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Hervé Couvert, diplômé de l'ESIT

le 11 décembre 2012
 

Un parcours atypique et un échange ERASMUS en Italie ont permis à Hervé de se préparer à son futur métier tout en mettant en évidence le besoin d'une formation professionnalisante. Diplômé de l'ESIT en juin dernier, il nous livre ses impressions sur ses 6 premiers mois de vie professionnelle...

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Hervé Couvert, pourriez-vous vous présenter ?

Comme beaucoup d’étudiants typiques de l'Ecole supérieure d'interprètes et de traducteurs (ESIT) j’ai connu un parcours assez atypique. Diplômé d’école de commerce à Nancy en 1999, j’ai un peu papillonné, notamment en suivant des cours à l’École du Louvre, avant de travailler dans des fonctions plus ou moins commerciales. Malgré quelques bonnes expériences – toute expérience est d’ailleurs bonne à prendre, particulièrement dans le domaine de la traduction – l’épanouissement par le travail que j’avais espéré ne s’est jamais produit. À trente ans, j’ai décidé de prendre le taureau par les cornes et de passer l’examen/concours d’entrée de l'École Supérieure d'Interprètes et de Traducteurs (ESIT). J'ai intégré l'école en « année préparatoire », la dernière de l’histoire de l’ESIT avant la réforme LMD, et entamé ainsi un cursus de trois ans en m’investissant pleinement dans la vie de l’École, notamment en intégrant le Bureau des étudiants puis en étant élu au Conseil de gestion de l’ESIT. Après mon diplôme et quelques mois comme salarié dans une agence de traduction, je travaille aujourd’hui à mon compte.

Pourquoi avoir choisi l'ESIT après un parcours qui n’avait a priori aucun rapport avec les langues ou la traduction ?

Même si je n’avais pas initialement souhaité y consacrer des études, j’étais depuis toujours féru de langues étrangères. C’est ainsi à l’occasion d’un séjour universitaire (via le programme d’échanges universitaires de l’Université Nancy 2, équivalent exact d’ERASMUS) de cinq mois à la faculté d’économie de Florence que j’ai appris l’italien, qui fait aujourd’hui partie de mes langues de travail. En outre, dans le cadre de mon expérience professionnelle, j’étais régulièrement identifié comme « celui qui parle des langues étrangères » et sur qui on comptait pour effectuer les traductions maison ou servir d’interprète à l’occasion, ce qui occupait – pour mon plus grand plaisir mais sans contrepartie financière – une part croissante de mon emploi du temps. L’évolution était donc logique. J’ai alors envisagé la possibilité de me lancer directement comme traducteur indépendant, ce qui n’a rien d’interdit ni d’inhabituel, mais j’ai préféré faire valider mes compétences, apprendre les ficelles du métier et surtout acquérir un réseau de collègues, élément fondamental pour la réussite professionnelle.
Je dois avouer que je ne connaissais pas l’ESIT avant de m’y inscrire ! Après examen des différentes possibilités qui s’offraient à moi, j’ai simplement choisi la formation qui me paraissait être la meilleure, quoique la plus longue, et je m’en félicite tous les jours – d’autant plus que j’y ai trouvé l’âme sœur !
 

Vous êtes parti cinq mois en échange ERASMUS, quel en est à votre avis le bénéfice, conseillez-vous aux étudiants de solliciter un tel échange ?

Les avantages sont multiples. Un tel séjour est d’abord un bonheur en soi : on y découvre une ville et une culture étrangères ; en devenant l’étranger on n’a pas d’autre choix que d’aller vers les autres et de s’ouvrir. C’est bien entendu l’occasion de renforcer ses compétences linguistiques, mais c’est surtout un apprentissage de l’art de constituer un réseau. C’est une vérité absolue en traduction mais cela vaut également pour beaucoup d’autres domaines : on gagne toujours à disposer d’un réseau de collègues. Sur un plan personnel, on y gagne bien sûr des amis et de la culture générale, mais c’est surtout une richesse dont on profite une fois entré dans la vie professionnelle. Par exemple, lorsqu’un traducteur indépendant se voit proposer par un client un projet qu’il n’a matériellement pas la possibilité d’accepter, être capable de lui suggérer un collègue en qui il a toute confiance est une valeur ajoutée non négligeable : le client est satisfait malgré votre refus et votre collègue aura à cœur de vous renvoyer l’ascenseur.
Bref, pour revenir au sujet, on a tout à gagner de l’expérience inoubliable que constitue un échange ERASMUS.


Vous travaillez depuis six mois maintenant, quel regard portez-vous sur cette première expérience ? Ce métier correspond-il à vos attentes ?

En réalité, j’ai commencé à travailler sporadiquement avant même d’être diplômé. Je disposais de relations dans le monde de l’art contemporain et j’ai ainsi pu traduire quelques catalogues d’artistes et un certain nombre d’articles consacrés à l’œuvre d’artistes contemporains de toute l’Europe. Ce que j’ai appris s’est confirmé depuis que je travaille à plein temps : le métier de traducteur indépendant permet d’aborder énormément de domaines différents à partir d’un même champ de compétences. Outre l’art contemporain, j’ai traduit des textes consacrés au sport, à l’industrie du pétrole, au luxe, à la banque… C’est une vraie source d’épanouissement associée à la liberté absolue d’organiser mon temps de travail à ma convenance, soit exactement ce que je recherchais lorsque j’ai décidé de me reconvertir.

Vous vous êtes impliqué personnellement dans le fonctionnement de l’ESIT : pourquoi cet investissement ?

L’intérêt de s’investir dans la vie de son université est à peu près le même que celui de partir en échange ERASMUS : c’est une source d’ouverture d’esprit, cela permet de se constituer un solide réseau et de mieux comprendre ce qui se passe autour de soi. Le rôle du Bureau des étudiants est de créer du lien social parmi les étudiants, ce qui est particulièrement crucial dans un milieu où les étudiants ont trop souvent tendance à se renfermer sur leurs études et leur petit groupe d’amis en perdant de vue tout ce qui fait la richesse d’une université, même si on s’en rend compte surtout dans le domaine de la recherche : la possibilité de travailler en synergie grâce à des réseaux actifs où les échanges permettent à tous de progresser. Le Bureau des étudiants, de l’ESIT ou d’ailleurs, offre aux étudiants l’occasion de lier davantage connaissance avec ceux qu’ils côtoient tous les jours. Dans une école comme l’ESIT, dont plus de la moitié des étudiants sont étrangers, c’est une richesse incroyable ! Il faut encourager les étudiants à participer à la vie sociale de leur université.
En ce qui concerne le Conseil de gestion de l’ESIT, il s’agit de l’entité où sont discutées et entérinées les décisions stratégiques concernant l’École et à laquelle participent notamment des représentants des étudiants. Cette expérience m’a permis de comprendre comment fonctionne une école de traduction et quels sont les enjeux auxquels elle est confrontée. Mais j’ai surtout pu constater que l’administration et les étudiants ont exactement les mêmes intérêts à cœur, ce dont les étudiants doutent trop souvent, faute de connaître les mécanismes de fonctionnement de leur université.
La vie associative, qui continue d’ailleurs après les études avec des associations d’anciens étudiants comme l’AAE en ce qui concerne l’ESIT, est un point de passage important dont tous les étudiants devraient être encouragés à profiter.
D’ailleurs, la Sorbonne Nouvelle offre plein d’opportunités très ludiques qu’il ne faut pas hésiter à saisir. J’ai ainsi participé avec beaucoup de bonheur à la première édition des Départementales, le jeu de culture générale dont la deuxième édition a été annoncée récemment, mais aussi au concours de nouvelles organisé chaque année par l’université. Toutes les occasions sont bonnes pour acquérir de nouvelles expériences.

Quel conseil souhaitez-vous prodiguer aux étudiants de la Sorbonne Nouvelle?

On l’aura compris : je leur conseillerais de s’investir pleinement dans leurs études, en se concentrant non pas uniquement sur les notes et l’aspect scolaire mais sur leur épanouissement personnel et professionnel, qui commence dès l’université. Allez vers les autres, saisissez toutes les occasions qui vous sont données de vous ouvrir sur le monde extérieur. Vous n’aurez pas à le regretter !


A lire également le portrait de Laurent Laget, diplômé de l'ESIT 


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Sous-Direction de la Communication
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mise à jour le 23 janvier 2018