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Guillaume Bordier, ancien étudiant de la Sorbonne Nouvelle en Cinéma

le 22 mars 2013
 

Guillaume Bordier est un ancien étudiant du Département : Cinéma et Audiovisuel. Il sera présent à la Cinémathèque Universitaire à l'occasion d'une séance hors-les-murs du Festival du Réel où sera projeté son documentaire "Reflux".

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  • Guillaume, pouvez-vous vous présenter et notamment rappeler votre parcours à la Sorbonne Nouvelle ?

J'ai étudié le cinéma à la Sorbonne Nouvelle puis à l'ESAV (à l'université de Toulouse-Le Mirail) et je réalise des films documentaires de façon indépendante. Mes deux premiers films ont été tournés au cours de longs voyages en Afghanistan. « Le Reflux » est mon troisième film. Même s'ils sont différents sur la forme, ce sont toujours des films tournés en immersion avec les protagonistes que je filme. En ce qui concerne mon parcours à la Sorbonne Nouvelle, j'y ai passé 5 ans. Alors que j'étais passionné de cinéma, j'ai curieusement entamé un cursus de « Communication ». Ma passion du cinéma était une activité solitaire et il ne m'était jamais venu à l'esprit que je pourrais en faire un objet d'étude, encore moins une activité professionnelle. En voyant que plein de critiques et de théoriciens que je lisais (Aumont, Marie, Tesson, Moullet...) enseignaient à Paris 3, il a fini par me paraître évident d'intégrer le cursus « Cinéma ».
J'ai été particulièrement marqué par les cours de Roger Odin sur l'intime et ceux de François Niney sur le documentaire. Même si l'enseignement était purement théorique, c'est pendant ces années que les questionnements liés à ma future pratique du cinéma se sont vraiment construits. Je n'avais encore jamais touché une caméra mais je sentais que la découverte d'un certain cinéma me pousserait à le faire naturellement par la suite.
Les heures passées à la Cinémathèque universitaire ont constitué une bonne part de ma formation pendant ces 5 années. Cela ne m'a pas empêché de passer deux années en maîtrise sans jamais la valider !
 
  • Quel est votre parcours professionnel ?

Je ne sais pas si l'on peut parler d'un « parcours professionnel » alors que mes films sont autoproduits, qu'ils ne me rapportent pas d'argent et que je n'ai jamais eu le statut d'intermittent. Je travaille à droite à gauche pour financer mes projets et me dégager le plus de temps possible. Je suis très lent au travail. J'ai besoin de m'imprégner totalement de mon sujet avant de passer à l'acte. J'ai décidé, pour le moment, de ne plus chercher de financements extérieurs. Cela demande beaucoup de temps et d'énergie. J'ai aussi besoin de me sentir libre lorsque je travaille sur un film et qu'il n'y ait pas d'attente de qui que ce soit. Le fait de ne pas gagner ma vie avec mes films m'offre, paradoxalement, un certain détachement vis-à-vis des problèmes de production. J'essaye d'établir mon propre fonctionnement plutôt que d'essayer de me fondre dans le moule que les institutions nous imposent bien souvent.
 
  • Vous allez présenter votre film "Le reflux" à la Cinémathèque de la Sorbonne Nouvelle dans le cadre d'une projection hors-les-murs du festival Cinéma du réel, quelques mots sur votre film ?
Le point de départ du film était mon envie de redonner la parole à Didier, que j'avais rencontré quelques années auparavant, et qui en avait été privé par ses 10 années passées en prison. Je voulais capter sa difficulté à se saisir de cette parole, à raconter les traces laissées par ces années d'enfermement et sa peur du jugement du spectateur. Ce qui m'intéressait c'était de faire surgir cette parole par un dispositif filmique particulier (de longs plans-séquences, un décor de cinéma, ma présence hors-champ...) et de créer les conditions nécessaires à une parole forte, introspective et souvent paradoxale.
Finalement, le tournage ne s'est pas déroulé exactement comme prévu car la parole de Didier me semblait souvent atténuer les épreuves qu'il avait rencontrées. Le film s'est révélé être une sorte de confrontation bienveillante entre ce que Didier dit et ce que je souhaite l'entendre dire.
 
  • Avez-vous un conseil à donner aux étudiants ?

Il m'est difficile de donner des conseils alors que je me sens moi-même encore dans la peau d'un étudiant à la fac. Sûrement à cause de la dizaine d'années que j'y ai passée et que je n'ai jamais considérées comme des années de formation à une activité mais plutôt comme une ouverture personnelle.


Type :
Portrait
Contact :
La Cinémathèque Universitaire
Lieu(x) :
Projection jeudi 28 mars en salle 49 (rez de chaussée du campus Censier) à 17h

mise à jour le 16 juin 2014