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Eric Maigret

le 26 juin 2012

A moins d'une semaine de l'ouverture du congrès international Crossroads in Cultural Studies, Eric Maigret, Directeur du département : Institut de la Communication et des Médias, Président du Comité d'organisation fait un point sur l'organisation générale et les retombées attendues de l'événement.

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Qu'est-ce qui  vous a conduit à proposer la Sorbonne Nouvelle comme organisateur du 9ème Congrès Crossroads in Cultural Studies ?

La percée des cultural studies dans l'espace universitaire français n'a vraiment eu lieu que depuis une dizaine d'années, à partir de quelques foyers, dont celui de la Sorbonne Nouvelle. Ayant contribué à l'essor de ce mouvement intellectuel en France, qui prend des formes nécessairement locales, et, par ailleurs, membre élu du comité mondial de l'Association Cultural Studies, j'ai voulu soumettre la candidature de notre université pour deux raisons. Aider à l'implantation de recherches novatrices dans notre pays tout d'abord, dans le domaine des études postcoloniales, de genres, médiaculturelles, en renforçant le pôle Sorbonne Nouvelle... Conduire la communauté internationale à réexaminer son rapport aux traditions françaises de recherche, d'autre part, qui vantent les grandes références (Foucault, Deleuze...) tout en ignorant souvent la réalité des recherches actuelles.

Dans quelle mesure ce champ d'études, en pleine expansion, s'inscrit-il dans la tradition de la Sorbonne Nouvelle ?

Nouvelle, la Sorbonne Paris 3 l'était à ses débuts parce qu'elle embrassait dans le sillage des années 1970 le débat sur les limites des postures humanistes classiques et parce qu'elle s'appropriait des objets et des disciplines qui n'étaient pas encore implantés dans les universités françaises. Nouvelle, elle l'est aujourd'hui lorsqu'elle s'ouvre aux reformulations des sciences humaines, notamment via les cultural studies qui prolongent les « nouvelles humanités » en remettant en cause des frontières supposées naturelles : celles entre formes culturelles supposées « mineures » ou « majeures », entre « masculin » et « féminin », sans oublier la déchirure postcoloniale. Cette démarche herméneutique traverse les disciplines et les terrains : littérature, théâtre, histoire, médias et communication...

Quelle est l'implication de la communauté  universitaire de la Sorbonne Nouvelle  à l'événement ?

 L'organisation de cet événement a reposé sur un collectif d'enseignants-chercheurs issus de tous les départements et UFR, partageant une vraie passion pour les recherches évoquées. Crossroads 2012 est un événement mondial mais c'est bien un événement Sorbonne Nouvelle, longuement élaboré en interne : il ne s'agit pas d'héberger une conférence formatée, parachutée chez nous.

Comment avez-vous préparé l'organisation d'un événement d'une telle ampleur ?

  Un comité scientifique national a permis de réunir la plupart des enseignants-chercheurs directement concernés mais c'est bien sûr le comité local d'organisation d'une cinquantaine de personnes qui a œuvré au bon déroulement de la conférence sur trois sites différents (Unesco, Censier, Sorbonne), à une échelle inédite (1400 participants). C'est l'occasion pour moi de signaler l'implication exceptionnelle des personnels de la Sorbonne Nouvelle et le soutien précieux de la Présidence, du Conseil Scientifique, des services financiers, de la DPIL, du service du planning, de la DSIC, de la Sous-direction Communication...

Quelles sont les retombées attendues en interne et en externe ?

J'espère et je crois que cette conférence aidera à l'institutionnalisation de recherches et d'enseignements en cultural studies, en sortant enfin ces dernières du double discours stigmatisation / apologie qu'elles ont pu susciter.


Type :
Portrait
Contact :
Sous-Direction de la Communication : Brigitte Chotel / Marcelline Guiffan

mise à jour le 20 septembre 2019