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Enora Lessinger nous parle de ses missions à Lille et aux Etats-Unis (2016)

le 8 mars 2017

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Pouvez-vous résumer votre parcours universitaire depuis le bac ?

Après un bac L obtenu en 2007, J’ai fait deux ans de CPGE à Paris (lycée Jules Ferry) avant d’intégrer l’ENS de Lyon en anglais. J’y suis restée six ans, dont deux ans à l’étranger (je donnais des cours de français à Cambridge), et j’y ai obtenu un master recherche et l’agrégation d’anglais. J’étais déjà suivie en master par ma directrice actuelle, Claire Davison. J’ai commencé mon doctorat sous sa direction en 2015, à Paris 3. Je suis actuellement en deuxième année. Je travaille sur la traduction du silence (en particulier l’implicite et le non-dit) chez Kazuo Ishiguro. Je travaille sur les traductions de ses romans en français, turc et hébreu. Dans le cadre de ma thèse, je continue donc de prendre des cours d’hébreu et de turc, notamment à l’INALCO grâce au partenariat USPC.

 

Où est-ce que vous êtes partie et pendant combien de temps ?

Je suis partie une première fois à Lille, quatre jours en avril 2016. La bibliothèque de Lille 3 possède de nombreux ouvrages et articles sur Ishiguro auxquels je n’avais pas accès. J’ai pu repérer sur place quels ouvrages étaient les plus pertinents pour ma thèse pour me les procurer, et j’ai aussi effectué un travail de lecture sur place.

Ma deuxième mission a eu lieu pendant l’été 2016. Elle a duré sept semaines. Je suis partie faire un stage d’hébreu dans le Vermont. Ça peut paraître contradictoire d’aller étudier l’hébreu aux Etats-Unis, mais c’était en fait plus abordable financièrement qu’un Ulpan (stage d’hébreu) en Israël, car l’université de Middlebury m’a donné une bourse sur critères sociaux qui finançait une grande partie des frais. Et le système d’immersion totale est répup&eacwtu; extrêmement efficace (ce que je peux confirmer), parce qu’on n’a pas la tentation de parler anglais en-dehors des heures de cours.

 

Quelle place a pris cette mission dans votre doctorat ?

La mission à Lille a constitué un tournant pour moi. J’y ai découvert un ouvrage en particulier, de Zuzana Fonioková, qui m’a été extrêmement utile dans mon travail et à côté duquel j’aurais pu passer sans ce déplacement. A l’inverse, je me suis aperçue que certains titres que j’avais repérés n’étaient pas vraiment pertinents. Ça m’a permis de voir plus clairement où j’allais.

Mon déplacement à Middlebury m’a permis de faire des progrès énormes en hébreu, ce qui est d’autant plus important que je serai à Tel Aviv pendant l’année universitaire 2017-18, dans le cadre de ma thèse. Il me reste encore du travail, mais je me sens beaucoup plus armée pour percevoir les subtilités de la langue dans la littérature. D’ailleurs, il y avait des cours de littérature, ce qui me permettait d’être vraiment dans le vif du sujet.

 

Quel a été votre rôle sur place ?

J’ai travaillé exclusivement à la bibliothèque à Lille. Les bibliothécaires m’ont bien aidée, en me donnant une carte de lecteur et même parfois en allant spontanément me chercher des ouvrages ou articles qui pourraient m’intéresser. Comme je suis partie en période de vacances scolaires, il y avait moins d’affluence et le cadre de travail était plus agréable.

A Middlebury College, j’avais un statut d’étudiante, comme les autres élèves. Le programme est très prenant, et il était difficile de ménager du temps pour avancer sur d’autres aspects de ma thèse hors du weekend. Mais je n’ai pas regretté cet investissement de temps, car je vois que désormais je travaille beaucoup plus vite, notamment pour la lecture d’articles en hébreu (beaucoup d’articles portant sur la question de l’explicitation en traduction ne sont publiés qu’en hébreu).

 

Qu’est-ce que ce séjour vous a apporté, en termes professionnelles et personnelles ?

En-dehors des progrès que ces séjours m’ont permis d’effectuer dans mon travail de thèse, j’ai trouvé qu’il était très enrichissant de changer de cadre. A Lille, mon quotidien ne changeait pas radicalement, puisque j’étais en bibliothèque, mais le fait de savoir que mon temps était très limité m’a poussée à être plus efficace. Et je n’avais jamais été à Lille, j’ai pu découvrir la ville le soir !

Le campus de Middlebury était vraiment un cadre très agréable, avec beaucoup de nature, ce qui m’a donné vraiment l’impression d’un break, même s’il y avait beaucoup de travail. Je n’ai pas eu de problème pour me remettre au travail en rentrant, même si je n’ai finalement pas vraiment eu de vacances, parce que le fait d’être partie presque deux mois aux Etats-Unis m’a permis de marquer clairement, de manière psychologique, la fin de l’année académique.

Autres remarques :

Lors de mon premier séjour, j’ai été un peu limitée par les heures d’ouverture. La bibliothèque fermait un peu plus tôt que d’habitude, c’était le point négatif du choix de la période de vacances. J’ai regretté de ne pas être restée un jour ou deux de plus. Mais j’ai pu acheter une carte de photocopie peu chère qui m’a permis de continuer à travailler sur certains chapitres et articles après mon retour.


Type :
Portrait

mise à jour le 29 mars 2017