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Giuseppina Sapio, doctorante en Arts & Médias

le 6 septembre 2013
 

Giuseppina Sapio, doctorante en Arts & médias, vient d'obtenir une bourse de l'Observatoire du bonheur, financée par Coca Cola.

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  • Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Giuseppina Sapio, je termine mon doctorat au sein de l’ED 267 (Arts et médias) et je suis chargée de cours dans le département « Cinéma et Audiovisuel » de la Sorbonne Nouvelle.
Mon parcours universitaire débute en Italie avec une licence en  « Sciences de la communication » auprès de l’Université de Salerne, obtenue avec la note « 110/110 et félicitations du jury », avec un mémoire en Histoire du cinéma.
Lors de la troisième année, je réalise un séjour d’études (ERASMUS) de six mois auprès de l’Université Paul Valéry (Montpellier), qui contribue certainement au choix de poursuivre mes études en France, plus en particulier à la Sorbonne Nouvelle. J’obtiens mes diplômes de Master 1 et 2 en études cinématographiques sous la direction d’Alain Bergala avec mention
« Très bien » et je décide ensuite de commencer une thèse de doctorat sous la direction de Guillaume Soulez.  

  • Quel est l’objet de vos recherches et sur quoi porte votre thèse ?

Dans mon travail de recherche, je m’occupe de cinéma d’amateur et, plus précisément, de la pratique des home movies (films de famille). Le choix d’un objet d’étude si « atypique » découle sûrement de raisons personnelles (quoique dans ma famille, nous n’avons pas réalisé beaucoup de films !) et de l’exigence de concilier en quelque sorte les deux parcours universitaires suivis lors des années précédentes. De plus, j’aimais l’idée de pouvoir pénétrer dans un univers audiovisuel éclaté, inédit et, pourtant, si familier et émouvant.

Ma recherche est sans doute redevable des travaux réalisés par Roger Odin sur le sujet auprès de notre université et elle se nourrit de l’apport de différentes disciplines dans le but de montrer comment une pratique apparemment anodine telle que celle des home movies est, en réalité, très dense d’enjeux identitaires pour la famille. Ainsi, la thèse vise à prouver que la pratique contribue à développer une certaine autoréflexivité (que j’ai nommée méta-famille) chez les individus, qui réfléchissent à leur place et leur rôle au sein du groupe, non seulement par le biais des films, mais grâce aussi aux discours, aux interactions et aux gestes se produisant à la fois au moment de la réalisation et lors du visionnage. 

  •  Vous venez d’obtenir une bourse de l'Observatoire du bonheur financé par Coca Cola , en quoi consiste ce prix ?

Quand on nous prend en photo, on nous dit « Souris ! », ce qui est une incitation à figer le bonheur présent pour le futur. Lorsqu’on nous filme, on nous demande de bouger… ce qui est une autre manière d’attester la vie ! Les home movies constituent une matière extrêmement sensible aux changements de la famille et à ses modalités de représentation : à ce propos, la connexion étroite entre la pratique filmique et les images du bonheur ne doit pas être considérée comme un élément d’« opacité » des films, qui ne montrent que ce que l’on veut voir. Or, les home movies peuvent également révéler des « failles » dans la représentation familiale, qui sous-tendent des « failles » familiales : pour évoquer un exemple extrême, ces films sont de plus en plus visionnés par le personnel médical dans les cas de dépistage de l’autisme chez les enfants…

Dans cette perspective, j’ai décidé de répondre à l’appel lancé par l’Observatoire du bonheur (soutenu par Coca-Cola France), dont les travaux sont réalisés par une équipe de chercheurs du CNRS et de doctorant-e-s lauréat-e-s du Prix dans le but d’observer les phénomènes sociaux et agréger les connaissances autour des représentations du bonheur. Le prix me permettra de m’engager dans un projet de recherche collectif avec d’autres chercheurs et me donnera la possibilité de poursuivre mon travail sur les home movies, notamment en ce qui concerne l’ensemble d’entretiens que j’ai menés avec des familles françaises, qui pourra ainsi s’enrichir d’autres témoignages. Un sondage IPSOS a même été réalisé et soutenu par l’Observatoire afin d’approfondir mon travail sur un échantillon de 1000 Français au sujet de leur pratique filmique !    

  • Avez-vous des conseils à donner aux étudiants de la Sorbonne Nouvelle ?

Je n’ai qu’un conseil que j’ai moi-même appris d’un dialogue issu du film Jules et Jim (1962) de François Truffaut, quand j’étais en Italie et je rêvais de vivre à Paris .  

« Oh ! Moi, je suis un raté. Le peu que je sais, je le tiens de mon professeur, Albert Sorrel : “Que voulez-vous devenir ?” me demanda-t-il. “Diplomate.” “Avez-vous une fortune ?”. “Non.” “Pouvez-vous avec quelque apparence de légitimité, ajouter à votre patronyme un nom célèbre ou illustre ?”. “Non.” “Eh bken, sefoncez à la diplomatie !…”. “Mais alors, que dois-je devenir ?”. “Un Curieux.” “Ce n’est pas un métier.” “Ce n’est pas encore un métier. Voyagez, écrivez, traduisez…, apprenez à vivre partout. Commencez tout de suite.

L’avenir est aux curieux de profession ».

Ecouter son interview sur Europe 1

Découvrez la remise du Prix en Image

 

 

 


Type :
Portrait
Contact :
DISC Communication
Lieu(x) :
 

mise à jour le 23 septembre 2013