinianensi conuersae. Xenophontis rhethoris Hieron, vel Tyrannicus ab eodem conuersus, Florentiae, in aedibus Laur. Torr., sexto calend. Nouemb. 1550.
Q. Horatii Flacci liber de Arte poetica Iacobi Grifoli Lucinianensis interpretatione explicatus. Rhetoricos libros ad Herennium, ad Tullium Ciceronem nihil omnino pertinere per eundem declaratur, Florentiae, 1550.
Q. Horatii Flacci liber de Arte poetica, Jacobi Grifoli,... interpretatione explicatus. Nunc primum post Florentinam aeditionem Lutetiae impressus, Paris, ex typographia M. Davidis, 1552.
Horatiani hujus voluminis tomus alter […] Franciscus Luisinus Utinensis in Artem poëticam. Jacobus Grifolius Lucinianensis in Artem poëticam. Jason de Nores Cyprius in Artem poëticam… Basileae, apud Henrichum Petri, 1555.
Iacobi Grifoli Lucinianensis Orationes variae variis in locis habitae, Venetiis, 1557.
Iacobi Grifoli Lucinianensis Oratio de vera gloria. Habita Vicentiae ab Antonio Valmariano Io. Aloysii f., Venetiis, apud Cominum de Tridino Montisferrati, 1561.
Q. Horatii Flacci liber de Arte poetica Iacobi Grifoli Lucinianensis interpretatione explicatus, & nuper recognitus, defensis locis omnibus, quos temere Iason de Nores improbauerat. Rhetoricos libros ad Herennium, ad Tullium Ciceronem nihil omnino pertinere per eundem declaratur, Venetiis, apud Ioannem Variscum, et socios, 1562.
De laudibus Cosmi Medicis illustrissimi Florentiae Senarumque ducis. Oratio Iacobi Grifoli Lucinianensis, Florentiae, apud filios Laurentii Torrentini, & sociorum, 1565.
Sources contemporaines de Grifoli :
Manuzio, Paolo, Tre libri de lettere volgari, Venetia, 1556, lib. II, p. 47-48.
Ricci, Bartolomeo, Bartholomaei Ricii Lugiensis epistolarum libri VIII, Bononiae, 1560, p. 54-56.
Ventimiglia, Angelico Aprosio, L’Occhiale Stritolato, Venezia, presso Taddeo Pavoni, 1641, p. 200.
Vettori, Pier, Petri Victorii epistolarum libri decem, Florentiae, apud Iuntas, 1586, p. 40.
Sources secondes :
de Angelis, Luigi, Biografia degli scrittori sanesi, Siena, 1824, p. 349-350.
Grimaldi, Anna Maria, “L'arte poetica nei commenti et nelle traduzione del cinquecento”, Orazio e la letteratura italiana. Contributi alla storia della fortuna del poeta latino, Rome, 1994, p. 53-88.
Millet, Olivier, “Poétique, rhétorique et allégorie : les interprétations de la chimère horatienne (Art Poétique,vers 1-13)”, Camenae n° 13, 2012.
Salvi, Ignazio, Memorie antiche e moderne intorno alle pubbliche scuole in Vicenza, Vincenza,1815, p. 59-60; 72-74.
Vermiglioli, Giovanni Battista, Biografia degli scrittori perugini, Perugia, presso Bartelli e Constantini, 1829, p. 245.
Weinberg, Bernard, A history of literary criticism in the Italian Renaissance, 2 vol., Chicago, University of Chicago Press, 1961.

Index des commentateurs L-Z
 

mise à jour le 19 novembre 2016